Des millions de logements pourraient bientôt conduire à une hausse d’impôt pour leurs propriétaires. L’État prépare une révision de la taxe foncière liée au niveau de confort des logements. Une réforme technique en apparence, mais qui pourrait se traduire par une augmentation pour plusieurs millions de ménages selon une note confidentielle de Bercy.
Taxe foncière : forte hausse en 2027 pour des millions de logements

Le dossier refait surface au moment où la pression fiscale locale inquiète déjà de nombreux propriétaires. Une note interne de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) prévoit en effet une mise à jour des bases de calcul de la taxe foncière pour des millions de logements et détaille les éléments de confort ciblés. Selon cette note datée du 27 février 2026 et révélée par Le Parisien, l’administration estime que plus de 7 millions de logements seraient aujourd’hui sous-taxés car certains éléments de confort n’auraient pas été correctement déclarés. L’objectif affiché consiste à corriger ces situations afin de réévaluer la valeur cadastrale de millions de logements en France. Derrière cette réforme technique se profile pourtant une réalité simple : une hausse potentielle de l’impôt pour un grand nombre de propriétaires.
Logement : des millions de déclarations dans le viseur du fisc
La réforme repose sur un constat dressé par la DGFiP à partir de données du parc immobilier français. La France compte environ 36 millions de logements, selon les informations publiées par Le Parisien le 9 mars 2026. Parmi eux, près de 7,4 millions sont officiellement enregistrés comme ne disposant pas de tous les équipements de confort standards.
Dans les bases fiscales actuelles, la présence d’équipements comme l’eau courante, l’électricité, un WC, une douche, un lavabo ou encore un système de chauffage influence directement le calcul de la taxe foncière. La valeur cadastrale d’un logement augmente mécaniquement lorsque ces équipements sont présents, car l’administration ajoute une surface fictive au logement pour tenir compte de son niveau de confort. L’administration ajoute par exemple 4 mètres carrés pour l’eau courante, 2 mètres carrés pour l’électricité, 5 mètres carrés pour une baignoire ou encore 3 mètres carrés pour des toilettes, selon les explications publiées par Le Figaro Immobilier. Chaque élément de confort augmente donc la base taxable et donc le montant final de la taxe foncière que paye le propriétaire.
Or, selon la DGFiP, une partie importante de ces équipements ne serait pas correctement déclarée dans les fichiers fiscaux. L’administration estime qu’au XXIe siècle, la grande majorité des logements en France possède ces équipements. Si certains logements peuvent en effet être encore sous-équipés, il est difficile de croire que plus de 7 millions de ménages vivent sans électricité ou sans eau courante. C’est ce qui explique qu’une opération de mise à jour des bases fiscales est envisagée en 2026 afin de corriger ces écarts.
Taxe foncière : jusqu’à 7,4 millions de logements concernés par une augmentation des impôts
L’ampleur de la réforme pourrait être considérable. Les estimations évoquent jusqu’à 7,4 millions de logements concernés par une régularisation fiscale, selon les informations révélées par Le Parisien. Dans certains cas, les anomalies sont spectaculaires. Les données de l’administration montrent par exemple que près de 4 millions de logements ne disposent officiellement pas de chauffage dans chaque pièce principale. Cela représente environ 13 % du parc immobilier français.
Les statistiques révèlent également d’autres situations surprenantes. Environ 855 000 logements seraient enregistrés sans toilettes, toujours selon les données compilées par l’administration fiscale et relayées par Le Parisien. De même, près de 158 000 habitations sont déclarées sans eau courante et environ 78 000 logements sans électricité. Certaines situations correspondent évidemment à des logements anciens ou très dégradés. Mais pour l’administration fiscale, une grande partie de ces déclarations serait simplement obsolète ou erronée. Autrement dit, de nombreux logements auraient été modernisés sans que les équipements soient mis à jour dans les bases cadastrales.
La taxe foncière va augmenter : mais de combien ?
La conséquence la plus directe pour les ménages pourrait être une hausse de la taxe foncière. Les estimations évoquées par l’administration et relayées par plusieurs médias font état d’une augmentation moyenne d’environ 63 euros par logement concerné, selon les informations publiées par Le Figaro Immobilier. Rapportée à l’ensemble des logements potentiellement concernés, cette révision pourrait générer environ 470 millions d’euros de recettes supplémentaires chaque année pour les collectivités locales.
Cette augmentation peut sembler modeste à première vue. Pourtant, elle s’ajouterait aux hausses déjà enregistrées ces dernières années. La taxe foncière a fortement progressé dans de nombreuses villes françaises depuis la suppression de la taxe d’habitation, les communes ayant dû compenser la perte de cette ressource fiscale. Pour les propriétaires, la perspective d’une nouvelle augmentation suscite donc des inquiétudes. D’autant que la réforme pourrait concerner un très grand nombre de ménages.
Taxe foncière : des maires désormais libres d’appliquer la mesure
Face aux critiques suscitées par ce projet, le gouvernement a finalement décidé de modifier son approche. Initialement, l’administration prévoyait d’appliquer automatiquement cette mise à jour fiscale. Mais après plusieurs réactions politiques et syndicales, le dispositif a été assoupli. La réforme ne sera plus imposée au niveau national. Les communes pourront désormais choisir d’appliquer ou non cette régularisation sur leur territoire.
Concrètement, les collectivités devront adresser une demande à la direction départementale des finances publiques pour déclencher l’opération, selon les informations publiées par Le Figaro Immobilier. La mesure pourrait ensuite être appliquée à partir de la taxe foncière 2027.
