Paris : bientôt une redevance pour les concurrents de Vélib ?

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Gobee.bike emploie à ce jour 30 salariés à Paris, un chiffre qui
devrait atteindre 150 d'ici fin 2017.

À l’issue d’une réunion avec les acteurs du vélo en libre-service et sans bornes, les décideurs municipaux parisiens annoncent leur intention d’étudier la mise en place d’une redevance pour occupation commerciale de l’espace public. Un « code de bonne conduite » devrait également être créé prochainement.

La mairie de Paris mécontente face à l’« envahissement des trottoirs »

Gobee.bike, Ofo, oBike, Indigo Weel… Les réseaux de vélos en libre-service et en « free-floating » (sans bornes) se multiplient depuis quelques mois dans les grandes villes françaises, notamment à Paris. Enthousiastes certes vis-à-vis de l’essor des mobilités durables, les pouvoirs publics s’inquiètent de la façon chaotique dont cette envolée s’opère dans la capitale française. « L’essor de la pratique du vélo dans la capitale est un enjeu essentiel pour la mobilité durable mais il ne peut se faire au détriment d’un partage de l’espace public harmonieux », fait savoir la mairie de Paris dans un communiqué. Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme, du développement économique et de l’attractivité, quant à lui, va plus loin et ne mâche pas les mots : « Nous nous devons de faire respecter un partage harmonieux de l’espace public. Un envahissement des trottoirs comme cela a pu être constaté dans d’autres villes en Europe ou en Asie n’est pas envisageable à Paris. », a-t-il déclaré au cours de la réunion avec les exploitants de vélos en « free-floating ».

Vélos en libre-service : bientôt une redevance et un « code de bonne conduite » ?

Afin de réguler le secteur, la mairie de Paris réfléchit désormais à la mise en place d’une « redevance pour occupation commerciale de l’espace public », à laquelle seraient soumis les exploitants de réseaux de vélos en « free-floating ». La municipalité envisage par ailleurs de proposer au Gouvernement que la future loi d’orientation sur les mobilités définisse un cadre juridique adapté à ce nouveau type de service.

La mairie de Paris vient par ailleurs de lancer une réflexion afin d’élaborer un « code de bonne conduite » pour les exploitants de vélos en « free-floating ». L’un de ces exploitants, Gobee.bike (dont les vélos sont disponibles depuis octobre 2017 à Paris, Lille et Reims), a saisi l’occasion pour présenter d’ores et déjà aux autorités parisiennes ses propositions pour une telle charte. La société prône une mise en conformité avec les lois et règles d’usage dans les villes : interdiction du stationnement des vélos dans des zones gênantes, interdites ou dangereuses, ainsi que des zones de stationnement (stations de bus ou tramway), des parcs et des lieux historiques. Gobee.bike propose également que l’ensemble des acteurs s’engagent à ce que les vélos non fonctionnels soient retirés de l’espace public dans un délai de 72 heures maximum, et que la maintenance soit effectuée par une équipe locale et non soumise à des contrats précaires (hors période de charge exceptionnelle limitée à 25 jours par an). L’exploitant considère enfin que l’ensemble des acteurs doivent disposer d’un plan de gestion du cycle de vie des vélos, qui va de son déploiement à son recyclage.


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