Eolien : la caisse est vide, l'essence paie le vent en 2019

7 MILLIARDS €
L'automobiliste devrait financer encore 7 milliards en plus par an
pour les éoliennes en 2019 sur la TICPE.

OPINION

Dès 2019, le vent ne sera plus gratuit : c’est l'automobiliste qui va payer le trou du trou des éoliennes...  car il y a un trou dans le trou ! Et il pèse 7 milliards... par an ! Un trou pareil, ça finit par se voir très vite, même si on le cache.

Il est vraiment temps de crier stop. On dirait en plus que le gouvernement ne lit pas les rapports de la Cour des Comptes, qui n’a pas pourtant pas spécialement le style gilets jaunes … ! Les mesures prévues pour 2019, si la population ne se révolte pas non plus sur ce point très lourd, vont à l’inverse des solutions préconisées. Après le Crédit Lyonnais, le trou des Halles, les portiques Ecotaxe, les éoliennes entrent avec fracas au hitparade des plus grands désastres technico financiers des 40 dernières années.

Comme ça ne suffit plus, tellement le trou des éoliennes est grand, une astuce provisoire arrive « discrètement » jusqu’à ce que tout le monde s’en aperçoive comme sans doute les gilets jaunes vont le faire. Un « compte d’affectation spéciale » vient d’être mis en place en douce très discrètement et va pomper (c’est le cas de le dire) 7 milliards supplémentaires sur la fameuse TICPE sur les carburants. C’est le double de ce qui a provoqué le mouvement des Gilets Jaunes, et le Gouvernement pense qu’on ne va rien voir … à la pompe… Pas certain du tout…

La taxe éolienne serait doublée par cet artifice et toujours sans résultat. N’oublions pas la CSPE appelée aussi TICFE qui va quand même continuer à augmenter sur les factures d’électricité mais uniquement pour financer les trous creusés depuis dix ans dans un tonneau de plus en plus percé. La taxe sur l’électricité CSPE explose. Il n’est plus possible de l’augmenter et son produit va juste servir à combler les trous de l’éolien masqués depuis dix ans, pour dix ans encore… Comme la vignette auto, la fonction sociale est en train de disparaitre complètement alors qu’elle a été créée pour cela, aider les ménages démunis à payer leur facture d'énergie, et ils sont pouratnt de plus en plus nombreux ; 15 millions de Français sont dans ce cas !... Malgré ce premier trou, l’automobiliste devrait financer encore 7 milliards en plus par an pour les éoliennes en 2019 sur la TICPE. On est en pleins Shadoks...

Les récents évènements ont fait surgir l’évidence. Malgré ce coût faramineux, elles ne produisent toujours que 4 à 5 % de notre électricité, seulement un jour sur cinq dans l’année. Dans le meilleur des cas, des premiers résultats ne seraient pas attendus avant… 2035 ! Et en plus ça ne sera jamais plus d'un jour sur cinq puisque le vent a ce rythme en France. Avec la suppression de la taxe essence, mais cette augmentation qui pèse deux fois plus,  l’impasse est devenue évidente. Il est impossible de continuer à subventionner à perte une filière qui demanderait encore 30 ans avant de produire des résultats incertains.

L’éolien est mort et restera un gadget marginal qui aura engendré des profits privés colossaux avec des crédits publics.

Heureusement le bilan récent de l’expérience Energy Observer, qui est un grand succès, ou le projet Mliner, nous montrent quelles énergies renouvelables efficaces et plus rentables arrivent à temps. Elles vont atteindre des objectifs que les promoteurs actuels des énergies renouvelables ont exploités pour se remplir les poches sans vergogne, et en jouant de façon cynique avec nos espoirs pour la planète.

Désormais, pro et anti éoliens tombent d’accord, car le problème n’est pas que financier. Comme en Allemagne, nos émissions de CO2 se sont remises à progresser avec la mise en place des éoliennes parce qu’elles ont besoin de centrales relais 80 % du temps. Plus il y a d’éoliennes, plus il faut de centrales relais gaz ou charbon.

Le gouvernement a décidé de supprimer l’augmentation de la taxe climat portant sur les carburants. Cette taxe a, entre autres,  pour objet de rembourser EDF de ses achats forcés de courant produit par les opérateurs d’éoliennes et de systèmes photovoltaïques.

La Cour des Comptes a estimé que ces remboursements, financés jusqu’à présent par une taxe sur l’électricité, la CSPE, et qui devraient l’être, dorénavant, par la taxe climat, ont coûté 27 milliards d’euros jusqu'à présent avec près de 100 milliards d'engagements. La Cour des Comptes a aussi révélé que ces dépenses n’avaient pas conduit à une réduction des émissions de CO2. la surprise en mettant fin au débat pro ou anti éolien par un constat plus pragmatique : l'éolien ça ne marche pas et ça restera inefficace.

Ainsi le débat entretenu depuis dix ans se termine par un constat unanime sur l’échec de cette filière. Quelques milieux auront joué avec nos espoirs pendant dix ans pour en faire une aubaine financière dont l’essentiel des profits est parti à l’étranger, pour un résultat énergétique dérisoire et une dégradation considérable de notre balance commerciale par des importations massives au profit de nos concurrents, le tout financé par le contribuable français...


A découvrir

Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.