La taxe foncière va encore grimper en 2026, mais cette fois l’augmentation ne viendra pas seulement de l’inflation. Entre revalorisation automatique des bases, révision du confort des logements et recettes supplémentaires pour les collectivités, cet impôt local s’apprête à peser davantage sur les propriétaires, souvent sans qu’ils en aient pleinement conscience.
Taxe foncière 2026 : comment Bercy va vous faire payer plus cher

Au 19 novembre 2025, tout indique que la taxe foncière augmentera de nouveau en 2026, malgré un ralentissement de l’inflation. En effet, cet impôt local est indexé chaque année sur les prix à la consommation, mais il sera aussi dopé par une opération ciblée de Bercy sur les logements considérés comme « mal décrits ». Ainsi, la combinaison de la revalorisation nationale des valeurs locatives et de la mise à jour des éléments de confort des logements va mécaniquement gonfler la taxe foncière due par des millions de propriétaires.
Pourquoi la taxe foncière va encore augmenter en 2026
La hausse de la taxe foncière en 2026 s’explique d’abord par le fonctionnement même de cet impôt. La base de calcul repose sur la valeur locative cadastrale, c’est-à-dire un loyer théorique annuel attribué à chaque logement pour les besoins de la fiscalité immobilière. Or, comme le rappelle l’Observatoire national des taxes foncières, « les valeurs locatives des logements sont revalorisées chaque année selon un seul et même coefficient, valable pour toute la France », coefficient directement indexé sur l’inflation de novembre. Ainsi, la taxe foncière a augmenté d’au moins 7,1 % en 2023, de 3,9 % en 2024 puis de 1,7 % en 2025, ces hausses résultant uniquement de cette revalorisation automatique, selon le JDN. Entre 2014 et 2024, cette mécanique a entraîné une augmentation moyenne de 37,3 % de la taxe foncière dans les 200 plus grandes villes, d’après l’UNPI.
En 2026, la taxe foncière devrait à nouveau progresser, même si l’augmentation sera plus modérée. Les projections d’expert anticipent une inflation autour de 1 % en novembre 2025, ce qui se traduirait par une revalorisation minimale d’environ 1 % des bases. Concrètement, le montant moyen de taxe foncière payé par un propriétaire serait passé de 1 034 euros en 2023 à 1 074 euros en 2024, puis 1 092 euros en 2025, avant de grimper aux environs de 1 102 euros en 2026, soit 68 euros de plus en trois ans seulement.
Les logements visés par la hausse cachée de taxe foncière de Bercy
Au-delà de l’indexation nationale, une autre augmentation de la taxe foncière se prépare en coulisses du côté de Bercy. Le ministère de l’Économie a lancé une opération de « fiabilisation » des évaluations, baptisée « Fiabilisation des évaluations des locaux d’habitation par la valorisation des éléments de confort ». Concrètement, l’administration a repéré des logements décrits comme ne disposant pas de certains éléments de confort alors même que ces équipements existent. Désormais, explique ce document administratif, le ministère estimera que ces logements sont équipés avec tous les niveaux de confort « dans un souci de meilleure équité fiscale ». Ainsi, les éléments manquants seront ajoutés automatiquement dans les fichiers de la fiscalité immobilière, « sans demande de nouvelle déclaration au propriétaire » et sans que celui-ci soit prévenu, hormis pour les variations les plus importantes. Or, chaque élément de confort se traduit par des mètres carrés fictifs supplémentaires dans le calcul de la taxe foncière : environ 4 m² pour l’eau courante et 3 m² pour un lavabo, détaille le Point. Cette requalification entraîne une augmentation mécanique de la valeur locative cadastrale, donc de la taxe foncière, sans changement visible dans le logement.
Selon les données de la Direction générale des finances publiques relayées par Le Point, 7,4 millions de logements en France métropolitaine présentent au moins un élément de confort manquant dans leur fiche fiscale et verront leur base de taxe foncière révisée à partir de 2026. Ces logements représentent environ 25 % des maisons et 15 % des appartements.
L’administration estime que cette seule mise à jour générera environ 466 millions d’euros de recettes supplémentaires pour les collectivités, via l’augmentation des bases communales et la taxation des résidences secondaires. En moyenne, l’augmentation de taxe foncière serait d’environ 63 euros par logement concerné. Toutefois, la répartition est très inégale : dans les faits, la hausse de taxe foncière frappera donc particulièrement les territoires où le parc immobilier est ancien, parfois mal décrit, et où les propriétaires ont tardé à régulariser leurs déclarations. « Le risque est d’aller chercher de la taxe foncière supplémentaire sur des petits revenus, sur ceux qui n’ont pas les moyens de moderniser leur logement », alerte ainsi Frédéric Scalbert, secrétaire national de la CGT à la DGFiP.
