VirtualBrowser franchit une étape financière et stratégique. L’éditeur français annonce une levée de fonds de 6 millions d’euros pour accélérer en Europe sur un terrain devenu critique : la sécurité de la navigation web. À mesure que le navigateur concentre les usages professionnels, il devient aussi un point d’entrée privilégié pour les attaques contre les entreprises, les administrations et les environnements sensibles.
VirtualBrowser vise l’Europe avec sa navigation web sécurisée

Le 13 mai 2026, à Paris, VirtualBrowser a annoncé une levée de fonds de 6 millions d’euros. Selon le communiqué de presse de l’entreprise, l’opération a été réalisée essentiellement auprès de quatre investisseurs : Go Capital, BNP Paribas Développement, Auriga Cyber Ventures et BPI France. Les salariés ont également participé à cette opération, présentée par l’éditeur comme un signe d’engagement et de confiance interne.
VirtualBrowser se présente comme un éditeur français spécialisé dans la sécurisation de la navigation web. Sa solution repose sur une technologie de rupture protocolaire et sur l’isolation des sessions de navigation dans un environnement distant sécurisé. L’objectif affiché est clair : réduire l’exposition des postes utilisateurs aux menaces sans ajouter de contraintes opérationnelles aux collaborateurs.
VirtualBrowser place la sécurité de la navigation web au cœur des usages critiques
Dans son communiqué, VirtualBrowser décrit un marché sous pression. Le navigateur web y est présenté comme le premier vecteur d’entrée des cyberattaques, représentant environ 80 % des incidents recensés en 2024, selon les chiffres communiqués par l’entreprise. Ce constat éclaire l’intérêt stratégique du sujet. Le navigateur n’est plus seulement un outil d’accès à l’information. Il est devenu une interface permanente entre les systèmes internes et l’extérieur.
Pour les organisations publiques et privées, cette évolution pose un dilemme très concret. Il faut maintenir l’accès au web, indispensable au travail quotidien, tout en limitant les risques liés aux contenus malveillants, aux sites compromis et aux attaques visant directement les utilisateurs. C’est précisément sur cette ligne de crête que VirtualBrowser entend se positionner.
L’entreprise affirme répondre à ce risque par l’isolation complète des sessions de navigation dans un environnement distant sécurisé. Selon le communiqué, cette architecture permet de neutraliser les menaces à la source, sans imposer de contraintes supplémentaires aux utilisateurs. La promesse est importante, car la cybersécurité se heurte souvent à un arbitrage difficile : renforcer les protections peut ralentir les métiers, tandis qu’assouplir les règles peut exposer l’organisation.
Cette tension est particulièrement sensible dans les secteurs à forte criticité. Le communiqué indique que la plateforme est déployée auprès de plus de 150 000 utilisateurs dans plus de 100 organisations. VirtualBrowser cite notamment Thales, Naval Group, ArianeGroup, Dassault Aviation, Bouygues Telecom, le Conseil de l’Union européenne, la CNIL et le Cabinet du Premier ministre parmi ses références. Ces noms traduisent un positionnement tourné vers des environnements où la continuité d’activité, la confidentialité et la maîtrise des accès numériques sont des enjeux structurants.
Navigation web et sécurité : une certification présentée comme un levier de confiance
VirtualBrowser met aussi en avant sa certification CSPN, Certification de Sécurité de Premier Niveau, délivrée par l’ANSSI. Le communiqué présente l’entreprise comme la première et unique solution de sécurisation de la navigation web à avoir obtenu cette certification. L’éditeur précise que cette reconnaissance institutionnelle est issue d’un audit indépendant conduit par un laboratoire agréé.
Cette information compte dans le secteur cyber. Une certification ne remplace pas un déploiement réussi ni une analyse de risque interne, mais elle peut peser dans les décisions d’achat des organisations régulées. Dans son communiqué, VirtualBrowser indique que cette certification atteste de la robustesse de la solution, de l’efficacité de ses mécanismes de protection et de sa résistance face à des scénarios d’attaques réelles.
Le document relie directement cette reconnaissance à la souveraineté numérique et à la conformité réglementaire. Ces deux notions sont devenues centrales pour les opérateurs d’importance vitale, les administrations et les organisations régulées. Elles le sont encore davantage lorsque les solutions de cybersécurité touchent à des usages massifs, quotidiens et transversaux comme la navigation web.
Le profil du dirigeant est également mis en avant. Édouard de Rémur est présenté dans le communiqué comme un entrepreneur disposant de vingt ans d’expérience dans la construction d’éditeurs de logiciels français à fort enjeu pour l’économie numérique. Le document insiste sur sa connaissance des organisations exigeantes et sur une conviction : la cybersécurité ne doit pas se faire au détriment de l’utilisateur.
Cette idée est reprise dans sa déclaration, citée ici intégralement depuis le communiqué : « Le navigateur est devenu la première porte d’entrée des cyberattaques, alors même qu’il est au cœur du travail quotidien. Chez VirtualBrowser, notre conviction est simple : la sécurité ne doit plus être une contrainte. Nous avons développé une technologie capable de protéger les environnements les plus sensibles, tout en garantissant conformité et liberté d’usage. « Notre ambition est claire : promouvoir un nouveau standard de cybersécurité à l’échelle européenne », a déclaré Édouard de Rémur, CEO de VirtualBrowser, dans le communiqué du 13 mai 2026.
