Sécurité sociale : moins de déficit en 2025 mais…

La Sécurité sociale limite la casse en 2025. Si le déficit reste élevé, il s’avère finalement moins important que redouté. Derrière cette amélioration relative, les déséquilibres structurels persistent, alimentés par la dynamique des dépenses et les fragilités du financement.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 20 mars 2026 6h15
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Sécurité sociale : moins de déficit en 2025 mais… - © Economie Matin
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Le verdict est tombé mi-mars 2026 : le déficit de la Sécurité sociale pour l’année 2025 s’établit à 21,6 milliards d’euros. Un niveau élevé, mais inférieur aux anticipations formulées quelques mois plus tôt.

Sécurité sociale : un déficit inférieur aux prévisions mais en forte hausse

À première vue, le chiffre peut sembler rassurant. Le déficit de 21,6 milliards d’euros en 2025 est en effet inférieur aux 22,1 milliards d’euros inscrits dans la loi de financement initiale, et surtout aux 23 milliards d’euros anticipés dans les dernières évaluations parlementaires, selon La Tribune.

Cet écart, estimé à 1,4 milliard d’euros, traduit un ajustement en cours d’exercice. La Direction de la Sécurité sociale explique ainsi que cet écart « s’explique principalement par des dépenses inférieures à celles prévues ».

Cependant, cette amélioration relative ne doit pas masquer la tendance de fond. Le déficit s’est nettement aggravé par rapport à 2024, où il atteignait 15,3 milliards d’euros, d’après la Cour des comptes. En un an, la dégradation dépasse donc 6 milliards d’euros, confirmant une trajectoire préoccupante. Autrement dit, la Sécurité sociale continue de s’enfoncer dans le rouge, même si le rythme de dégradation est légèrement moins rapide qu’anticipé.

Le budget de la Sécu reste tendu

Le principal facteur explicatif tient à la dynamique des dépenses. Celles-ci continuent de progresser plus rapidement que les recettes. Selon Vie-publique.fr, les dépenses ont augmenté de 5,3 % en 2024 puis encore de 3,6 % en 2025, tandis que les recettes n’ont progressé que de 2,4 %.

Cette divergence structurelle alimente mécaniquement le déficit. En particulier, la branche maladie reste sous forte pression. Son déficit atteint 15,9 milliards d’euros en 2025, contre une prévision initiale de 17,2 milliards d’euros.

Dans le même temps, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) s’établit à 265,4 milliards d’euros, soit environ 500 millions d’euros de moins que le montant voté, selon Parlons Politique. Cette sous-exécution explique en partie la meilleure performance globale.

Néanmoins, cet ajustement ponctuel ne change pas la nature du problème. La croissance des dépenses de santé, liée notamment au vieillissement de la population et à l’innovation médicale, continue d’exercer une pression durable sur les comptes.

Sécurité sociale et branches déficitaires : maladie et vieillesse en première ligne

L’analyse par branche met en lumière des déséquilibres persistants. La branche maladie concentre l’essentiel du déficit, mais elle n’est pas la seule en difficulté.

La branche vieillesse voit sa situation se détériorer sensiblement. Son déficit atteint 7,2 milliards d’euros en 2025, contre 6,3 milliards d’euros attendus quelques mois plus tôt. Cette dérive reflète l’impact du vieillissement démographique et la montée en charge des pensions.

À l’inverse, certaines branches restent plus proches de l’équilibre. Selon Hospimedia, la branche autonomie demeure globalement stable, ce qui limite marginalement la dégradation d’ensemble.

Malgré ces contrastes, la tendance globale reste défavorable. Les déficits des principales branches continuent de se creuser, confirmant l’absence de redressement durable.

Dette et perspectives : une trajectoire toujours fragile

Au-delà du seul exercice 2025, les perspectives restent incertaines. Le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale souligne que le déficit voté pour 2026 s’élève à 19,4 milliards d’euros, soit une amélioration apparente, mais sans retour à l’équilibre en vue.

Plus inquiétant encore, le déficit tendanciel pourrait atteindre 28,7 milliards d’euros en l’absence de mesures correctrices, selon la même source. Ce scénario met en lumière la fragilité structurelle du modèle.

La Cour des comptes, dès 2025, alertait déjà sur le caractère optimiste des hypothèses retenues, évoquant notamment 5,2 milliards d’euros d’économies jugées nécessaires pour contenir les dépenses d’assurance maladie.

Dans ce contexte, les signaux restent ambivalents. Certes, le déficit 2025 est moins élevé que prévu. Mais, comme le souligne Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA, la situation demeure « très préoccupante ».

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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