Train : 42% des vacanciers y renoncent à cause des prix

Le prix du train reste le principal obstacle à son utilisation pendant les vacances. Malgré une fréquentation ferroviaire qui devrait encore progresser cet été, une large partie des Français réclame des billets moins chers avant d’abandonner la voiture ou l’avion.

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By Aurélie Giraud Published on 30 juin 2026 10h34
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Le coût des billets continue de détourner une partie des vacanciers du train. - © Economie Matin
36%Part des Français prévoyant de partir en vacances cet été qui comptent voyager en train.

Le prix du train n’empêchera pas les gares de se remplir pendant l’été 2026. Parmi les Français qui déclarent prévoir de partir en vacances, 36% comptent utiliser le rail, d’après une enquête Toluna Harris Interactive réalisée pour l’Afra et révélée par BFM Business. L’attrait est encore plus marqué chez les jeunes adultes : 51% des 18-34 ans prévoient de voyager en train.

Prix du train : le premier frein aux départs en vacances

L’enquête commandée par l’Afra, association regroupant plusieurs concurrents de la SNCF, met en évidence le paradoxe du marché ferroviaire français. Le train séduit une part importante des vacanciers, mais son coût décourage encore de nombreux voyageurs potentiels.

Parmi les personnes qui écartent ce moyen de transport pour leurs vacances d’été, 42% citent des prix jugés trop élevés. Le tarif arrive ainsi nettement devant les difficultés liées au réseau : 31% des répondants évoquent l’absence de desserte jusqu’à leur destination et 27% l’absence de liaison directe, rapporte BFM Business à partir de l’étude Toluna Harris Interactive.

Cette hiérarchie confirme que l’image du train ne constitue pas son principal problème. Les Français connaissent ses avantages : possibilité de voyager sans conduire, arrivée au cœur des villes, temps de trajet utile et impact environnemental généralement plus faible que celui de la voiture individuelle ou de l’avion. Mais ces bénéfices ne suffisent pas toujours à compenser le montant affiché au moment de la réservation.

Le constat est particulièrement sensible pour les familles. Le coût d’un trajet en voiture peut être réparti entre plusieurs passagers, alors que chaque adulte et chaque enfant doit disposer de son propre billet de train. Sur un aller-retour effectué à trois ou quatre personnes, la différence peut rapidement atteindre plusieurs centaines d’euros.

Les contraintes du calendrier scolaire accentuent le phénomène. Les familles partent souvent pendant les mêmes semaines et disposent de peu de flexibilité pour éviter les vendredis, les week-ends ou les journées de grands départs. Les billets les moins chers sont alors rapidement épuisés, tandis que les tarifs disponibles augmentent avec le remplissage des trains.

Des billets moins chers convaincraient 60% des Français

La baisse des prix apparaît comme le levier le plus puissant pour attirer de nouveaux voyageurs. Selon le sondage publié par BFM Business, 60% des personnes interrogées considèrent que des tarifs moins élevés les inciteraient à utiliser davantage le train pour leurs vacances.

Le prix devance les attentes portant sur l’amélioration de la qualité de service et sur la praticité des correspondances. Le résultat suggère que la demande existe déjà, mais qu’une partie de celle-ci ne se transforme pas en réservation en raison de la facture finale.

Cette sensibilité au prix se manifeste dans un contexte de forte pression sur le budget des ménages. Le transport est l’une des premières dépenses engagées lors de la préparation des vacances, avant même l’hébergement, la restauration et les activités. Un billet trop coûteux peut donc conduire à modifier la destination, à raccourcir le séjour ou à choisir la voiture.

SNCF Voyageurs met en avant plusieurs mécanismes de réduction, notamment les cartes commerciales. « La carte Avantage offre 30% de réduction garantis » sur les TGV INOUI et les Intercités éligibles, indique l’entreprise. Les enfants de 4 à 11 ans accompagnant le titulaire peuvent bénéficier d’une réduction de 60%, dans la limite de trois enfants.

La carte ne répond cependant pas à toutes les situations. Son utilisation dépend du profil du voyageur, des conditions du trajet et, pour certaines versions, du jour de départ ou de la présence d’un aller-retour incluant un week-end. Les réductions ne font pas non plus disparaître le coût cumulé de plusieurs billets pour une famille.

