Canicule : le chapitre 2 arrive fin de semaine

Météo France annonce un nouvel épisode caniculaire dès vendredi avec des températures dépassant 35°C. Patrick Galois, prévisionniste, alerte sur un phénomène aggravant : l’absence de pluie entre les deux vagues accentue la sécheresse des sols et les risques d’incendie.

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By La rédaction Published on 30 juin 2026 13h53

La France face à une deuxième vague caniculaire avant juillet

La France n'en a pas terminé avec les fortes chaleurs. Alors que le pays commence tout juste à souffler après un premier épisode historique, Météo France annonce ce mardi 30 juin un retour des températures extrêmes dès vendredi. Patrick Galois, prévisionniste au sein de l'organisme météorologique, confirme l'arrivée d'un "nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end", sans toutefois pouvoir préciser à ce stade son intensité exacte ni sa durée. Quatre départements du Sud-Est restent placés en vigilance orange pour la canicule.

"À partir de vendredi et du week-end prochain, on s'attend à nouveau à des températures plus élevées avec des conditions anticycloniques depuis le sud du pays", explique Patrick Galois dans ses déclarations à l'AFP. Le spécialiste évoque des températures "très élevées, sans doute au-dessus de 35°C", précisant toutefois que "toutes les régions ne seront pas forcément concernées".

Un anticyclone persistant sur le sud du pays

L'analyse des prévisions météo révèle une configuration atmosphérique défavorable. La mise en place d'un anticyclone depuis le sud du territoire favorisera la remontée de masses d'air chaud dès la fin de la semaine. D'après les modèles météorologiques exploités par Guillaume Séchet, fondateur de meteo-villes.com, la montée des températures s'amorcera samedi et dimanche, touchant prioritairement la moitié sud de la France. Le Centre-Ouest devrait connaître des valeurs comprises entre 33 et 36°C.

Le nord du pays et Paris pourraient être relativement épargnés par rapport à la première vague de chaleur de mi-juin, même si les incertitudes demeurent importantes concernant l'extension géographique précise du phénomène. Selon La Nouvelle République, les météorologistes affinent encore leurs modèles pour la semaine prochaine.

L'absence de pluie aggrave la sécheresse des sols

Au-delà des températures caniculaires attendues, Patrick Galois souligne un "phénomène aggravant" particulièrement préoccupant. Entre les deux épisodes de canicule, aucun "épisode pluvieux soutenu qui apporte un peu d'eau" ne s'est produit. La transition entre les deux vagues de chaleur n'aura donc pas permis aux sols de récupérer la moindre humidité.

"On est à une augmentation de la sécheresse des sols dès cette semaine avec une augmentation des risques d'incendie", alerte le prévisionniste de Météo France. L'agrométéorologue Serge Zaka partage la même inquiétude sur le réseau X : "Une constante se dégage dans l'ensemble des scénarios : le déficit hydrique persistant". Lundi soir, il estimait "très probable qu'une troisième canicule s'installe en France dès la fin de semaine", les incertitudes portant essentiellement sur son intensité et son extension géographique. Le Figaro confirme que la France pourrait connaître une nouvelle vague de chaleur avec plus de 35°C.

Soldes prolongés et logements sous pression

Les conséquences économiques de la première vague caniculaire commencent à se chiffrer. Le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé mardi la prolongation de la période des soldes d'été jusqu'au 28 juillet, soit une semaine supplémentaire par rapport à la date initialement prévue du 21 juillet. "La canicule a fait que les magasins n'ont pas été fréquentés pendant cette période, donc les soldes n'ont pas bien marché", justifie le ministre sur TF1.

Les données recueillies par Leboncoin Immo révèlent une transformation profonde des critères de choix résidentiel des Français. Selon Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme, interrogée sur Sud Radio, "un nouveau critère résidentiel est en train de s'installer". L'étude menée par l'entreprise dévoile des chiffres éloquents : 81% des Français déclarent ressentir un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement, et 34% ont déjà envisagé ou envisageraient un déménagement à cause des canicules.

