Merci aux Japonais pour leur politique coopérative

Le PIB japonais a progressé, en rythme annualisé, de 3,5?% au premier
trimestre.

On s'interroge beaucoup aujourd'hui sur les effets de la politique monétaire expansionniste actuellement en vigueur au Japon. On peut y répondre très simplement à partir des résultats des médecins chercheurs et praticiens de l'économie et notamment les travaux de Natixis :


Le premier effet est celui d'avoir eu un impact sur les marchés financiers des pays comme la France, l'Italie, les Etats-Unis et l'Espagne et plus particulièrement sur les taux d'intérêt à long terme à la baisse par conséquent. On peut espérer ainsi voir une reprise dans ces pays de la consommation et peut être une reprise des recettes d'imposition indirectes (TVA en France).

 

Mais cette politique de reprise de la consommation par le crédit sous entend toujours un problème de liquidité du coté des banques (ce n'est pas le cas au Japon par exemple) et un modèle axé sur l'endettement et la stimulation de la demande, alors que l'essentiel reste celui de l'offre pour bon nombre de pays du Sud de l'Europe. Ce qui se passe au Japon et qui joue sur la baisse des taux long ici chez nous (en dehors des Etats-Unis) n'est peut être pas une aussi bonne nouvelle que cela.


Le second effet est celui de faire baisser le Yen par rapport à l'Euro. Ceci peut évidemment fragiliser les exportations européennes. Ce n'est donc pas une bonne nouvelle pour nous, une fois de plus et cela ravive les tensions non coopératives à l'échelle du globe sur le thème de la guerre des monnaies.


Le troisième effet de la politique monétaire expansionniste japonaise est de faire progresser le marché actions au Japon, un peu aussi aux Etats-Unis mais pas en Europe encore une fois. Cela nous fait finalement trois raison de nous inquiéter. Nous sommes bien coincés en Europe.


Les réactions à tout cela sont multiples : on va vouloir de plus en plus investir sur des valeurs refuge et le prix de ces actifs va augmenter (les Treasuries, le dollar, les actions japonaises...) poussé aussi par les intermédiaires bancaires et financiers en excès de liquidité.


Une autre situation possible est de voir le prix d'autres actifs diminuer par crainte de l'instabilité financière, de l'inflation et de la guerre des changes justement, il s'agit de l'euro, des dettes périphériques de la zone euro, et des devises des émergents. Bref encore des raisons de nous inquiéter.

 

Il serait grand temps de s'interroger pour savoir s'il n'existe pas à l'échelle monde un complot organisé contre les Etats de l'Europe déficitaire. Certains commencent déjà à le dire...


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Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation, knowledge manager et Professeur à Aivancity proche des milieux de cabinets de conseil en management. Essayiste et conférencier français  spécialiste de prospective économique, son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'Altran 16 000 salariés - dont un an auprès d'Arthur D. Little...), il fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, il devient en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management et en 2020, Professeur en économie de l'innovation à Aivancity.

Diplômé en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (PhD), de Panthéon-Sorbonne Paris 1 (DEA d'économie industriel et de l'innovation) et de Grandes Ecoles de Commerce (Mastère spécialisé en ingénierie financière et métiers de la finance), il anime des conférences sur les métiers de demain dans les Universités et Grandes ecoles.

De sensibilité social-démocrate (liberté, égalité des chances first et non absolue, rééquilibrage par l'Etat in fine) c'est un adepte de la philosophie "penser par soi-même" qu'il tente d'appliquer à l'économie.