Le déconfinement n'est pas la fin de la crise...

55 MILLIARDS €
Durant le confinement, les Français ont économisé près de 55 milliards
d'euros selon l'OFCE.

Avec l’arrivée du déconfinement la semaine prochaine, la majorité des Français, petits et grands, piaffe d’impatience et souhaite retrouver leur liberté de mouvement.
Pourtant, derrière cette bonne nouvelle dont il faut évidemment se réjouir, ne se cache, hélas, sans doute pas la fin de la crise mais que l’une de ses étapes.

Le déconfinement à lui seul, n’est pas un marqueur de fin de crise.

Les 4 marqueurs

Dans cette crise épidémique, pandémique, nous avons 4 marqueurs de fin de crise à surveiller et à scruter.

1/ Le vaccin, celui qui marche et ne tue pas ceux qui se font injecter la mixture et protège avec efficacité.

2/ La prophylaxie ou le traitement qui avec 3 comprimés matin midi et soir règle le problème.

3/ L’immunité de groupe….

4/ La disparition du virus.

Le déconfinement ne répond pas à ces marqueurs de fin de crise parce que le déconfinement n’est pas en soi une fin de crise.

Le déconfinement, c’est une tentative de reprendre une vie plus ou moins normale, ou plus vraisemblablement moins dégradée qu’avant tout en surveillant la circulation du virus dans la population.

L’idée derrière le déconfinement c’est d’essayer de tenir le plus longtemps possible avant le prochain confinement en ralentissant au maximum l’épidémie avec:

1/ les gestes barrières.

2/ La distanciation sociale.

3/ Le port des masques.

4/ les brigades d’enquêteurs épidémiologiques qui vont tenter de remonter chaque chaîne d’infection.

Est-ce que cela va marcher ?

Oui.

Je suis persuadé que cela ralentira considérablement la circulation du virus… mais nous ne sommes pas à l’abri d’une accélération progressive, jusqu’au moment où nos capacités d’enquêtes, de test, seront saturées. Alors, à ce moment-là il faudra confiner à nouveau. C’est sur la base de ce raisonnement-là que vous entendez parler d’octobre ou novembre 2020.

Ré-ouvrir les écoles est une ânerie.

S’il est une mesure assez simple, facile et très réductrice d’échanges sociaux et préalable au confinement c’est évidemment la fermeture des écoles.

Ce n’est pas facile. Ce n’est pas drôle, ni pour les enfants ni pour les parents, mais c’est sans doute la meilleure des solutionsµ. Et cela permet dans bien des cas, de poursuivre tout de même l’activité professionnelle pour un grand nombre. Si au début du confinement il était peu raisonnable de confier les enfants aux grand-parents, après deux mois d’isolement les risques ne sont pas les mêmes. Bref, cela pourrait s’organiser. Mais c’est un autre sujet; Disons, qu’ouvrir les écoles, est la meilleure décision de Macron depuis le maintien du premier tour des élections mais je me répète.

Nous pourrions perdre la bataille du déconfinement sur ce point justement, raison pour laquelle je reviens dessus. En dehors de cette histoire d’écoles très préoccupante, nous devrions avoir quelques semaines et espérons-le quelques mois de semi-liberté conditionnelle.

Espérons bien évidemment que cela ne recommence pas, mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’éventualité d’une seconde période de confinement va de possible à très probable et mieux vaut s’y préparer.

C’est toute la thématique de la vidéo du JT du grenier de la semaine.

Le déconfinement n’est pas la fin de la crise, il est même un peu comme la fonte des neiges, annonciateur des inondations dans les vallées et les plaines… Une inondation de chômeurs et de plans de licenciements;

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous!


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.