À l’heure des élections municipales de 2026 et à huit mois de la présidentielle de 2027, les préoccupations des Français restent solidement ancrées dans l’économie, le social et la sécurité, selon l’ultime baromètre politique réalisé par Ipsos bva‑CESI pour La Tribune Dimanche en décembre 2025. L’enjeu est double : il s’agit de comprendre ce qui mobilise l’opinion en période électorale et d’anticiper les dynamiques politiques à venir.
Préoccupations des Français : le pouvoir d’achat au cœur des tensions électorales

Le 3 janvier 2026, à quelques semaines des scrutins locaux puis nationaux, les sondages dessinent un paysage d’inquiétudes profondément marqué par les réalités économiques et sociales. Les chiffres publiés par Ipsos bva‑CESI pour La Tribune Dimanche confirment que les préoccupations principales des Français demeurent le pouvoir d’achat, la sécurité et l’avenir du système social, avec des répercussions sur la politique interne et la confiance dans les institutions.
Économie et pouvoir d’achat : une préoccupation dominante
Le pouvoir d’achat arrive nettement en tête des préoccupations des Français, dans le baromètre politique de décembre 2025, avec 49 % des sondés le plaçant comme leur sujet d’inquiétude majeur. Cette inquiétude conforte une dynamique déjà observée tout au long de l’année : la question économique et le quotidien des foyers restent au centre des débats, particulièrement dans un contexte d’inflation et de pressions sur les dépenses courantes.
En parallèle, une autre étude Ipsos publiée récemment montre que 85 % des Français estiment que l’année 2025 a été mauvaise pour leur pays, illustrant un pessimisme économique et sociétal très élevé à l’échelle nationale. Cette perception négative de l’année écoulée alimente directement les préoccupations sur le pouvoir d’achat, mais aussi sur la capacité des dirigeants à inverser la tendance avant les échéances électorales.
Ce constat économique, profondément ancré dans l’opinion, explique en partie la volatilité observée dans les sondages politiques : quand les Français jugent leur situation matérielle dégradée, ils deviennent plus sensibles aux promesses et aux critiques des différents partis, ce qui transforme durablement le débat public et les stratégies électorales.
Sécurité, social et enjeux sociétaux
Au‑delà de l’économie, le baromètre politique met en lumière d’autres sources d’inquiétude parmi la population française. L’avenir du système social, comprenant la santé, les retraites et la protection sociale, arrive en deuxième position avec 41 % d’inquiétude déclarée, juste devant le niveau de la délinquance (34 %), qui reste un sujet de préoccupation récurrent.
L’attention des Français ne se limite toutefois pas aux questions internes : des préoccupations comme la protection de l’environnement, les crises internationales, ou encore la montée des inégalités sociales figurent aussi dans les réponses, même si elles sont moins prioritaires que les sujets économiques. Le changement climatique, en particulier, gagne du terrain à l’approche des municipales, notamment dans les zones urbaines où les impacts locaux (inondations, canicules) sont ressentis de manière plus tangible. Un article récent du Monde souligne que, dans la perspective des élections municipales, les enjeux environnementaux deviennent centraux dans la vie quotidienne des électeurs, alors même que les collectivités locales se retrouvent en première ligne pour y répondre.
Cette montée en puissance des préoccupations environnementales s’articule avec une demande croissante pour des politiques locales plus ambitieuses en matière de développement durable et d’adaptation au changement climatique. Dans ce contexte, de nombreux maires et candidats aux municipales se positionnent sur des thèmes comme la rénovation énergétique des bâtiments publics, la modernisation des transports ou la création d’espaces verts, répondant ainsi à une attente citoyenne qui dépasse le seul cadre économique.
Politique et défiance institutionnelle
La politique nationale est elle aussi affectée par ces préoccupations sociétales et économiques. Malgré un climat tendu, les intentions d’approbation pour les dirigeants politiques traditionnels restent basses, ce qui reflète une défiance plus large envers les institutions et les élites politiques. Ces perceptions influencent directement les débats à l’approche des élections municipales, où les électeurs cherchent des solutions tangibles à leurs préoccupations locales.
Le baromètre révèle en outre que les Français sont partagés sur les priorités à accorder aux différents domaines : certains jugent urgent d’agir sur la sécurité et la justice sociale, d’autres privilégient l’action pour l’environnement ou le renforcement des services publics. Cette diversité d’attentes complique la tâche des partis politiques qui doivent, à la fois, répondre aux besoins immédiats des citoyens et proposer des visions à long terme convaincantes pour la présidentielle de 2027.
Dans ce contexte, la densité des préoccupations rapportées par les Français — économique, sociale et environnementale — illustre une opinion publique mobile, sensible aux transformations rapides de la société française et aux défis concrets du pouvoir d’achat, de la sécurité et de la solidarité.