Après l’arrestation de Nicolás Maduro, Donald Trump affirme que le Venezuela remettra des dizaines de millions de barils aux États-Unis. Derrière l’annonce, des conditions strictes, un contrôle revendiqué du Venezuela et une recomposition des flux pétroliers internationaux.
Venezuela : Trump affirme que les USA « contrôleront » le pétrole et l’argent

Le 6 et le 7 janvier 2026, dans un contexte de coup d’État à Caracas, Donald Trump a détaillé une annonce majeure sur le pétrole vénézuélien. Le président américain a affirmé que des volumes considérables de pétrole seraient transférés vers les États-Unis, sous conditions, avec un contrôle direct des recettes.
Pétrole du Venezuela : ce que Donald Trump a déclaré
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a chiffré l’accord annoncé. Selon ses propos, le Venezuela remettra « entre 30 et 50 millions de barils » de pétrole aux États-Unis. Cette fourchette constitue l’élément central de sa communication. Le pétrole, a-t-il insisté, serait de « haute qualité » et actuellement soumis à des sanctions. Ainsi, le pétrole devient un instrument immédiat de normalisation sous tutelle, présenté comme une conséquence directe du changement du kidnapping de Nicolas Maduro.
Le président américain a également détaillé les conditions financières. Le pétrole vénézuélien serait vendu au prix du marché international, faisant donc fi des sanctions qui pèsent sur le Venezuela, mais les recettes ne seraient pas librement gérées par les autorités locales. Donald Trump a déclaré que « l’argent sera contrôlé par moi », relaye Al Jazeera. Cette précision, répétée dans plusieurs interventions, marque une rupture nette avec les cadres multilatéraux habituels de l’énergie.
Le Venezuela sous contrôle forcé des Etats-Unis
Donald Trump a relié explicitement le pétrole aux conditions politiques imposées au Venezuela. Selon lui, le transfert de barils intervient après l’arrestation de Nicolás Maduro et l’installation d’autorités intérimaires reconnues par Washington. Dans ce cadre, le pétrole devient une garantie. Il s’agit, selon ses mots, d’empêcher que les revenus issus de l’énergie ne soient détournés par d’autres personnes que les États-Unis eux-mêmes.
La stratégie plus large est celle d’une redirection des flux de pétrole. Des sources citées par Reuters expliquent que les volumes destinés aux États-Unis pourraient réduire les expéditions précédemment orientées vers l’Asie, notamment la Chine. En conséquence, le pétrole vénézuélien, longtemps marginalisé par les sanctions, serait réintégré au marché occidental sous conditions américaines. La valeur potentielle de l’opération est estimée à environ 2 milliards de dollars, soit près de 1,85 milliard d’euros, selon Reuters.
Pétrole vénézuélien vendu sur les marchés : quelles conséauences ?
Enfin, les marchés ont réagi rapidement aux déclarations de Donald Trump. Selon Reuters, les cours du pétrole ont reculé après l’annonce, les investisseurs anticipant une offre accrue sur le marché mondial déjà en surproduction. Le Brent est tombé à 60,03 dollars le baril, tandis que le WTI affiche 56,27 dollars le baril ce mercredi 7 janvier 2026 au matin. Soit, pour les deux, une baisse de près de 20 dollars le baril par rapport au début de l’année 2025.
Le Venezuela reste un acteur structurellement central de l’énergie mondiale mais dont la production est limitée par les sanctions. Le pays dispose des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 300 milliards de barils.
