GNL : TotalEnergies s’entend avec ExxonMobil sur un projet en Papouasie-Nouvelle-Guinnée

TotalEnergies a annoncé lundi le transfert du rôle d’opérateur du projet Papua LNG à ExxonMobil, accompagné d’une cession de 9,1% de sa participation. Cette réorganisation capitalistique redessine la structure actionnariale du projet tout en sécurisant l’approvisionnement de l’énergéticien français à hauteur de 1,5 million de tonnes de GNL par an.

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By Cédric Bonnefoy Published on 7 septembre 2026 12h06
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GNL : TotalEnergies s’entend avec ExxonMobil sur un projet en Papouasie-Nouvelle-Guinnée - © Economie Matin
1,5 million de tonnes de GNLCe projet doit permettre à TotalEnergies de mettre la main sur 1,5 million de tonnes de GNL.

TotalEnergies a annoncé lundi avoir transféré le rôle d'opérateur du projet Papua LNG à ExxonMobil, tout en cédant 9,1% de sa participation. Ce réaménagement, officialisé par des accords avec le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les partenaires, modifie la structure actionnariale du projet et garantit l'approvisionnement pour l'énergéticien français.

Les termes précis du réaménagement capitalistique

Le groupe français a cédé 9,1% de sa participation, permettant à ExxonMobil de renforcer sa position dans le projet gazier, qui produira 5,6 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an à partir des champs Elk et Antelope. Cette opération s'inscrit dans une logique de rationalisation financière, TotalEnergies réduisant son exposition sur un projet initialement évalué à 18 milliards de dollars, avant optimisation. Selon Boursorama, cette restructuration vise à limiter le risque opérationnel tout en conservant un accès stratégique aux volumes de GNL.

Après la transaction et l'entrée du gouvernement papou, TotalEnergies conserve 20% du projet. ExxonMobil atteint 34,1%, devenant le principal actionnaire et opérateur. Santos possède 21%, tandis que le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, via Kumul Petroleum Holdings Limited et MRDC, détient 22,5%. ENEOS Xplora complète le tour de table. Cette répartition assure un équilibre entre expertise technique, intérêt national et financement privé, le gouvernement papou obtenant une part significative pour garantir un contrôle local sur cet actif stratégique.

Pourquoi transférer l'opérateurship à ExxonMobil ?

ExxonMobil gère déjà le projet voisin PNG LNG, en activité depuis 2014. Confier Papua LNG au même opérateur crée des synergies industrielles importantes. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, explique que ce transfert "renforce la création de valeur et la compétitivité du projet" en profitant des synergies avec PNG LNG durant les phases de construction et d'exploitation. Les infrastructures partagées, les équipes communes et la logistique mutualisée réduisent les coûts. Comme le rapporte Le Revenu, cette intégration territoriale optimise l'exploitation des deux gisements géographiquement proches.

Grâce à l'optimisation du design et à la relance des appels d'offres pour les contrats d'ingénierie et de construction (EPC), plus de 4 milliards de dollars d'économies ont été générés depuis 2024. Le coût du projet Papua LNG est désormais estimé à 14 milliards de dollars, contre 18 milliards initialement. Ces économies résultent de la simplification des installations, de la standardisation des équipements et de la renégociation des contrats avec les fournisseurs. Pour TotalEnergies, réduire sa participation tout en profitant de ces économies améliore la rentabilité par euro investi. L'entreprise limite ainsi son exposition financière sur un projet dont la construction s'étend sur plusieurs années.

Impact sur la stratégie d'investissement de TotalEnergies

Avec une participation réduite à 20%, TotalEnergies s'assure néanmoins un accès à 1,5 million de tonnes de GNL par an via des accords avec le gouvernement et les partenaires, représentant environ 27% de la production annuelle du projet. Cette stratégie permet à la compagnie de transformer son exposition capitalistique en contrat d'approvisionnement, typique des compagnies pétrolières cherchant à sécuriser des volumes tout en minimisant le risque de construction. TotalEnergies pourra commercialiser ce GNL sur les marchés asiatiques, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud, où la demande est forte. Cette approche rappelle celle adoptée sur d'autres projets énergétiques, où l'optimisation du portefeuille l'emporte sur la maximisation des parts de capital.

Les partenaires doivent désormais approuver les recommandations pour les contrats EPC, étape préalable à la décision finale d'investissement (FID) attendue dans les mois à venir. La FID lancera officiellement les travaux de construction. Les accords avec le gouvernement papou incluent le budget actualisé après optimisations et précisent les modalités d'entrée de l'État. Pour les investisseurs, la FID marquera la transition d'un projet en développement à un actif en construction, phase où les risques techniques et financiers sont plus prononcés. En réduisant sa participation avant cette étape, TotalEnergies limite son exposition tout en maintenant un accès stratégique aux volumes produits, stratégie qui pourrait inspirer d'autres majors pétrolières confrontées à des arbitrages entre rentabilité et engagement capitalistique.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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