Les ventes de billets pour les vacances d’été 2026 ont été ouvertes le 11 mars pour une partie des trajets réalisés à partir du 4 juillet. Cette ouverture anticipée permet de rechercher les tarifs les plus bas, mais elle avantage surtout les voyageurs capables de fixer leurs dates plusieurs mois avant leur départ.

Train : la concurrence largement soutenue par les Français

L’étude Toluna Harris Interactive aborde également l’ouverture du marché ferroviaire. Au total, 85% des Français interrogés se déclarent favorables à l’arrivée de nouveaux opérateurs.

Cette adhésion est particulièrement forte au regard de la place encore limitée des concurrents de SNCF Voyageurs. En 2025, les opérateurs alternatifs ne représentaient que 2% du marché national des services ferroviaires librement organisés, selon les données publiées par l’Autorité de régulation des transports (ART). La concurrence se développe néanmoins sur plusieurs liaisons assurées par SNCF Voyageurs, Trenitalia et Renfe.

L’Afra présente l’ouverture du marché comme un moyen d’augmenter le nombre de trains, de faire progresser la qualité et de contenir les prix. « L’arrivée de nouveaux opérateurs ferroviaires vient justement renforcer l’offre, améliorer la qualité de service avec des prix justes », affirme Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l’association, citée par BFM Business.

La concurrence demeure toutefois concentrée sur quelques axes rentables. Trenitalia circule notamment entre Paris, Lyon et Milan ainsi qu’entre Paris et Marseille. Renfe exploite pour sa part des liaisons entre la France et l’Espagne. Ces services restent moins connus que ceux de la SNCF et ne couvrent qu’une petite partie du territoire.

BFM Business indique que les trains de Trenitalia affichent un taux de remplissage moyen de 45% en France. Cette donnée montre que l’arrivée d’un nouvel opérateur ne garantit pas immédiatement une utilisation maximale de ses capacités. La fréquence des trains, les horaires, la distribution des billets et la notoriété commerciale jouent également un rôle.

L’Autorité de régulation des transports juge néanmoins que les premiers effets de l’ouverture du marché sont déjà visibles. Elle estime que celle-ci constitue un levier de développement de l’offre, alors que « la demande progresse désormais plus vite que les capacités disponibles ».

L’absence de desserte pénalise encore le train

Le prix ne constitue pas l’unique limite. Près d’un tiers des personnes qui renoncent au train, soit 31%, expliquent que leur destination n’est pas desservie. Cette difficulté concerne particulièrement les vacances organisées dans les zones rurales, les stations balnéaires éloignées des grandes gares ou les hébergements situés à plusieurs dizaines de kilomètres d’une ligne ferroviaire.

Même lorsqu’une gare existe à proximité, l’absence de trajet direct peut compliquer le voyage. Cette raison est citée par 27% des personnes qui ne prévoient pas d’utiliser le train. Une correspondance augmente le risque de retard, rend le déplacement plus difficile avec des enfants ou des bagages et peut prolonger fortement la durée totale du trajet.

Le coût réel du déplacement ne s’arrête alors plus au billet ferroviaire. Il faut parfois ajouter un autocar, un taxi ou une voiture de location pour parcourir les derniers kilomètres. Dans ces conditions, partir directement avec son véhicule personnel peut paraître plus simple et moins cher.

La fréquentation du rail continue pourtant de progresser. L’Autorité de régulation des transports constatait, le 24 juin 2026, que les transports collectifs avaient atteint un niveau de fréquentation inédit en France, principalement grâce à la dynamique ferroviaire. Le régulateur appelle désormais à développer l’offre pour répondre à cette demande croissante.

Ce que révèle l’enquête

  • 36% des Français prévoyant de partir en vacances voyageront en train.
  • Cette proportion atteint 51% chez les 18-34 ans.
  • 42% de ceux qui écartent le train jugent les prix trop élevés.
  • 31% citent l’absence de desserte et 27% l’absence de liaison directe.
  • 60% prendraient davantage le train si les tarifs étaient plus bas.
  • 85% sont favorables à l’arrivée de nouveaux opérateurs ferroviaires.

Méthodologie : enquête Toluna Harris Interactive réalisée en ligne les 22 et 23 juin 2026 auprès de 1.045 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas et un redressement portant sur le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, la région et la taille de l’agglomération.

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Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

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