Comment bien acheter de l'or et ne pas se faire avoir ?

34400 EUROS
Le lingot d'or de 1 kilo valait 34 400 euros le 15 mars 2018.

Vous êtes toujours aussi nombreux à vous poser la question, et à me la poser, et il n’y a toujours pas de bonne réponse parce qu’acheter de l’or, c’est forcément « compliqué » et plus ou moins risqué en fonction de la manière dont vous vous y prenez.

Il n’y a pas de cours officiel des pièces !

Autrefois, la Bourse de Paris cotait le « napoléon » par exemple, mais c’est terminé depuis bien longtemps. Si souvent les cours donnés font référence aux cours communiqués par la société CPoR, cela n’est en aucun cas « officiel », mais bien une référence parmi tant d’autres cours.
Aujourd’hui, vous avez autant de cours de l’or que vous avez de commerçants vendant de l’or.

Les prix sont donc par nature hétérogènes. Comme le marché n’est plus organisé officiellement, il n’y a de prix “officiels” pour vos pièces d’or. Il y a bien le cours de Londres pour l’once d’or, mais entre l’once d’or à Londres et le napoléon à Toulouse, il y a parfois un écart très important.

L’absence de cours officiel conduit par essence à un marché opaque aussi bien au moment de l’achat… que de la revente.

Une seule règle : mettez en concurrence, renseignez-vous, discutez, cherchez à comprendre.

N’oubliez pas que dans une opération sur l’or, vous avez l’achat… et la vente ! Faire un bon achat ne vous assure pas les conditions d’une bonne vente. Si vous achetez sur la plate-forme « MonOràMoiQueJai », plate-forme Internet imaginaire et fictive bien entendu, et que vous ne pouvez pas vous faire livrer, alors vous êtes « prisonnier » de leurs tarifs de rachat… Une position très inconfortable.

Souvent vous achetez bien sur monoramoiquejai.com, mais vous revendez nettement moins bien…

Les grandes zones de risque ?

Mais ce n’est pas tout… Quand on veux acheter de l’or, il faut payer l’or qui sera souvent livré plus tard, et de manière générale mis en conservation via des tiers car peu nombreux sont les épargnants voulant leur tas d’or chez eux par peur des attaques, cambriolages et saucissonnages divers et « avariés ».

Quelles sont donc les plus grandes zones de risques ?

1/ L’envoi d’argent.
2/ La conservation de vos soldes positifs.
3/ Le stockage de votre or…

Pas simple donc d’envoyer de l’argent comme ça, juste en faisant confiance. La demande que je trouve la plus sympathique, c’est lorsque certains lecteurs me disent je vais demander à rencontrer M. Machin ou Bidule de telle ou telle société pour savoir si je peux lui faire confiance. Je souris avec bienveillance à chaque fois et je fais la même réponse : ceux qui ont perdu le plus d’argent sont ceux qui ont eu la chance de rencontrer Bernard… Madoff, car « ils lui faisaient confiance », ils avaient eu l’immense privilège de rencontrer le « grand homme » qui fut finalement un « grand escroc »…

Rencontrer ne peut pas rassurer et ne doit pas rassurer. Il faut avoir une réponse spécifique et bien précise à chacune des zones de risque.

L’envoi d’argent donc, sachez qu’une fois envoyé, votre argent n’est plus à vous, il est au commerçant qui l’a reçu, tout le reste n’est que de la littérature. Petite mention particulière pour ceux qui pensent « pas grave je ferai un procès »… Le procès c’est que vous avez déjà perdu votre argent !!! Trop tard donc.
Il y a bien les comptes séquestres proposés par quelques officines, et c’est une excellente réponse mais qui, hélas, coûte cher et donc reste trop peu utilisée. Le compte séquestre, c’est simple : vos fonds sont consignés à votre nom dans une banque jusqu’à ce que votre or vous soit livré…

Après, une fois livré, se pose la question de l’endroit de la livraison ! Chez vous ? Ou chez un prestataire ?

Votre or chez le prestataire, c’est comme votre argent chez le commerçant… C’est l’autre qui a votre grisbi… pas vous ! Se pose alors la question de qui a la clef du coffre, qui ouvre, qui ferme, qui peut partir avec ou pas, qui assure l’or, pour combien. Êtes-vous sûr ? Vraiment ? Vous avez vu le contrat d’assurance… et là les réponses ne sont que très rarement véritablement claires.

Le marché de l’or est opaque…

Enfin, souvent, la fausse bonne idée des épargnants consiste à dire je laisse un solde important chez mon vendeur d’or pour pouvoir acheter à n’importe quel moment… Belle idée, mais de vous à moi, qu’est-ce qui arrive à votre argent ?
Ce n’est pas un compte bancaire, vos fonds vont se perdre dans un compte bancaire commun. La seule solution : n’alimentez jamais vos comptes plus que nécessaire, et achetez systématiquement le montant crédité.
Les épargnants ont peur des banques… alors ils mettent leur argent sur les comptes bancaires des vendeurs d’or… qui au mieux mettent ces mêmes fonds sur un compte en banque pas forcément plus sécurisé, et dans le pire des cas, ces sommes pourraient potentiellement être utilisées à d’autre fins.

Comment faire alors ?

Partez du principe que la confiance n’exclut pas… le contrôle !!! Achetez progressivement, passez par des comptes séquestres pour les montants significatifs, multipliez les fournisseurs, privilégiez la conservation avec vous…

N’oubliez pas : tous les marchés que l’AMF nomme de « biens divers » ne sont pas régulés, ils sont par nature risqués, ce sont des nouveaux far west… Ne l’oubliez jamais.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.