La légalisation du cannabis

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80 000 usagers de cannabis ont recours exclusivement à l'auto-culture

Pas un mois, pas une semaine sans qu’un fait divers vienne attester de l’échec totale de la prohibition des drogues en général et du chanvre/cannabis en particulier. Règlements de compte à l’arme lourde dans les quartiers populaires ; corruption au sein même des services chargés de la lutte contre le trafic (l’OCRTIS impliquée dans une « affaire d’État » selon le quotidien Libération), sans parler de celles de certaines BAC (Brigade anti- criminalité) à Marseille, notamment ; disparition de saisies de cocaïne à la Brigade des stupéfiants de Paris (toujours pas élucidée)…

De nombreuses arrestations et plus une place dans nos prisons

À cela vient s’ajouter le harcèlement quotidien de centaines de milliers d’individus, jeunes pour la plupart, issus des quartiers populaires et des « minorités visibles » comme il se dit. 150 000 personnes sont en effets interpellées chaque année pour le seul cannabis. Nos prisons craquent de toute part, les tribunaux saturent. C'est à une véritable gabegie sociale, humaine et financière que nous assistons, provoquant défiance et mépris d'une partie de la population à l'égard des autorités.

Plus de 45 ans ont passés depuis l'adoption par une poignée de député(e)s, de la loi du 31 décembre 1970. Et si les mœurs de nos concitoyen(ne)s ont considérablement évolué, la loi, elle, s'est vue renforcée. Ainsi la contestation du dogme prohibitionniste s'est-elle vu restreinte grâce à l'article L.3421-4 du Code de la Santé Publique qui puni la « présentation sous un jour favorable l’usage des stupéfiants ». Or comment parler des drogues sans évoquer le plaisir qu’elles peuvent procurer ?

Ce dispositif légal n’a pas à notre connaissance, d’équivalent dans le Droit européen. Il constitue une très grave atteinte à la liberté d’expression. Ainsi la Brigade des stupéfiants est-elle devenue une véritable police politique chargée depuis la création du CIRC voici 25 ans, de relever et poursuivre les propos jugés « incitatifs ».

Nous en serions donc là aujourd’hui, à devoir surveiller notre langage, à se voir systématiquement écarté(e)s des débats médiatiques sous prétexte que nous serions d’indécrottables prosélytes. Le cannabis n’a pourtant pas besoin de publicité. Il se suffit à lui même. Rappelons tout de même que l’augmentation régulière de la consommation, toutes tranches d’âge et catégories socio-professionnelles confondues, se produit dans un contexte de prohibition totale. Il en va de même pour la production et le trafic.

« L’Empereur est nu ! » comme nous le répétons depuis plus d’un quart de siècle, mais cela ne suffit pas à des responsables politiques arc-boutés sur des principes, des idées reçues et en total décalage avec la vie de leurs électeur(trice)s. Au manque de courage on peut aussi ajouter le formidable potentiel démagogique que constitue la « thématique drogues » pour assoir une carrière politique. Tout et n’importe quoi peut être dit à ce sujet, pourvu que cela soit anxiogène et participe à l’entretien du fameux « sentiment d’insécurité ».

Un sujet de réflexion 

La question des drogues demande pourtant sérieux et honnêteté intellectuelle. Il serait par exemple pertinent de ne plus l’évoquer sous le prisme déformant de la santé publique et de la jeunesse. D’abord parce que l’usage problématique ne concerne « que » 10 % des usagers en général. Ensuite parce qu’on ne protège pas un tiers de « LA » jeunesse usant du cannabis en la stigmatisant et en lui attribuant le statut peu enviable de délinquant(e).

Plutôt que de perdre son temps à débattre avec des individus dépourvus en déficite d’arguments rationnels, le CIRC souhaite inviter la société civile à réfléchir à un abandon progressif mais néanmoins radical, de la prohibition du cannabis. Il semble en effet que seules des organisations non gouvernementales soient à même d’apporter des réponsess en la matière.

C’est à ces fins que notre mouvement participe à la convergence des organisations impliquées dans la santé, le Droit, les libertés individuelles avec d'autres groupes d'auto- support d'usagers. Il compte ainsi participer à des réunions publiques un peu partout en région afin de démontrer la capacité de nos concitoyen(e)s à comprendre et envisager la nécessaire réforme des lois régissant les stupéfiants avec, en ligne de mire, l'échéance électorale de la présidentielle et des législatives qui suivront en 2017.


A découvrir

CIRC

Le Collectif d'information et de recherche cannabique (surnommé CIRC) est une association loi de 1901 française fondée le 21 octobre 1991 qui a pour objet la collecte et la diffusion à but préventif de toute information relative au cannabis. Le CIRC réclame l'abrogation de l'article L.3421-4 (ex L.630) du Code de la santé publique (en action depuis 1970), le retrait du cannabis et de ses dérivés du tableau des stupéfiants et l'ouverture d'un débat sur les modalités de la sortie de la prohibition des drogues.