Le moteur de recherche européen Startpage devient natif dans Firefox pour cinq pays, dont la France. L’intégration répond à une demande massive des utilisateurs et concrétise un milliard de recherches annuelles déjà effectuées via ce service sans suivi ni profilage.
Startpage s’intègre à Firefox : un milliard de recherches privées par an

Un milliard de recherches par an, c'est le volume que les utilisateurs de Firefox réalisent déjà via Startpage, le moteur de recherche européen qui promet de ne collecter aucune donnée personnelle. Ce chiffre, loin d'être anecdotique, illustre une demande croissante pour une alternative aux géants américains de la recherche en ligne. À compter du 18 août 2026, Startpage s'intègre nativement à Firefox dans cinq pays européens : France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche et Suisse. Aucune extension à télécharger, aucun paramétrage complexe : il suffit de cliquer sur l'icône de recherche dans la barre d'adresse et de sélectionner Startpage.
Une demande utilisateur qui ne doit rien au hasard
Depuis 2024, Startpage figure comme l'intégration de moteur de recherche la plus demandée sur Mozilla Connect, la plateforme où les utilisateurs de Firefox expriment leurs attentes. Ce plébiscite n'est pas le fruit d'une campagne marketing, mais bien d'une insatisfaction grandissante face aux pratiques de suivi et de profilage publicitaire. Les internautes européens, mieux informés sur les mécanismes de collecte de données et protégés par le RGPD, cherchent des outils qui respectent leur vie privée sans sacrifier la pertinence des résultats.
Le problème, c'est que la majorité des moteurs de recherche dominants fonctionnent sur un modèle économique qui repose précisément sur la collecte et l'exploitation des données personnelles. Chaque requête nourrit un profil utilisateur, chaque clic alimente un système de ciblage publicitaire. Startpage, fondé aux Pays-Bas en 2006, propose une approche radicalement différente : aucun compte requis, aucun historique conservé, aucune adresse IP enregistrée. Les recherches ne sont jamais utilisées pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle, et aucune réponse générée par l'IA n'est imposée aux utilisateurs.
Google capte à lui seul plus de 90 % des parts de marché en Europe
Stewart Marlborough, président de Startpage, le rappelle sans détour : une part grandissante des usages en ligne est concentrée entre les mains d'un nombre restreint de très grandes entreprises. La recherche en ligne est l'un des domaines où ce phénomène est le plus visible. Google capte à lui seul plus de 90 % des parts de marché en Europe, et cette domination ne repose pas uniquement sur la qualité technique, mais aussi sur des effets de réseau et des positions par défaut difficiles à contester.
En réalité, changer de moteur de recherche reste compliqué pour la plupart des utilisateurs, même quand ils en ont la volonté. Il faut télécharger une extension, modifier des paramètres souvent enfouis dans des menus, parfois désactiver des options qui se réactivent après une mise à jour. L'intégration native de Startpage dans Firefox supprime ces frictions : il suffit de quelques secondes pour basculer vers une recherche privée, sans compte, sans suivi, sans publicité ciblée.
Firefox et Startpage partagent une conviction commune : le Web doit rester ouvert, et les utilisateurs doivent garder la maîtrise de leurs choix. Firefox propose déjà plusieurs protections contre le suivi en ligne, notamment le blocage des traqueurs, des cookies tiers et de certaines techniques d'empreinte numérique. Startpage ajoute une couche supplémentaire avec son mode Anonymous View, qui permet de consulter des sites depuis les résultats de recherche tout en limitant la capacité des sites tiers à identifier l'utilisateur.
Pour que la recherche privée devienne une option réellement accessible au grand public, il faudrait que les navigateurs dominants, à commencer par Chrome, proposent également des alternatives respectueuses de la vie privée. Or Google, qui détient Chrome et le moteur de recherche éponyme, n'a aucun intérêt économique à faciliter l'émergence de concurrents qui ne collectent pas de données. Le conflit d'intérêts est évident, et les régulateurs européens l'ont bien compris : le Digital Markets Act impose désormais aux géants du numérique de proposer des choix de moteurs de recherche lors de l'installation de leurs navigateurs.