Le surendettement repart à la hausse en France. En 2026, les statistiques officielles confirment une progression marquée du nombre de dossiers déposés par des particuliers en difficulté financière. Derrière ces chiffres, une réalité économique plus fragile se dessine, marquée par l’augmentation des inscriptions au FICP et par une pression croissante sur le budget de nombreux ménages.
Surendettement : plus de 148 000 dossiers déposés en 2025

Les derniers indicateurs de la Banque de France confirment une tendance préoccupante : le surendettement progresse de nouveau en France. Après plusieurs années de recul, les dossiers déposés auprès des commissions départementales repartent nettement à la hausse. Cette évolution touche directement les particuliers confrontés à des difficultés de remboursement, parfois accompagnées d’une inscription au FICP, le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers.
Surendettement : forte hausse des dossiers déposés et des inscriptions au FICP
Le surendettement a connu une progression notable en France au cours de l’année 2025. Selon la Banque de France, « Sur l’ensemble de l’année 2025, 148 013 dépôts de dossiers de surendettement ont été enregistrés, soit une hausse de 9,8 % par rapport à 2024. » Cette donnée issue du Baromètre mensuel de l’Inclusion Financière publié par la Banque de France le 15 janvier 2026 illustre clairement l’augmentation des dossiers déposés par des particuliers confrontés à des difficultés financières.
Cette remontée du surendettement ne concerne pas uniquement les statistiques annuelles. Elle apparaît également dans les données mensuelles. Par exemple, les dépôts ont progressé régulièrement au fil de l’année. En septembre 2025, 11 914 dossiers de surendettement ont été déposés, après 10 705 en août, selon les chiffres cités par ImmoPret le 11 novembre 2025. Sur les neuf premiers mois de l’année, le cumul atteignait déjà 109 567 dossiers déposés, soit une progression d’environ 8 % par rapport à la même période de 2024.
Cette évolution est suivie de près par les autorités monétaires. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné la reprise du phénomène. « Nous voyons repartir depuis deux ans le nombre de dossiers de surendettement. Sur l’année 2025, nous sommes à +9,8 % de dossiers déposés par rapport à l’année précédente », a-t-il déclaré lors d’une audition parlementaire, selon Public Sénat le 9 mars 2026.
Les difficultés rencontrées par certains particuliers se reflètent également dans les inscriptions au FICP. Ce registre national recense les incidents de remboursement liés aux crédits. En 2025, les inscriptions liées au surendettement ont progressé de 7,3 %, selon les données relayées par Aladom. Cette hausse traduit un nombre croissant de situations financières fragiles parmi les ménages français.
Pourquoi les dossiers déposés augmentent chez les particuliers
Plusieurs facteurs expliquent la remontée du surendettement et la multiplication des dossiers déposés par des particuliers. D’abord, le contexte économique reste marqué par les conséquences de l’inflation et de la hausse des charges du quotidien. Même si certains indicateurs macroéconomiques se stabilisent, les budgets domestiques restent sous tension.
Ensuite, les incidents de remboursement constituent souvent le premier signal d’alerte avant une situation de surendettement. Le fonctionnement du système bancaire français prévoit que ces incidents peuvent conduire à une inscription au FICP, ce qui limite l’accès au crédit pour les particuliers concernés. La Banque de France rappelle que ce fichier recense précisément les incidents de remboursement et constitue un outil de prévention des situations financières critiques.
Par ailleurs, les dossiers déposés concernent souvent des ménages qui sollicitent pour la première fois la procédure de surendettement. Selon l’analyse publiée par la Banque de France en février 2026 dans son étude sur la typologie du surendettement, près de deux tiers des personnes qui déposent un dossier utilisent ce dispositif pour la première fois. Cela illustre l’élargissement du phénomène à de nouveaux profils de particuliers.
Cette dynamique explique aussi l’augmentation des demandes d’accompagnement. En 2025, la Banque de France a traité près de 2 120 000 demandes d’information ou d’aide concernant les difficultés financières, soit une hausse de 7 % par rapport à l’année précédente selon Aladom. Les particuliers cherchent donc davantage de conseils pour gérer leurs dettes avant de déposer un dossier de surendettement.
Quelles solutions pour les particuliers face aux dossiers déposés
Face à la progression du surendettement, plusieurs dispositifs existent pour accompagner les particuliers en difficulté. La procédure de surendettement constitue la solution principale lorsque les dettes deviennent impossibles à rembourser. Elle permet d’examiner la situation financière d’un ménage et d’établir un plan de traitement des dettes adapté.
Concrètement, lorsqu’un dossier de surendettement est déposé, la commission départementale analyse les ressources, les charges et le niveau d’endettement du demandeur. Elle peut ensuite proposer différentes mesures, comme un rééchelonnement des remboursements, une réduction des taux d’intérêt ou parfois un effacement partiel des dettes. L’objectif est de rétablir une situation financière viable pour les particuliers.
La Banque de France insiste également sur l’importance de la prévention. L’accompagnement budgétaire, les dispositifs d’éducation financière ou encore les services d’aide sociale jouent un rôle central pour éviter que les incidents de paiement ne conduisent à une inscription au FICP et à une situation de surendettement durable.
Enfin, malgré la hausse récente des dossiers déposés, les autorités rappellent que les niveaux actuels restent inférieurs à ceux observés il y a une dizaine d’années. Le phénomène doit donc être surveillé attentivement, mais il ne correspond pas encore aux pics historiques connus au début des années 2010.