Hausse des salaires, CSG progressive : les députés socialistes présentent un plan budgétaire pour 2027

Les députés socialistes ont présenté le 16 septembre 2026 un plan budgétaire pour 2027 reposant sur 39,5 milliards d’euros de recettes nouvelles. La CSG passerait de 9,2% à 0,55% pour les bas salaires, générant jusqu’à 235 euros mensuels supplémentaires pour certains ménages. Le financement provient d’une taxation des hauts héritages, de la taxe Zucman et d’un prélèvement sur les multinationales du numérique.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
By Nicolas Egon Published on 16 septembre 2026 17h18
Hausse des salaires, CSG progressive : les députés socialistes présentent un plan budgétaire 2027
Hausse des salaires, CSG progressive : les députés socialistes présentent un plan budgétaire pour 2027 - © Economie Matin
39,5 milliards d'eurosLe plan budgétaire prévoit une augmentation des recettes fiscales de 39,5 milliards d'euros

Le lundi 16 septembre 2026, les députés socialistes ont présenté un plan budgétaire pour 2027, introduisant une révision fiscale ambitieuse : ramener la contribution sociale généralisée (CSG) de 9,2% à 0,55% pour les bas salaires, tout en générant 39,5 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Ce plan vise à accroître le pouvoir d'achat de 21 millions de travailleurs gagnant jusqu'à 2 700 euros net mensuels, tout en réduisant le déficit public de 0,8 point de PIB.

Les chiffres du plan : recettes fiscales de 39,5 milliards d'euros

Le plan budgétaire des socialistes repose sur un ensemble fiscal générant 39,5 milliards d'euros de recettes. Le premier élément est une nouvelle taxe sur les grandes successions, apportant 10 milliards d'euros. Vient ensuite la taxe Zucman, inspirée par l'économiste Gabriel Zucman, qui devrait rapporter 15 milliards d'euros en visant les plus hauts patrimoines. Enfin, une taxe sur les multinationales du numérique complète ce dispositif.

Selon les députés socialistes, ce schéma fiscal vise à « répartir le financement du modèle social entre les rentiers et les travailleurs ». Cette proposition intervient alors que le gouvernement Lecornu prépare un budget 2027 à « hauts risques », avec peu de marges de manœuvre.

La CSG progressive : un système redistributif

Au cœur du dispositif, la réforme de la CSG. Actuellement à 9,2% pour tous les actifs, elle serait abaissée à 0,55% pour ceux au SMIC. Le système deviendrait progressif : plus le salaire est élevé, plus le taux de CSG se rapproche de 9,2% pour les revenus dépassant 2 700 euros net mensuels.

Cette réforme transforme le financement de la protection sociale, introduisant une logique redistributive semblable à celle de l'impôt sur le revenu, avec des tranches selon les niveaux de rémunération.

Impact direct sur les ménages : qui gagne quoi ?

Les effets concrets sur le pouvoir d'achat sont significatifs. Un célibataire sans enfant au SMIC verrait son revenu net augmenter de 130 euros par mois. Pour un couple avec un enfant, où chaque parent gagne 2 000 euros net, le gain mensuel serait de 235 euros, soit respectivement 1 560 euros et 2 820 euros de revenu supplémentaire par an.

Par ailleurs, le SMIC serait relevé à 1 700 euros net, selon les propositions du Parisien, combinant hausse du salaire minimum et baisse de la CSG pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs à faible revenu.

Financement par les successions, la taxe Zucman et les multinationales

La refonte de la taxation des héritages viserait les grandes successions, accumulées au cours d'une vie, tout en épargnant les transmissions modestes. Les 10 milliards d'euros attendus proviendraient des successions dépassant certains seuils, non encore précisés.

La taxe Zucman, principale source de recettes avec 15 milliards d'euros, ciblerait les patrimoines importants, s'inspirant des travaux de Gabriel Zucman sur la taxation des ultra-riches.

Réduction du déficit public : un objectif de 0,8 point de PIB

Le plan vise une réduction du déficit public de 24 milliards d'euros en 2027, soit 0,8 point de PIB. Cette approche contraste avec la situation actuelle où l'économie française frôle la récession, dans un contexte d'inflation persistante.

Les 39,5 milliards d'euros de recettes doivent financer 22 milliards d'euros de nouvelles dépenses et contribuer à réduire le déficit structurel. L'augmentation du pouvoir d'achat des ménages modestes pourrait stimuler l'économie et accroître les recettes fiscales.

Allocation des nouvelles dépenses

Les 22 milliards d'euros de dépenses prévues se concentrent sur trois priorités : 10 milliards pour le climat, 5 milliards pour la santé, et 3 milliards pour la lutte contre les violences sexistes. Ces choix reflètent les priorités socialistes pour 2027, en contraste avec d'autres propositions électorales.

Comparaison avec le budget du gouvernement Lecornu

Un contraste marqué s'observe entre les deux approches budgétaires. Le gouvernement Lecornu, contraint par des marges financières limitées, opte pour une maîtrise des dépenses. Les socialistes misent sur une relance par la demande et une redistribution massive. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative-U, souligne les contraintes gouvernementales : « les caisses sont vides et la marge de manœuvre est très étroite ».

Ce débat structure la compétition électorale pour 2027. Les électeurs devront choisir entre une approche d'austérité contrôlée et une stratégie de relance économique par la redistribution. Le plan socialiste, élaboré lors du séminaire de Pau et présenté par Boris Vallaud et Estelle Mercier, pose la question : la France peut-elle simultanément accroître le pouvoir d'achat, investir dans la transition climatique et réduire son déficit ? La réponse dépendra de l'efficacité des nouvelles recettes fiscales pour compenser les dépenses sans freiner la croissance, une question centrale avant l'examen du projet de loi de finances 2027 à l'Assemblée nationale.

No comment on «Hausse des salaires, CSG progressive : les députés socialistes présentent un plan budgétaire pour 2027»

Leave a comment

* Required fields