À partir du 1er septembre 2026, un T-shirt Shein coûtera 2 euros de plus, une veste 12 euros supplémentaires. Le gouvernement vient de publier le barème complet des pénalités imposées aux plateformes d’ultra fast-fashion, avec une progression jusqu’à 19,50 euros par veste en 2030. Shein, Temu et AliExpress sont ciblées, les enseignes françaises épargnées.
Fast-fashion : voici combien vous allez payer de plus pour vos achats

À partir du 1er septembre 2026, les prix des vêtements achetés sur des plateformes comme Shein augmenteront. Un T-shirt coûtera 2 euros de plus, tandis qu'une veste verra son prix augmenter de 12 euros cette année et de 19,50 euros en 2030. Le gouvernement français a rendu public le barème des pénalités pour les plateformes d'ultra fast-fashion, ce qui augmentera les coûts pour les consommateurs habitués aux prix réduits.
L'arrêté du 28 août 2026 précise les surcoûts pour 15 catégories de vêtements. Ce barème indique les hausses pour chaque type de vêtement, du boxer au manteau, avec une augmentation progressive jusqu'en 2030. Les enseignes comme Shein, Temu et AliExpress sont concernées, tandis que les marques françaises et européennes sont exemptées.
Les détails des surcoûts par type de vêtement
Le ministère de la Transition écologique a établi une grille tarifaire variant selon le produit. Les pénalités dépendent du score environnemental de chaque article et sont plafonnées à 50 % du prix hors taxe. Ainsi, un T-shirt vendu 4 euros ne pourra pas avoir plus de 2 euros de pénalité.
Vêtements d'entrée de gamme : jusqu'à 2 € supplémentaires
Les sous-vêtements et accessoires sont les moins pénalisés. En 2026, un boxer ou une paire de chaussettes aura un surcoût de 0,50 euro, atteignant 2 euros en 2030. Les T-shirts et polos débutent à 2 euros de pénalité. Pour ceux qui achètent fréquemment ces articles, l'impact financier est notable, avec un panier de cinq T-shirts augmentant de 10 euros.
Articles intermédiaires : entre 5 € et 9 € de surcoût
Les jeans et chemises subissent des pénalités plus importantes. Un jean aura un surcoût de 9 euros dès 2026, et les chemises, robes et jupes entre 5 et 7 euros. Les pantalons classiques ont également une pénalité de 9 euros. Ces montants augmenteront jusqu'en 2030, atteignant 50 % à 60 % selon les catégories.
Manteaux et vestes : jusqu'à 19,50 € de surcoût en 2030
Les manteaux et vestes sont les plus touchés. Une veste coûtera 12 euros de plus en 2026 et 19,50 euros en 2030, toujours dans la limite de 50 % du prix hors taxe. Les manteaux sont soumis au même barème, tout comme les maillots de bain, considérés comme des articles techniques. Pour ceux qui renouvellent fréquemment leur garde-robe à bas prix, le coût devient moins avantageux.
L'évolution des prix année après année
Le dispositif prévoit une augmentation progressive pour permettre aux plateformes et consommateurs de s'adapter. Le gouvernement espère un effet dissuasif croissant avec la hausse des montants.
2026-2027 : première augmentation
Les nouveaux montants seront appliqués dès le 1er septembre 2026. En 2027, une première révision augmentera les prix de 15 % à 25 % selon les catégories. Par exemple, les sous-vêtements passeront de 0,50 euro à 0,75 euro, et les vestes à environ 15 euros. Le ministre Mathieu Lefèvre a testé le dispositif sur Kiabi, Decathlon, Jules, Petit Bateau, E.Leclerc et Carrefour, qui ne seront pas concernés, confirmant que seules les plateformes asiatiques sont visées.
2028-2030 : plafonnement des tarifs
Entre 2028 et 2030, les pénalités atteindront leur maximum. Les T-shirts resteront à 2 euros, tandis que les vestes atteindront 19,50 euros. Le système repose sur deux critères cumulatifs : les volumes de vêtements sur le marché et l'absence d'incitation à la réparation, mesurée par le rapport entre le prix de vente et le coût de réparation. Plus un vêtement est considéré comme jetable, plus il est pénalisé.
Les marques principalement touchées
Le dispositif cible les acteurs de l'ultra fast-fashion, bien que les entreprises ne soient pas nommées directement. Les critères définissent clairement les cibles.
Shein, Temu et AliExpress ciblées
Ces plateformes chinoises représentent le modèle économique que le gouvernement souhaite réguler. Shein propose des milliers de nouveaux articles quotidiennement à des prix très bas. Temu et AliExpress suivent un modèle similaire. Selon le ministre, "les entreprises responsables des difficultés de la filière textile en France sont principalement Shein et Temu". Le dispositif génère des fonds pour les sociétés plus vertueuses.
Les marques françaises et européennes exemptées
Primark, Zara, Uniqlo et H&M ne sont pas concernées. Le gouvernement considère que ces enseignes, bien qu'importantes, ne relèvent pas de l'ultra fast-fashion. Elles emploient en France, ont des circuits de distribution physiques et proposent des garanties de réparation. Les tests sur Kiabi, Decathlon et autres enseignes françaises montrent qu'elles ne franchissent pas les seuils de pénalité. La loi, réécrite pour cibler les plateformes asiatiques, protège les entreprises locales.
Comprendre le plafonnement à 50 %
Le plafonnement à 50 % du prix hors taxe empêche les abus. Un T-shirt vendu 3 euros HT ne supportera pas plus de 1,50 euro de pénalité, même si le barème prévoit 2 euros. Pour les vêtements dont le prix dépasse largement le double de la pénalité, le surcoût s'applique entièrement. Une veste à 40 euros HT aura bien 12 euros de pénalité en 2026, car cela représente moins de 50 % de 40 euros. En revanche, une veste à 20 euros HT n'aura qu'une pénalité maximale de 10 euros. Mathieu Lefèvre, ministre délégué, explique que ce malus est un outil puissant pour lutter contre le modèle ultra fast-fashion, où un vêtement passe rapidement de la vente à la poubelle.