Dans un contexte économique européen encore marqué par la reprise du trafic aérien post-pandémie et les tensions sur les capacités disponibles, Ryanair, la principale compagnie aérienne à bas coût en Europe, a confirmé que les consommateurs ont bel et bien payé des tarifs moyens nettement plus élevés ces derniers mois.
Ryanair confirme : le prix des billets d’avion s’envole

Les récentes révisions à la hausse des prévisions tarifaires du groupe pour son exercice fiscal en cours, ainsi que sur les fortes réservations enregistrées pour 2026, laissent peu de doute sur une pression haussière persistante sur les prix des billets d’avion en Europe.
Ryanair annonce des tarifs plus élevés que prévu
Ryanair a relevé sa prévision de croissance des tarifs moyens pour l’année fiscale se terminant le 31 mars 2026, désormais estimée à 8 % à 9 %, contre une estimation antérieure de 7 %. Cette révision provient directement de l’analyse des premières semaines de réservations pour 2026, que le directeur financier Neil Sorahan a qualifiées de plus fortes jamais enregistrées par la compagnie.
Selon cette même source relayée par Reuters, cette hausse des tarifs moyens intervient dans un contexte où les compagnies européennes, et particulièrement celles offrant des vols courts et moyens courriers, voient la demande dépasser l’offre disponible. Cette dynamique se traduit par une capacité limitée, notamment du fait des retards de livraison d’appareils, qui restreint l’expansion des vols et crée une compétition accrue pour les sièges restants. Et comme toujours, lorsque la demande dépasse l’offre, les prix s’envolent, au grand dam des voyageurs.
Ainsi, les passagers qui ont réservé récemment chez Ryanair ont dû accepter des prix plus élevés, par rapport aux périodes précédentes où les tarifs avaient stagné ou même baissé du fait de promotions massives. Malgré une campagne promotionnelle importante l’hiver dernier avec la mise en vente de plus de 10 millions de sièges à prix réduit pour l’été 2026, ce qui aurait dû atténuer la hausse tarifaire, les nouveaux niveaux tarifaires moyens montrent que la tendance générale reste à la hausse.
La baisse des prix complètement effacée
Le directeur financier de Ryanair a souligné que la compagnie s’attend à récupérer non seulement la baisse de 7 % des tarifs observée l’an dernier, mais aussi à ajouter 1 à 2 points de croissance supplémentaires grâce à la forte demande.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs convergents :
- une forte demande des consommateurs pour voyager, stimulée par la fin progressive des restrictions sanitaires et une appétence accrue pour les loisirs et le tourisme ;
- un réseau de destinations toujours plus vaste, avec plus de 235 lignes desservies en Europe et au-delà ;
- des contraintes sur la flotte disponibles, liées aux retards de livraison de nouveaux appareils Boeing qui limitent l’augmentation de la capacité globale.
Même si Ryanair a tenté d’atténuer l’impact sur les consommateurs en proposant des promotions massives l’hiver dernier, ces promotions ont été souvent limitées dans le temps et rapidement épuisées, laissant place à des billets à tarif plus élevé sur les périodes de pointe à mesure que les sièges s’écoulaient. Pour les voyageurs européens, ces évolutions se traduisent par des prix plus élevés à la réservation, souvent constatés même lorsque la demande est forte pour des destinations traditionnelles telles que les villes touristiques espagnoles, italiennes ou grecques.
Les compagnies aériennes redeviennent maîtresses du jeu
Plusieurs analystes du secteur soulignent que malgré les campagnes de promotion et la politique tarifaire agressive de Ryanair, l’équilibre du marché est désormais en faveur des compagnies aériennes qui peuvent imposer des hausses modérées de tarifs sans craindre une chute brutale de la demande. Dans le cas de Ryanair, cette stratégie se reflète dans l’anticipation d’un bénéfice après impôts compris entre 2,13 milliards et 2,23 milliards d’euros pour l’exercice en cours.
