Des dirigeants d'entreprises britanniques veulent sauver l'Eurostar

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Eurostar ne fait circuler qu'un seul aller-retour chaque jour.

L'Eurostar survivra-t-il à la crise sanitaire ? C'est la crainte de plusieurs dirigeants d'entreprises britanniques qui ont exhorté leur gouvernement à agir pour sauvegarder le train sous la Manche.

L'Eurostar, qui relie Londres à Bruxelles en passant par Paris, avait déjà subi le Brexit et de nouvelles formalités administratives pour passer d'un pays à l'autre. La crise sanitaire et économique pourrait-elle lui être fatal ? « L'entreprise Eurostar est en situation critique, je dirais même très critique », s'est alarmé Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, le 15 janvier dernier. Il y a de quoi : L'Eurostar n'accomplit plus qu'un seul aller-retour par jour, au lieu des deux trains à l'heure durant les périodes d'affluence… Mais c'était avant que n'explose l'épidémie. L'an dernier, l'Eurostar a perdu 85% de ses passagers. Et le train sous la Manche est aujourd'hui « sous perfusion », selon le dirigeant de la SNCF qui détient 55% du capital de l'entreprise Eurostar.

Craintes sur l'activité

C'est dans ce contexte que London First, un groupe d'entreprises influentes, a écrit au ministre des Finances britanniques Rishi Sunak. Il exhorte le gouvernement à « une action rapide pour sauvegarder l'avenir » d'Eurostar. Les campagnes de vaccination, d'un côté comme de l'autre de la Manche, finiront bien par porter leurs fruits et l'activité devrait revenir à un niveau normal dans les prochains mois. La période qui s'ouvre s'annonce extrêmement délicate pour l'avenir de l'entreprise et les détenteurs du capital d'Eurostar pourraient demander l'aide publique. Outre la SNCF, l'entreprise est détenue par le consortium Patina Rail (40 %), la Caisse de dépôt et placement du Québec (30 %), le fonds britannique Hermes Infrastructure (10 %) et la SNCB belge (5 %).

Restriction des déplacements

Les nouvelles mesures de restriction des déplacements décidées en France ne font rien pour arranger la situation. Les voyageurs provenant du Royaume-Unie doivent avoir passé un test de dépistage (négatif), puis suivre une quarantaine de sept jours, et enfin passer un nouveau test. L'apparition d'un variant anglais du coronavirus, très virulent, impose également des restrictions. À court terme, l'activité de l'Eurostar devrait donc rester largement en-deçà de son niveau d'avant la crise.


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