À l’approche du passage à l’heure d’hiver, programmé dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2026, il convient d’examiner en détail les effets de ce changement d’heure sur l’organisme, la raison de son maintien, ainsi que ses conséquences économiques.
Le passage à l’heure d’hiver dans la nuit du 25 au 26 octobre 2026 : quels effets sur l’organisme et l’économie ?

Le changement d’heure, et en particulier le passage à l’heure d’hiver, intervient notamment pour garantir que l’horaire légal corresponde mieux à l’heure solaire pendant la période hivernale. Sur le plan physiologique, ce changement ne reste pas sans impact.
Le passage à l’heure d’hiver : quels effets sur l’organisme ?
D’abord, l’organisme doit s’ajuster à une nouvelle heure de lever et de coucher relativement à la lumière. Comme l’explique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) : « l’adaptation de l’organisme à ce décalage horaire que nous lui imposons varie d’un individu à l’autre et peut durer de quelques jours à plusieurs mois ». Selon cette même source, « en moyenne, nos organismes ont tendance à accumuler un retard de 10 minutes sur leur cycle de 24 heures. Avec le changement d’heure, on leur demanderait d’avancer leur rythme d’une heure ». Cela indique que même si l’heure d’hiver implique de « gagner » une heure de sommeil (car à 3 h il sera 2 h), l’impact sur l’horloge biologique reste réel.
La perturbation de l’horloge biologique se traduit notamment par des troubles du sommeil, une diminution de vigilance ou encore un risque accru d’accidents. L’Inserm rappelle que le changement d’heure peut induire « troubles du sommeil, de la vigilance, accidents du travail et de la route, des dépressions, des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux ». Certains groupes sont plus vulnérables : « les petits enfants et les personnes âgées ont plus de risques de ressentir des effets négatifs ». Les adolescents, les travailleurs de nuit et les personnes souffrant de troubles du sommeil sont également concernés.
Une étude américaine publiée le 15 septembre 2025 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences propose qu’un système fixe (sans changement) permettrait de réduire des centaines de milliers de cas d’AVC ou d’obésité, ce qui implique, en filigrane, une diminution de coûts de santé et une hausse potentielle de productivité. L’Inserm note en effet que la grande majorité de la communauté scientifique « recommande que le choix se porte sur le maintien de l’heure d’hiver ».
Les enjeux économiques
La mesure du changement d’heure remonte à des logiques énergétiques. Suite au choc pétrolier de 1973‑1974, la France a réintroduit le changement d’heure afin de « profiter d’une heure de clarté supplémentaire le soir ». Cependant, l’efficacité réelle de cette mesure est aujourd’hui remise en question. Une analyse publiée en mars 2024 souligne que « plusieurs études menées en Europe et aux États‑Unis montrent que l’heure d’été n’a que très peu d’effet sur les économies d’énergie ». En France, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), le gain associé au changement d’heure serait de l’ordre de 400 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation d’éclairage d’environ 800 000 ménages, mais ce chiffre représente moins de 1 % de la consommation électrique nationale. Si l’on valorise cette économie, elle reste modeste comparée aux dépenses globales de l’énergie et aux coûts indirects de la santé ou de la productivité. Ainsi, l’équilibre bénéfices/coûts du changement d’heure est de plus en plus débattu.
Sur le plan macro‑économique, le passage à l’heure d’hiver comporte plusieurs effets, directs et indirects. D’un côté, il y a les économies d’énergie évoquées ci‑dessus, mais celles‑ci sont désormais marginales. Une analyse note que « ces économies deviennent de plus en plus minimes, notamment avec l’essor du télétravail ». D’un autre côté, les conséquences sur la productivité et la santé peuvent impacter l’économie de façon plus large.