Chacun sait que tenir son téléphone au volant en conduisant est dangereux. Pourtant, beaucoup d’automobilistes l’ont déjà fait, souvent sans mesurer pleinement les risques encourus. Face à ce constat, certains départements ont décidé de prendre des mesures spécifiques pour tenter d’y remédier. C’est le cas dans le Pas-de-Calais, où les autorités ont renforcé les sanctions afin de lutter contre les comportements les plus dangereux sur la route, alors que les chiffres de l’accidentalité demeurent préoccupants.
Téléphone au volant : un danger qui menace la sécurité routière

Un durcissement sans précédent dans le Pas-de-Calais
L’utilisation du téléphone au volant est déjà interdite par le Code de la route depuis 2003, avec une sanction classique composée d’une amende forfaitaire de 135 euros et d’un retrait de trois points sur le permis de conduire pour tout automobiliste surpris à tenir son téléphone en main en circulation. Mais désormais, dans le département du Pas-de-Calais, les choses ont changé. Par arrêté préfectoral signé récemment, la préfecture a décidé que tout conducteur pris en train d’utiliser un téléphone en conduisant s’exposera désormais à une suspension administrative de son permis de conduire pour une durée de deux mois, peut-on lire sur France Bleu.
Ce durcissement s’inscrit dans une volonté d’amplifier la lutte contre l’usage de téléphone au volant, qui reste l’un des comportements les plus fréquents et les plus dangereux observés par les forces de l’ordre. Jusqu’ici limité à une sanction pécuniaire et à un retrait de points, le traitement administratif de cette infraction devient nettement plus sévère.
Vers une extension à d’autres départements ?
Cette mesure dans le Pas-de-Calais n’est pas un cas isolé. Depuis l’automne 2025, plusieurs préfets ont déjà expérimenté des mécanismes similaires. Dans le sud-ouest de la France, notamment dans les Landes, une expérimentation a été conduite où l’usage du téléphone au volant pouvait conduire à une suspension administrative pouvant aller jusqu’à six mois, après une phase pédagogique visant à alerter les conducteurs sur les dangers de cette pratique. Dans d’autres départements, comme en Charente-Maritime, les autorités locales affichent aussi une volonté d’aller plus loin encore.
Là-bas, la préfecture a évoqué l’idée d’un retrait immédiat du permis de conduire en cas d’usage du téléphone au volant dans le cadre d’opérations de sensibilisation et de lutte contre les accidents, peut-on lire dans Le Figaro. L’expression « cancer de la sécurité routière » a été reprise par plusieurs hauts responsables et relais d’information pour désigner l’usage du téléphone au volant, soulignant l’idée qu’il s’agit d’un problème structurel, profondément enraciné et difficile à éradiquer par des sanctions classiques seules.
Pourquoi un tel durcissement ?
Pour les autorités, la nécessité de renforcer les sanctions ne repose pas uniquement sur des considérations répressives, mais sur des données de sécurité routière incontestées. Les études récentes montrent que l’usage d’un téléphone en conduisant multiplie par trois le risque d’accident et est souvent associé à des distracteurs qui détournent l’attention du conducteur de l’environnement routier. L’usage du téléphone au volant est identifié comme un facteur de distraction majeur, comparable à l’excès de vitesse ou à l’alcoolémie.
Même s’il ne s’agit pas de la cause principale de tous les accidents, il figure parmi les comportements humains qui augmentent fortement la probabilité de collision ou de perte de contrôle du véhicule. Pour les responsables des préfectures qui adoptent ces mesures, la logique est claire, si les sanctions classiques ne suffisent plus à faire changer les comportements, il faut rendre la sanction suffisamment dissuasive pour encourager les conducteurs à modifier leur conduite.
