Loi santé : un texte qui fait honte au gouvernement

97 %
97 % des médecins estiment qu'il y a déjà trop de contraintes
administratives.

Comme nous vous en avons informé dans nos précédents articles, la loi de modernisation de la santé sera votée en catimini aujourd’hui jeudi 17 Décembre. Dans le silence des médias, dans l’indifférence des députés de l’opposition et juste avant les fêtes.


Ce que nous ne savions pas, c’est que pour une loi aussi importante le vote ne sera pas « le vote solennel » mais bien un vote « en douce » le gouvernement ne sera pas présent à l’assemblée pour ce vote afin d’éviter les questions qui se posent et qui dérangent  depuis plus d’un an. Un  courage qui montre a l’évidence que les élections régionales n’ont été d’aucune utilité pour le système. Courage fuyons et continuons comme avant !


Cette manœuvre est faite aussi pour permettre le vote à main levées, ce qui empêche toute identification des votants. Les médecins dans leurs cabinets ont affiché les noms des députés ayant voté pour la loi  début décembre. De nombreuses réactions  de député « épinglés » se sont manifestées. Ils n’ont pas apprécié d’être ainsi montrés du doigt alors que leur responsabilité c’est  de voter en toute transparence mais « ils ne veulent pas que cela se sache ». Le secret pour ne pas assumer ses décisions, pour continuer à être élu malgré tout. Les députés de droite absents  le jour du vote ont aussi été épinglés ce qui ne leur a pas plu du tout.


Nous aurons donc, pour une loi qui va détruire tout un pan de la santé en France, qui va tuer la médecine libérale,  qui va tuer le secret médical et donner la santé aux assurances privées,  un vote non assumé.  En « cachette » comme si le fait de se cacher changeait quelque chose au texte refusé par le corps médical et les patients. Les médecins dans un sursaut seront devant l’hémicycle ce matin mais sans grande conviction et avec l’interdiction de manifester. Les médecins de France ont commandé en nombre des chrysanthèmes pour envoyer a l’assemblée nationale ce matin, en signe de deuil de la santé.


Après nous verrons,  les recours contre la loi au conseil constitutionnel sont en réflexion, le combat des médecins ne fait que commencer. Tout d’abord le code de déontologie, dont le conseil national de l’ordre est le garant, ne pourra plus être appliqué. En particulier dans ses articles sur la liberté de choix des médecins par les patients, sur le secret médical et sur le paiement des consultations à l’acte avec tact et mesure. Les déconventionnement massifs sont en place et devraient prendre effet dès le début de 2016. Enfin la désobéissance à la loi se mettra en place dès que les décrets d’application seront publiés, tous les syndicats de médecins s’y sont engagés.


Les candidats de droite aux primaires sauf Nicolas Sarkozy se sont engagés à abroger cette loi s’ils étaient élus, personne ne croit en ces paroles électorales. Le silence de Sarkozy sur cette loi est sans doute la seule vérité.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.