À quelques jours du vote de confiance décisif à l’Assemblée nationale, Christine Lagarde alerte sur les répercussions que l’instabilité politique française pourrait avoir sur la confiance des marchés. Pour la présidente de la BCE, la crédibilité budgétaire et la stabilité institutionnelle de la France sont désormais scrutées de près.
Confiance : la BCE redoute l’effet du vote de Bayrou sur les marchés

Le 1er septembre 2025, Christine Lagarde a multiplié les avertissements sur l’impact potentiel du scrutin du 8 septembre 2025. Alors que François Bayrou affronte un vote de confiance à l’Assemblée nationale, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a rappelé que la confiance politique et la confiance économique sont intimement liées. Les marchés financiers, déjà ébranlés, redoutent qu’une défaite du gouvernement français ne fragilise encore davantage la zone euro.
Une confiance politique fragilisée à l’Assemblée
Le vote de confiance du 8 septembre constitue une épreuve cruciale pour François Bayrou. Plusieurs partis d’opposition ont annoncé leur intention de voter contre le gouvernement, ce qui fait planer la menace d’une chute de l’exécutif. Dans ce contexte, le Premier ministre a lancé une série de consultations dès le 1er septembre pour tenter de rallier des soutiens de dernière minute, explique TF1 Info.
Christine Lagarde, à la tête de la BCE interrogée ce 1er septembre 2025 sur Radio Classique, s’est gardée de commenter la politique intérieure française, mais elle a rappelé une règle générale : « Tous les risques de chute de gouvernement dans tous les pays de la zone euro sont préoccupants ». Pour la BCE, chaque crise institutionnelle mine la stabilité de l’ensemble de la zone euro.
La confiance des marchés, véritable enjeu pour la BCE
Si le vote du 8 septembre se joue sur le terrain politique, c’est bien sur les marchés que ses conséquences se mesurent déjà. Comme l’a souligné Christine Lagarde, « les développements politiques [...] ont un impact évident sur l’économie, sur l’appréciation par les marchés financiers des risques-pays ». Les chiffres récents confirment cette inquiétude.
Depuis la mi-août, le spread entre les obligations françaises (OAT) et allemandes (Bund) s’est creusé : 65 points de base le 15 août, 77 pb le 28 août, avec un pic à 80 pb le 27 août, son plus haut niveau depuis avril selon MarketWatch. Pour les investisseurs, cet écart traduit une confiance amoindrie dans la dette française. Le CAC 40 a lui aussi reflété cette défiance : en recul de 3,1 % sur la semaine close le 29 août selon Reuters, il a péniblement repris 0,29 % ce 1er septembre à 7.735,67 points.
Une équation budgétaire sous tension
Au-delà du calendrier parlementaire, le cœur de la défiance des marchés réside dans la trajectoire budgétaire. La France affiche un déficit public de 5,8 % du PIB l’an dernier, alors même que le plan actuellement débattu prévoit 44 milliards d’euros de hausses d’impôts et de coupes de dépenses.
Pour Christine Lagarde, l’enjeu dépasse néanmoins largement la France. Dans son entretien exclusif à Radio Classique, elle a évoqué « un risque préoccupant » si le gouvernement Bayrou venait à tomber. Derrière cette formule se dessine la crainte d’un effet domino : une crise politique nationale pourrait miner la confiance dans l’ensemble de la zone euro et forcer la BCE à intervenir plus directement.
