Pourquoi la location séduit de plus en plus de Français en 2025

Face au coût croissant de l’automobile et aux changements d’usage qui bouleversent la mobilité, la location s’impose pour de nombreux Français comme une solution souple et économique. Un sondage récent mené pour ADA éclaire les raisons qui poussent les conducteurs à franchir le pas, entre recherche de praticité, contraintes budgétaires et curiosité technologique envers l’électrique.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 27 novembre 2025 14h33
Pourquoi Location Seduit Plus En Plus Francais 2025
Pourquoi la location séduit de plus en plus de Français en 2025 - © Economie Matin

En novembre 2025, une vaste enquête menée par ADA et l’institut Toluna auprès de 2 000 Français met en lumière la place désormais centrale de la location dans la mobilité quotidienne. Dans un marché de la location courte durée en pleine expansion, les conducteurs recherchent avant tout de la souplesse et la maîtrise de leur budget. Les données recueillies montrent un phénomène en progression, dans un contexte où la possession d’un véhicule devient moins attractive face à la hausse des dépenses fixes et aux nouvelles pratiques de déplacement.

Pourquoi la location répond aux arbitrages pratiques et économiques

Le premier enseignement du sondage est clair : pour une location, les Français privilégient le prix. Près de 49 % des répondants placent le coût comme critère numéro un selon les résultats publiés par ADA. Pour une majorité d’utilisateurs, la location est d’abord un choix pragmatique destiné à éviter les dépenses imprévues qui accompagnent la possession d’une voiture, qu’il s’agisse de réparations, d’entretien ou de perte de valeur. La recherche de simplicité joue également un rôle important : louer un véhicule uniquement quand on en a besoin, plutôt que d’en assumer la charge en permanence, répond aux aspirations d’un public de plus en plus attentif à ses dépenses.

Cette approche économique se traduit aussi par une demande forte de tarification lisible et d’offres structurées. Selon ADA, 32 % des sondés considèrent que l’amélioration de l’expérience de location passe avant tout par des tarifs plus attractifs ou par des offres personnalisées. Cette attente s’inscrit dans un contexte où les prix de la location ont parfois augmenté, notamment lors des périodes de forte demande. Pourtant, l’existence de promotions ciblées, de forfaits week-end ou de formules kilométrées offre aux conducteurs un moyen de mieux maîtriser leur budget. Pour ceux qui n’ont besoin d’un véhicule qu’occasionnellement, la location apparaît ainsi comme un compromis efficace entre autonomie et maîtrise des coûts, évitant les frais associés à une voiture dormante la majorité du temps.

La location : un usage fonctionnel avant d’être écologique

La montée en puissance du véhicule électrique dans le marché de la location tranche avec les motivations qui guident réellement les conducteurs. Contrairement aux idées reçues, le choix d’un véhicule électrique n’est pas principalement dicté par l’écologie. L’étude d’ADA montre que 35 % des sondés louent un modèle électrique avant tout par curiosité ou par envie d’essayer, tandis que 31 % le font pour réduire leur empreinte carbone. Cette volonté de tester un nouveau mode de motorisation avant d’éventuellement franchir le cap de l’achat est confirmée par Edwin Prache, directeur général d’ADA, qui rappelle que « ce type de motorisation plaît » et que sa diffusion repose sur un « travail de pédagogie ». La location devient alors une porte d’entrée, un geste d’exploration sans engagement, qui permet aux utilisateurs de juger par eux-mêmes des avantages et des limites de l’électrique.

La fidélisation qui en découle est frappante. D’après les chiffres communiqués, 41 % des Français ont déjà loué un véhicule électrique, et parmi eux, 68 % se déclarent prêts à renouveler l’expérience. À l’inverse, 32 % n’envisagent pas de recommencer. Ces proportions témoignent d’un intérêt croissant pour l’électrique en location, rendu possible par l’amélioration du réseau de recharge, qui comptait près de 180 000 points accessibles fin 2025. Le confort acoustique, la conduite silencieuse ou encore la simplicité d’usage contribuent aussi à cette satisfaction. Cependant, des freins demeurent : parmi les personnes réticentes, 52 % évoquent l’autonomie jugée insuffisante, et 50 % mentionnent le temps de recharge. Viennent ensuite le manque de bornes (37 %) et la complexité d’utilisation (33 %). Malgré ces barrières, la location courte durée continue d’offrir un terrain d’essai privilégié pour les motorisations électriques, permettant de lever les appréhensions à un rythme que ne permet pas l’achat.

Un recours différent selon l’âge, le territoire et les usages

Le profil des usagers de la location révèle d’importants écarts générationnels et géographiques. Les 22-40 ans, qui représentent 37 % de l’ensemble des locataires automobiles, constituent pourtant 51 % des locataires de véhicules électriques. Ce sur-engagement s’explique par des habitudes de mobilité plus variées, mais aussi par une exposition accrue à la communication autour de l’électrique. Cette tranche d’âge vit également majoritairement dans des zones où posséder une voiture devient coûteux ou contraignant. L’Île-de-France illustre pleinement ce basculement : alors que la région concentre 22 % des locataires, elle représente 26 % des utilisateurs de véhicules électriques en location. Restrictions de circulation, prix du stationnement, multiplication des transports alternatifs : tout concourt à faire de la location courte durée une solution flexible, compatible avec le mode de vie urbain.

À l’autre extrémité du spectre, les conducteurs plus âgés restent plus prudents. Les personnes de 51 ans et plus ne représentent que 19 % des locataires de véhicules électriques, alors qu’elles pèsent 37 % de l’ensemble des clients de location. Cette réticence traduit un rapport différent à l’automobile : un attachement au moteur thermique, une familiarité avec la conduite traditionnelle, mais aussi une moindre exposition aux nouveaux usages. Les données du marché confirment toutefois que ces tendances s’inscrivent dans un contexte global de croissance. Selon les estimations sectorielles, la valeur du marché de la location courte durée en France atteint plusieurs milliards d’euros en 2025, soutenue par une demande croissante de flexibilité. Pour les conducteurs plus âgés, la location reste avant tout utilitaire : répondre à un besoin ponctuel, partir en voyage, remplacer un véhicule immobilisé. Pour les plus jeunes, elle devient un choix assumé de mobilité, détaché de l’idée de possession.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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