Nouveaux seuils pour les auto-entrepreneurs : les montants 2026-2028

À compter du 1er janvier 2026, les seuils du régime de l’auto-entrepreneur évoluent sensiblement. Plafond de chiffre d’affaires relevé, règles de dépassement précisées, articulation avec la TVA clarifiée : cette revalorisation triennale modifie l’équilibre économique de milliers d’auto-entrepreneurs et redessine les frontières du régime micro.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 2 mars 2026 6h32
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15 MILLIARDS €La fraude à la TVA détectée en 2024 dépasse les 15 milliards d'euros.

Le 26 février 2026, le portail officiel Entreprendre.Service-Public a confirmé la revalorisation des plafonds applicables au régime micro pour la période 2026-2028. « Dans le cadre de leur revalorisation triennale, les seuils de la micro-entreprise ont été révisés ».

Auto-entrepreneur : des seuils de chiffre d’affaires revalorisés

Concrètement, à partir du 1er janvier 2026, le plafond annuel de chiffre d’affaires hors taxes est fixé à 203 100 euros pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement, et à 83 600 euros pour les prestations de services et professions libérales, selon Ministère de l'Économie.

Ces montants remplacent les anciens plafonds fixés à 188 700 euros pour le commerce et 77 700 euros pour les services, applicables sur la période précédente, comme le rappelle Entreprendre.Service-Public. L’augmentation est donc de 14 400 € pour les activités de vente et de 5 900 € pour les prestations de services. Une progression non négligeable, qui élargit mécaniquement le champ d’application du régime micro.

Auto-entrepreneur et plafond en cas d’activité mixte

Le régime de l’auto-entrepreneur prévoit des règles spécifiques pour les activités mixtes, c’est-à-dire combinant vente de marchandises et prestations de services. Dans ce cas, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, avec un plafond interne de 83 600 € pour la part correspondant aux prestations de services, précise Economie.gouv.fr. Autrement dit, un auto-entrepreneur exerçant une double activité ne peut pas additionner deux plafonds distincts. Le seuil principal demeure celui applicable à la vente, mais la fraction issue des services reste strictement encadrée. Cette règle vise à éviter les effets d’aubaine tout en maintenant la cohérence du régime.

En cas de création en cours d’année, les seuils sont proratisés. Le ministère de l’Économie illustre ce mécanisme : pour une activité de vente débutant le 1er avril, le nombre de jours d’activité jusqu’au 31 décembre est de 275 jours ; le plafond applicable devient alors 203 100 € multiplié par 275 puis divisé par 365, soit 153 020 €. Pour les prestations de services dans la même configuration, le seuil proratisé ressort à 62 986 €.

Régime, dépassement de seuil et perte du statut

Le relèvement des plafonds ne supprime pas la règle du dépassement. Le site Economie.gouv.fr rappelle que le régime micro continue de s’appliquer l’année suivante si le seuil est franchi une seule fois sur une année civile. En revanche, un dépassement sur deux années consécutives entraîne la sortie du régime au 1er janvier de l’année suivante. Cette bascule signifie un passage au régime réel d’imposition, avec des obligations comptables et déclaratives plus lourdes. Pour l’auto-entrepreneur, l’anticipation devient donc stratégique : un dépassement ponctuel n’est pas immédiatement sanctionné, mais la répétition l’est.

Par ailleurs, il convient de distinguer les plafonds du régime micro des seuils de franchise en base de TVA. Selon Economie.gouv.fr, un auto-entrepreneur ne facture pas la TVA tant qu’il ne dépasse pas 85 000 € de chiffre d’affaires pour les ventes ou 37 500 € pour les prestations de services. Des seuils majorés existent, respectivement 93 500 € et 41 250 €, au-delà desquels l’assujettissement à la TVA devient automatique.

Cette superposition de seuils complexifie la gestion. Un auto-entrepreneur peut ainsi rester dans le régime micro tout en devenant redevable de la TVA si ses revenus dépassent les plafonds de franchise correspondants. La réforme de 2026 ne modifie pas ces montants de TVA, mais l’augmentation des plafonds micro rend cette dissociation plus fréquente.

Entreprise individuelle : quels effets économiques des nouveaux montants ?

La revalorisation des plafonds constitue un signal favorable pour de nombreuses petites entreprises individuelles. En relevant le seuil de 188 700 € à 203 100 € pour la vente et de 77 700 € à 83 600 € pour les services, l’État permet à davantage d’auto-entrepreneurs de conserver un régime simplifié, tant sur le plan fiscal que social.

Toutefois, cette évolution peut aussi entraîner un effet de seuil plus marqué. En effet, un professionnel dont les revenus s’approchent durablement de 83 600 € ou de 203 100 € devra arbitrer entre la poursuite de son développement et le maintien du régime micro. Le régime, par nature simplifié, n’est pas toujours optimal pour des montants élevés, notamment en raison de l’impossibilité de déduire les charges réelles.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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