Taxe sur le sucre : les confiseurs dénoncent une faute industrielle

Les syndicats du chocolat, de la confiserie et de la biscuiterie s’alarment de l’introduction possible d’une taxation des produits sucrés dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Ils y voient une menace directe pour 300 entreprises, dont 87 % de TPE et PME, et près de 50 000 emplois. Le communiqué commun dénonce une contradiction entre les objectifs affichés de réindustrialisation et une mesure qui fragiliserait des filières déjà sous tension.

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By La rédaction Published on 1 octobre 2026 7h17
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Taxe sur le sucre : les confiseurs dénoncent une faute industrielle - © Economie Matin
80%80% des enfants dépassent déjà les apports recommandés en sucres

Une taxe qui tombe au pire moment

Le gouvernement avait promis de ne pas créer de nouvelles taxes. Pourtant, les fabricants de biscuits, gâteaux, confiseries et chocolat ont appris qu'une taxation des produits sucrés pourrait figurer dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. L'annonce a provoqué une réaction immédiate des syndicats professionnels, qui parlent d'une « faute économique, industrielle et territoriale ».

Le timing ne pouvait pas être plus mal choisi. Les entreprises concernées traversent déjà une période difficile : hausse des coûts de l'énergie, flambée des matières premières agricoles, ralentissement de la consommation et perte de compétitivité à l'export. Le cacao, les ingrédients laitiers, les huiles, les amandes, les pistaches ont tous connu de fortes augmentations. Les céréales et le sucre repartent nettement à la hausse depuis l'été, et l'équilibre du marché des œufs reste fragile.

Dans ce contexte, ajouter une taxe supplémentaire revient à demander à des entreprises déjà sous pression de supporter une charge additionnelle qu'elles ne pourront pas absorber. Selon les précédentes simulations évoquées par les syndicats, certaines PME pourraient se voir imposer plusieurs millions d'euros de coûts supplémentaires. Autant dire que l'équation économique devient intenable.

Un secteur fragmenté, des emplois territoriaux

Derrière l'expression générique de « produits sucrés », il y a une réalité industrielle bien concrète. Les secteurs concernés représentent plus de 300 entreprises, dont 87 % de TPE et PME, qui emploient directement près de 50 000 personnes. Ces entreprises, souvent familiales, sont implantées au cœur des territoires : fabricants de nougats, de pains d'épices, de meringues, de calissons. Autant de spécialités dont la recette et l'identité sont indissociables du patrimoine gastronomique français.

Or, ce sont précisément ces entreprises que la taxe viendrait frapper de plein fouet. Elles ne disposent pas des marges de manœuvre financières des grands groupes internationaux. Chaque euro supplémentaire prélevé est un euro qui ne sera pas investi dans la modernisation des outils industriels, l'emploi, l'innovation ou la décarbonation. Les conséquences sont prévisibles : moins d'investissement, des marges encore davantage fragilisées et, inévitablement, une pression accrue sur les prix de vente.

Une contradiction politique assumée

Le communiqué des syndicats pose une série de questions qui mettent en lumière les contradictions de la politique gouvernementale. Peut-on sérieusement prétendre défendre le pouvoir d'achat tout en créant une taxe susceptible de renchérir des produits appréciés par les Français ? Peut-on appeler à la réindustrialisation tout en attaquant frontalement les entreprises qui continuent de produire en France ? Peut-on invoquer la souveraineté économique tout en fragilisant des PME et ETI, des emplois locaux et des savoir-faire transmis parfois depuis plusieurs générations ?

L'agroalimentaire, variable d'ajustement budgétaire

Le secteur agroalimentaire a déjà été mis à contribution à plusieurs reprises ces dernières années. Taxes sur les boissons sucrées, sur les emballages, sur les additifs : la liste est longue. À chaque fois, l'argument est le même : il s'agit de financer la Sécurité sociale ou de lutter contre l'obésité. À chaque fois, les conséquences sont identiques : des entreprises fragilisées, des emplois menacés, des prix en hausse.

Les syndicats professionnels dénoncent cette logique qui fait de l'agroalimentaire une variable d'ajustement des finances publiques. Selon eux, l'exécutif prend aujourd'hui le risque de dévitaliser des filières entières, de détruire de la valeur dans les territoires et d'affaiblir des secteurs qui font vivre le patrimoine gastronomique et culturel français.

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