Le Portugal désormais porte-avions chinois en Europe

50 %
Les capitaux chinois représentent plus de 50 % des investissements au
Portugal.

Avec les derniers investissements leaders dans la banque et l’assurance, Fidelidade et Millenium,  l’essentiel des branches stratégiques de l’économie portugaise est sous contrôle des capitaux chinois qui représentent désormais plus de la moitié de la totalité des investissements de ce pays.

Après le ciment, l'assurance, la banque, le capital développement, l’électricité, les réseaux, l’eau, l’immobilier, et même la prise de contrôle des Açores, on se demande ce qui peut bien encore leur échapper.

Deux enseignements :

Premier enseignement : alors que le Portugal allait se précipiter dans le même gouffre que la Grèce, les premiers sinistres ont concerné des groupes et des entreprises avant la dette publique, ce qui a permis de discrètes prises de contrôle pour éponger les premières dettes. La présence de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne a sans doute aidé ce processus subtil.

Le deuxième enseignement principal reflète la faillite d’une partie du modèle économique porté par l’Europe avec les fausses énergies renouvelables subventionnées, qui a impacté ce pays de plein fouet. Le Portugal, parmi les plus petits pays, n’y a pas résisté.

Le premier trou a été créé par EDP, l’électricien portugais, pour près de 3 milliards, en raison de ses opérations massives à base de subventions, comme en France ou en Allemagne et avec la faillite simultanée de son banquier de référence, Espirito Santo. Le modèle économique portugais n’avait pas la carrure nécessaire et l’arrêt brutal des subventions n’a pas suffi à stopper l’hémorragie. Son rachat par la sulfureuse Compagnie des Trois Gorges, sur liste noire de la Banque Mondiale, montre à quel point l’alerte était chaude.

Les pays plus importants ont colmaté les fuites pour le moment. L’enseignement du Portugal nous servira t il ? ou bien sommes nous la prochaine cible ? avec déjà Marionnaud, le club Med, l’aéroport de Toulouse, Campanile, Sonia Rykiel, une vingtaine de crus de Bordeaux, etc… alors que nous subventionnons à perte nos éoliennes pour le même montant, avec pour seul résultat après 10 ans d'investissements 4% de notre électricité 1 jour sur 5 et en payant trois fois le prix ? D'un côté un porte avion, et du nôtre un Titanic et un prix de l'électricité qui laisse 10 millions de français dans la précarité, sans compter le renchérissement des coûts dans l'entreprise. L'électricité ne représente plus que 30% des factures, le reste est composé de taxes (CSPE-TURPE) dont le triplement est annoncé dans les prochaines années, à très court terme. Et le pire est que ces taxes ne servent qu'à financer quelques mirages financiers sans lendemain.

Plusieurs collectivités locales françaises mal informées et des parlementaires complaisants n’hésitaient pas récemment encore à présenter EDP comme l’un des  leaders mondiaux solides  du secteur. La branche française d’EDP vient d’être vendue à un mystérieux opérateur jusqu’ici inconnu en Europe, la banque égyptienne EFG Hermes, surtout citée par le Financial Times pour être l’instrument principal  des circuits de corruption ayant causé les soubresauts du régime égyptien avec la chute de Moubarak. Le Patron d’EDP France, pourtant encore récemment président de la fédération professionnelle nationale FEE, vient de quitter discrètement cette société pour se recaser ailleurs.

L’Espagne connait également de graves soubresauts en raison de cette hémorragie massive, qui a entrainé la ruine et la désillusion de milliers d’épargnants dans le secteur des énergies renouvelables. L’audit gouvernemental commandé par le ministre britannique de l’énergie pronostique un trou de 200 milliards, validé par un cabinet mondialement connu, KPMG. L’institut allemand IFO prononce exactement le même diagnostic. Quand arrêterons nous ce technoTitanic ?


Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.