La BCE va-t-elle devenir une Banque centrale comme les autres ?

Avec un taux d'inflation de 0,7 %, l'inflation en zone euro est à son
plus bas niveau depuis sa création.

La BCE assouplit son discours. Après Coup de foudre à Nothing Hill, voici Coup de théâtre à Francfort. Bon je vous l'accorde, le titre est moins glamour. Mais ce qui se joue là est passionnant.

Cela fait en effet six mois qu'un certain nombre d'experts presse Mario Draghi, le président de la BCE, à agir contre un potentiel risque de déflation en Europe. A titre d'illustration, la directrice du FMI Christine Lagarde a récemment estimé que la probabilité de la matérialisation du risque était comprise entre 15 % et 20 %. Pourtant jusque-là, Mario Draghi a maintenu en état sa politique monétaire, affirmant que le risque de déflation était sous contrôle.

Mais il est toutefois impossible d'ignorer les derniers chiffres publiés par Eurostat ; à 0,7 %, l'inflation en zone euro est à son plus bas depuis sa création. Et à force de parler de déflation, les prix pourraient en effet finir par baisser donnant à la prophétie un caractère auto-réalisateur.

Aussi, à la surprise générale, plusieurs responsables de la BCE ont indiqué hier que l'institution allait agir pour annihiler le risque. Jens Weidmann, président de la Bundesbank et réputé pour son orthodoxie monétaire, a même déclaré qu'un « programme d'assouplissement quantitatif » pourrait être à l'étude.

La BCE peut-elle alors inonder le marché de liquidités à l'instar de ce qui se fait aux USA, au Japon et au Royaume-Uni ? Encore trop tôt pour le dire. Une chose est certaine cependant, le discours de Mario Draghi évolue. En visite à Paris hier, il n'a pas nié le risque de déflation et a insisté sur l'importance de la stabilité des prix. La prochaine réunion de la BCE devrait s'avérer palpitante et riche en surprises.


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