"Depuis des décennies, en choisissant leur logement, les Français choisissaient un prix, une surface, une proximité avec leur travail ou l'école de leurs enfants. Désormais, ils intègrent lentement mais sûrement le confort climatique", analyse Sophie Bourg. Un bouleversement qui pourrait redessiner durablement la géographie résidentielle française et impacter les marchés immobiliers régionaux. Certains locataires envisagent même de suspendre leur loyer en raison des conditions de vie dégradées.

Des océans en surchauffe record

La canicule terrestre s'accompagne d'un phénomène tout aussi préoccupant en mer. Thibault Guinaldo, chercheur au Centre national de recherches météorologiques (Météo-France/CNRS), rapporte des températures maritimes quasi records sur l'ensemble des façades métropolitaines. Le Golfe de Gascogne a connu mercredi 24 juin un pic de chaleur de 22,5°C, contre 18°C en moyenne en juin.

"Au large des côtes de la Gironde, cela donne des anomalies de plus de 6°C", précise le scientifique, évoquant une eau à 24,5°C entre les littoraux de Charente-Maritime et des Landes. "Ce sont des températures que, normalement, on n'atteint même pas à la fin du mois d'août", souligne Thibault Guinaldo. En Méditerranée, la situation s'avère encore plus critique avec des anomalies dépassant localement les 7 degrés au large de Marseille, Toulon, Nice et dans le golfe de Gênes.

Critiques politiques et syndicales sur l'impréparation

Face à l'imminence de la deuxième vague caniculaire, les critiques s'intensifient concernant la préparation du pays. La députée écologiste de Paris Léa Balage El Mariky a dénoncé mardi lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale la politique d'Emmanuel Macron pour faire face au réchauffement climatique. "Nous ne sommes pas prêts parce que vous n'avez rien fait", a-t-elle déclaré, ajoutant que "nous ne sommes pas au bout des conséquences sanitaires et sociales de la semaine que nous venons de subir".

La cheffe des députés LFI Mathilde Panot s'est également exprimée sur le sujet, fustigeant les mesures gouvernementales : "Dix ans de macronie ont laissé notre pays dans l'inaction politique". Son groupe parlementaire compte demander la mise en place d'une commission d'enquête sur les politiques d'adaptation au réchauffement climatique. "Il faut que l'ensemble de l'impréparation soit révélée", insiste Léa Balage El Mariky.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, dénonce quant à elle "une absence complète d'anticipation par l'État et par les employeurs" face aux épisodes de canicules. "Ça fait plus d'un an qu'il est obligatoire de mettre en place des plans de prévention de la canicule dans toutes les entreprises, toutes les administrations", rappelle-t-elle sur Ici Occitanie. La syndicaliste pointe notamment la situation dans les hôpitaux où "il n'y a pas de plan canicule", citant l'exemple des repas chauds servis pendant dix jours aux résidents. Les tensions économiques liées à l'inflation compliquent la mise en œuvre de mesures d'adaptation coûteuses.

Un basculement climatique en cours

La multiplication des épisodes caniculaires précoces, leur intensité croissante et leur rapprochement temporel constituent autant de signaux d'un basculement climatique en cours. Les océans, qui absorbent 90% de la chaleur excédentaire générée par les activités humaines, montrent des signes de saturation inquiétants. Les canicules marines, déjà observées en 2022, mettent à rude épreuve les espèces marines les moins mobiles et "sont des situations qui sont amenées à se reproduire", se désole Thibault Guinaldo.

Le premier ministre Sébastien Lecornu, qui n'avait pas exclu lundi une nouvelle canicule, assure que les dispositifs mis en place pour ces chaleurs historiques ont bien "tenu". Une affirmation contestée par de nombreux acteurs de terrain qui pointent les défaillances constatées durant la première vague. Avec plus de 95 millions d'habitants européens exposés mardi à des températures supérieures à 35°C selon les calculs de l'AFP, et environ 260 millions confrontés à des maximales dépassant 30°C (soit deux Européens sur cinq), le continent dans son ensemble fait face à un défi sanitaire, économique et social sans précédent.

La France s'apprête donc à affronter son deuxième épisode caniculaire en moins de deux semaines, dans des conditions aggravées par la sécheresse persistante des sols. Les prochains jours permettront de mesurer l'ampleur exacte du phénomène et la capacité du pays à protéger ses populations les plus vulnérables face à des températures qui, désormais, ne relèvent plus de l'exceptionnel mais du récurrent.

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