Le radar de chantier de la porte de Montreuil, installé fin août 2026 sur le périphérique parisien, a été neutralisé après de graves dysfonctionnements. Le parquet de Rennes a annulé tous les procès-verbaux, privant l’État de millions d’euros de recettes. L’association 40 millions d’automobilistes estimait le potentiel du dispositif à 274 millions d’euros par an.
Paris : le gouvernement neutralise la procédure de PV du radar de la porte de Montreuil

Installé le 24 août 2026 à la porte de Montreuil, le radar de chantier a été rapidement désactivé en raison de graves dysfonctionnements techniques. Le parquet de Rennes a annulé tous les procès-verbaux émis, entraînant des pertes financières directes et des surcoûts de correction pour les autorités. L'association 40 millions d'automobilistes estime que le dispositif aurait pu générer jusqu'à 274 millions d'euros par an en fonctionnement normal.
Une défaillance technique coûteuse pour l'État
Le radar installé sur le périphérique parisien devait assurer la sécurité d'un chantier en limitant la vitesse à 30 km/h. Cependant, dès sa mise en service, l'appareil a rencontré des problèmes majeurs. L'association 40 millions d'automobilistes a relevé 18 flashs en moins de cinq minutes, un rythme anormal pour une voie empruntée par 80 000 véhicules quotidiennement. Estelle Balit, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, a confirmé l'ampleur du problème, indiquant que le radar fonctionnait par intermittence. La préfecture de police a donc suspendu l'émission des contraventions, mais des milliers d'automobilistes avaient déjà été flashés, rendant la situation juridiquement complexe. Moins de deux semaines après sa mise en service, le dispositif a été neutralisé.
Annulation des PV : impact budgétaire majeur
Le parquet de Rennes, qui dispose d'une compétence nationale en la matière, a annulé tous les procès-verbaux émis par le radar, invoquant un impératif d'égalité entre les usagers verbalisés et ceux qui ne l'ont pas été. Les automobilistes concernés recevront un courrier d'annulation. Financièrement, le manque à gagner est considérable. Chaque amende représente 135 euros en tarif plein, et le radar aurait pu générer 752 516 euros par jour, soit 274 millions d'euros annuels si tout avait fonctionné correctement. Même avec un taux de verbalisation réduit, les pertes pour les finances publiques restent significatives, englobant les amendes déjà émises et celles attendues jusqu'à la fin des travaux, prévue en 2027.
Coûts supplémentaires : expertise et réimplantation
Outre les revenus perdus, la défaillance du radar entraîne des dépenses additionnelles. L'expertise technique mobilise des ressources pour identifier l'origine des dysfonctionnements, qu'ils soient matériels, logiciels ou liés à l'installation. La préfecture de police discute avec la ville de Paris pour trouver un nouvel emplacement, impliquant des frais de démontage, transport, réinstallation et recalibration. Ces coûts s'ajoutent aux délais administratifs et techniques avant une nouvelle mise en service. En attendant, la zone de chantier reste moins sécurisée, même si les flashs persistent pour un effet pédagogique, sans amende.
Perspectives d'avenir pour les radars de chantier
Le fiasco du radar de la porte de Montreuil pose la question de la rentabilité et de la fiabilité des équipements automatisés. Les autorités doivent renforcer les protocoles de tests pour éviter d'autres défaillances coûteuses. L'association 40 millions d'automobilistes se félicite de la décision, la considérant comme une victoire pour les droits des automobilistes. Pour les finances publiques, l'enjeu va au-delà de ce cas parisien, car chaque dysfonctionnement non détecté rapidement peut coûter des millions en annulations judiciaires et en perte de crédibilité. Les collectivités doivent équilibrer sécurité routière, acceptabilité sociale et efficacité budgétaire. Le nouvel emplacement du radar de Montreuil sera attentivement observé pour garantir sa fiabilité technique sans alourdir les coûts de déploiement.
