Les Français rognent sur leurs vacances. Ils optent pour moins cher, moins loin, moins longtemps. On présente cela comme une adaptation raisonnable. C’est en réalité le symptôme d’un mal bien plus profond : un État qui prélève trop, qui redistribue mal, et qui appauvrit méthodiquement ceux qu’il prétend protéger.
Vacances : le pouvoir d’achat, victime silencieuse de l’État obèse

Le Français travaille pour l'État avant de travailler pour lui-même
Voici un calcul simple que personne ne fait officiellement, mais que chaque contribuable ressent dans sa chair chaque été. Avec 58,2 % du PIB absorbé par la dépense publique, un Français "moyen" travaille jusqu'à fin juillet pour financer l'État avant de commencer à travailler pour lui. Ses vacances ? Il les finance avec ce qui reste.
Ce n'est pas une image. C'est une réalité arithmétique. Et cette réalité se traduit concrètement : pouvoir d'achat qui s'érode, arbitrages douloureux, camping à la place de la location, road-trip en France à la place du vol vers le sud. On appelle ça de la "résilience". On devrait appeler ça ce que c'est : un appauvrissement organisé.
Nos voisins allemands partent deux semaines en Croatie quand le Français hésite à quitter sa région. Pas parce que l'Allemand travaille plus. Mais parce que l'État allemand lui prend 13 points de PIB de moins. Treize points. C'est colossal. C'est la différence entre des vacances et des restrictions.
Taxer le tourisme, c'est taxer les Français deux fois
Il y a une ironie cruelle dans la situation actuelle. Non seulement l'État prélève massivement sur les revenus du travail, mais il s'acharne ensuite sur ce que les Français font de ce qu'il leur reste. Les prix du tourisme flambent ? En partie à cause des charges qui pèsent sur les hôteliers, les restaurateurs, les transporteurs. La TVA sur la restauration reste à 10 %. Les charges patronales du secteur figurent parmi les plus lourdes d'Europe.
Résultat : une nuit d'hôtel en France coûte en moyenne 30 % de plus qu'en Espagne pour une prestation équivalente. Un repas au restaurant ? La comparaison avec le Portugal ou l'Italie est édifiante. On taxe le producteur, qui répercute sur le consommateur, qui se retrouve à arbitrer entre manger dehors et faire le plein d'essence. La boucle est bouclée.
La Suède a compris depuis longtemps que la compétitivité du secteur touristique passait par un allègement des charges. La France, elle, invente chaque année une nouvelle taxe de séjour, un nouveau prélèvement sur les plateformes, une nouvelle contrainte normative pour les meublés.
Le vrai luxe en France, c'est de s'en sortir
Force est de constater une évidence que les chiffres confirment : la France est le pays développé où l'effort fiscal est le plus intense, et paradoxalement l'un de ceux où le sentiment de déclassement progresse le plus vite. Ce n'est pas un hasard. C'est la conséquence directe d'une dépense publique incontrôlée, non évaluée, sanctuarisée par des corporatismes que nul gouvernement n'ose affronter.
Les Français ne demandent pas la lune. Ils demandent à pouvoir partir en vacances sans calculer si le budget tiendra jusqu'au retour. Cette aspiration légitime ne se satisfera pas de discours. Elle exige des actes : réduire la dépense, alléger les prélèvements, redonner aux Français ce qui leur appartient.
Le 7 juillet approche. Les annonces budgétaires aussi. On verra si le courage politique est au rendez-vous — ou si les Français devront encore, l'été prochain, choisir entre partir et joindre les deux bouts.
