SNCF : selon l'Insee les prix explosent, selon la SNCF ils baissent

30 MILLIARDS €
Le groupe SNCF a enregistré un chiffre d'affaires de 30 milliards
d'euros en 2020.

Entre la SNCF et l’Insee, c’est le conflit : alors que le deuxième annonce une forte hausse des prix des billets de train durant le premier trimestre 2022, le transporteur nie en bloc. Selon les données qu’il apporte, les prix des trains sont en baisse. Mais qui a raison ?

L’Insee annonce une explosion des prix du train

Le 13 mai 2022, l’Insee a publié les données définitives sur l’inflation en avril 2022. Prenant en compte l’ensemble des dépenses théoriques des ménages et l’évolution des prix des produits, l’institut de statistiques annonce une hausse importante des prix des billets de train. Un paradoxe, alors que le train est moins polluant que l’avion pour un même trajet et que la France est en retard sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique.

Or, avec une hausse annoncée de 15,3% entre janvier et avril 2022 et 14,6% sur un an en avril 2022, selon BFMTV qui a analysé les données de l’institut de statistiques, le train coûte de plus en plus cher. Pour les ménages, il arrive même que l’avion soit moins cher que le train, tandis que cette hausse serait clairement une mauvaise nouvelle pour les vacances d’été à venir.

D’autant plus qu’avec l’inflation élevée, les dépenses des ménages risquent d’être réduites au minimum durant les congés estivaux, ce qui pourrait présager une saison mitigée dans le secteur touristique.

La SNCF conteste : les chiffres sont « faux »

Il n’aura pas fallu longtemps pour que la SNCF mette son grain de sel et réponde, durement, à l’Insee. Interrogé par BFMTV, le transporteur déclare tout simplement que les chiffres de l’Insee sont « faux ».

La SNCF avance des prix, au contraire, en baisse de 7% par rapport à juin 2021, notamment grâce à sa carte AvantageS qui offre des prix plafonnés et qui, selon le transporteur, aurait été écoulée à plus de 3 millions d’exemplaires.

SNCF vs Insee : qui a raison ?

Les deux entités risquent de se prendre le chou encore longtemps puisqu’elles n’ont ni tort, ni raison… ou les deux à la fois. En réalité, les chiffres avancés par l’Insee et par la SNCF sont totalement incomparables.

L’Insee, dans sa méthodologie, explique avoir lancé des requêtes automatisées pour analyser les prix affichés par la SNCF jusqu’à deux mois avant le départ afin d’analyser l’évolution des prix. De son côté, la SNCF prend en compte une période plus longue puisqu’elle analyse le prix effectivement payé par les voyageurs, et que ce sont les voyages réservés au moment de l’ouverture des réservations, soit six mois avant le départ, qui sont les moins chers.

A minima, il est possible de retenir ceci, en donnant raison à la fois à l’Insee et à la SNCF : les prix du train ont baissé pour celles et ceux qui peuvent programmer avec plus de trois mois d’avance leur départ, mais ils ont fortement augmenté pour celles et ceux ne pouvant pas le faire. Or, ce dernier cas est généralement celui de la majorité des ménages.


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