VirtualBrowser veut accélérer en Europe sur la navigation web sécurisée
La levée de fonds de 6 millions d’euros doit servir quatre priorités stratégiques, selon le communiqué. La première concerne le renforcement des équipes R&D, avec l’objectif d’accélérer l’innovation autour de la solution. La deuxième porte sur le déploiement commercial en Europe. VirtualBrowser indique cibler en priorité trois marchés où sa solution aurait déjà été déployée auprès de références significatives : l’Allemagne, la Belgique et la Suisse.
Cette orientation européenne est cohérente avec le positionnement revendiqué par l’entreprise. La sécurité de la navigation web ne relève pas uniquement d’un besoin technique. Elle s’inscrit dans un marché où les grands comptes, les administrations et les organisations régulées recherchent des solutions compatibles avec leurs exigences de souveraineté, de conformité et de contrôle opérationnel.
Les deux autres priorités concernent la structuration d’écosystèmes de partenaires. VirtualBrowser veut d’abord travailler avec des éditeurs souhaitant enrichir leur offre de services en intégrant ses technologies de rupture protocolaire web. L’entreprise souhaite ensuite développer un réseau d’intégrateurs et de MSSP afin d’accélérer son développement commercial en Europe auprès des ETI et des grands comptes.
Les investisseurs mettent en avant ce potentiel. Anne Toupe, directrice d’investissement chez Go Capital, déclare dans le communiqué : « Nous avons été convaincus par la combinaison d’un dirigeant expérimenté, d’une technologie de rupture et d’une traction commerciale déjà significative. VirtualBrowser se positionne sur un segment encore émergent mais appelé à croître rapidement, avec un modèle scalable et un potentiel international important. Nous sommes heureux d’accompagner la société dans son ambition de devenir un acteur de référence de la cybersécurité en Europe ».
Cette citation souligne l’un des enjeux économiques de l’opération. VirtualBrowser ne cherche pas seulement à financer une étape de croissance. L’entreprise veut s’installer sur un segment présenté comme émergent, mais potentiellement structurant. Si la navigation web est effectivement devenue une zone critique de l’exposition cyber, alors sa sécurisation peut devenir une brique standard des architectures de défense numérique.
Sécurité, souveraineté et partenaires : les conséquences économiques possibles
La présence de Go Capital, BNP Paribas Développement, Auriga Cyber Ventures et BPI France donne à l’opération une dimension industrielle. Go Capital est présenté dans le communiqué comme une société de gestion agréée par l’AMF, intégrée depuis juillet 2025 au groupe Magellim, lequel représente près de 5 milliards d’euros d’encours. Go Capital indique gérer près de 400 millions d’euros à travers différents fonds.
BNP Paribas Développement est décrit comme une filiale autonome du groupe BNP Paribas, active depuis plus de 38 ans dans l’investissement direct en fonds propres auprès de PME et d’ETI. Le communiqué précise que cette structure dispose d’un portefeuille de plus de 600 participations diversifiées. Auriga Cyber Ventures, de son côté, est présenté comme un fonds lancé en 2022, dédié aux startups européennes de cybersécurité, avec un réseau de plus de 100 opérateurs cyber et 26 startups financées à ce jour.
Ces données ne disent pas à elles seules quelle sera la trajectoire de VirtualBrowser. Elles montrent toutefois que l’entreprise s’entoure d’investisseurs habitués aux enjeux technologiques, industriels et cyber. Dans un secteur où la confiance, la durée de déploiement et l’accès aux grands comptes sont déterminants, cet accompagnement peut peser autant que le montant levé.
William Lecat, partner chez Auriga Cyber Ventures, formule l’enjeu en ces termes dans le communiqué : « Nous avons la conviction que le navigateur est devenu l’un des points névralgiques de la cybersécurité moderne, et que sa sécurisation doit désormais se faire sans compromis sur l’expérience utilisateur. VirtualBrowser apporte une réponse particulièrement forte à cet enjeu grâce à une technologie d’isolation complète, fluide et sans agent, combinée à une vraie flexibilité de déploiement entre SaaS, on-premise et cloud souverain. Notre conviction a été encore plus renforcée par la qualité du porteur de projet, un entrepreneur très expérimenté que nous connaissons de longue date, rendant notre engagement à ses côtés particulièrement naturel. »
BNP Paribas Développement insiste de son côté sur la maturité de la solution et la diversité des usages. Thomas Bourlot, directeur d’investissement Venture au sein de BNP Paribas Développement, déclare dans le communiqué : « Chez BNP Paribas Développement, nous avons été impressionnés par la maturité technologique de la solution développée par VirtualBrowser et la diversité des cas d’usages déployables chez ses clients. Nous avons une grande confiance en l’équipe conduite par Edouard de Remur qui a l’expérience requise pour porter au plus haut niveau cette société. »
L’effet économique attendu repose donc sur une double promesse : protéger davantage sans ralentir les usages, et transformer une technologie française en standard européen. Pour les entreprises sensibles, cette équation est décisive. Une solution de sécurité qui bloque trop finit souvent par être contournée. Une solution trop permissive laisse entrer le risque. VirtualBrowser affirme vouloir dépasser cette opposition en déportant la navigation dans un environnement isolé, tout en conservant la fluidité de l’expérience utilisateur.
À ce stade, les seules données vérifiées disponibles dans le document permettent d’établir trois faits principaux : VirtualBrowser a annoncé une levée de fonds de 6 millions d’euros le 13 mai 2026 ; l’entreprise revendique plus de 150 000 utilisateurs dans plus de 100 organisations ; elle veut utiliser cette opération pour renforcer sa R&D, accélérer son expansion européenne et structurer des partenariats technologiques et commerciaux autour de la sécurité de la navigation web.