Les salaires ont moins augmenté en France en 2019... à cause de la prime Macron

2,2 MILLIARDS €
2,2 milliards d'euros de primes Macron ont été versés en 2019.

Vous avez reçu une « prime Macron » en 2019 et vous étiez content ? Vous allez peut-être voir les choses différemment. L’Insee, dans une étude parue jeudi 2 juillet 2020, dévoile que si elle a effectivement permis d’augmenter le pouvoir d’achat… elle a eu un effet pervers sur les salaires. Et les premières à en bénéficier sont les entreprises.

Un montant d’un peu plus de 400 euros par salarié

Dans son dossier « Étude, emploi, chômage, revenus du travail », l’Insee dévoile que la prime Macron a été versée par près de 400.000 entreprises en France, un peu moins de 10% des quelque 4,4 millions d’entreprises enregistrées sur le territoire, bien qu’il ne faille pas oublier que la grande majorité d’entre elles sont des TPE, souvent unipersonnelles. Ce n’est donc pas étonnant, au final, que si 58% des entreprises de plus de 1.000 salariés ont versé une prime Macron en 2019, seulement 17% des TPE (moins de 10 salariés) ont fait de même.

Quant aux sommes, elles sont conséquentes : 2,2 milliards d’euros ont été ainsi distribués aux Français. Mais seulement 4,8 millions de salariés ont effectivement touché un bonus, soit 401 euros par salarié en moyenne, selon les données de l’Insee. Une bonne nouvelle à relativiser : ces sommes auraient pu être distribuées autrement.

Lorsqu’il y a une prime Macron, les salaires augmentent moins

L’intérêt de la prime Macron, pour les entreprises et les salariés, tient dans le fait qu’elle est défiscalisée (non imposable à l’impôt sur le revenu) et désocialisée (exonérée de charges sociales). Mais, surtout, elle est ponctuelle : le versement d’une prime Macron en 2019 n’implique pas son versement en 2020.

Or, selon l’Insee, ce détail a son importance : l’institut de statistique explique que « les salaires (hors prime exceptionnelle) ont plus faiblement progressé entre le premier trimestre 2018 et le premier trimestre 2019 dans les établissements ayant versé la prime que dans les autres »

Dans le détail, en supprimant les 2,2 milliards d’euros de primes Macron, l’Insee souligne en effet que les salaires au premier trimestre 2019 n’ont augmenté que de 1,3% sur un an, une « progression inférieure à celle des trimestres précédents ou suivants (supérieures à 1,5%) ». De quoi faire présupposer, à l’institut, un « effet d’aubaine » pour les entreprises.

Les perdants seraient les salariés eux-mêmes dont le salaire a augmenté de manière moins importante… et ce alors que, selon l’Insee « des établissements auraient sans doute versé, sous une forme différente, au moins une partie du montant de cette prime en l’absence de cette mesure ».


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