Yann Moix un détail ?

En cette rentrée, parler politique, jeunesse ou mercato foot eut été trop facile. Depuis Neymar jusqu’à De Rugy, en passant par Greta Thunberg, cette saison estivale aura été parsemée de sujets à potentiels articles.

1 homme - 2 polémiques - plusieurs dizaines de milliers de livres écoulés

Et puis il est apparu sur les radars, le sieur Moix. Le pourfendeur autoproclamé d’à peu près tout, du moment qu’il en est le héraut.

Mais voilà.... patatras: le si cinglant chroniqueur -auteur .... se prend un retour de boomerang médiatique. Car il est des gens lettrés comme des simples citoyens. Le statut de polémiste, intellectuel et autre cinéaste ne place personne au dessus de tout. Il est un fait certain, l’antisémitisme est un délit. Jeune ou pas, simple tweet ou caricatures et écrits, un citoyen français se doit de respecter la loi.

En ce qui concerne le « jeune » Yann Moix il en est de même. A l’époque point de réseau social, certes, alors il s’exprima dans une « feuille de chou ». Il déversa sa vindicte assassine via des mots qu’il maniait (malheureusement) déjà très bien. Il en était de même pour son coup de crayon.

Petit rappel historique : si le FN ne constituait pas à ce moment-là la première force politique d’opposition (fin des années 80-début 90) il n’en reste pas moins vrai que Yann Moix franchit la ligne rouge dans un moment où Jean Marie Le Pen, chef et fondateur du parti d’extrême droite, n’hésita pas à taxer l’existence des chambres à gaz de détail de la seconde guerre mondiale, ou à gloser sur le nom de Michel Durafour... Des exactions ont lieu dans le sud de la France, le PSG compte son kop Boulogne aux idées aussi rases que la taille des cheveux de ses membres. Et dans le milieu musical les groupes de rock alternatifs hurlent leur refus du racisme : Bérurier Noir en tête. C’est dans ce contexte que le « jeune » Moix s’est laissé aller à ces plus bas instincts. Ses attaques contre Bernard Henri Levy, André Glucksmann ou Anne Sinclair n’étaient-elles que des diatribes destinées à railler tout ce à quoi il aspirait? Si tant est que cela soit une explication plausible, rien ne permet d’excuser, même trente ans plus tard, de tels errements !

A cela viennent se rajouter des mensonges intermédiaires sur la « demi participation à l’élaboration de ce torchon antisémite à l’orée des années 90 !

Depuis il a évolué. Certes il a écrit de beaux ouvrages. Livres primés qui plus est. Il défend la cause inverse de celle qu’il dessinait et traitait 30 ans plus tôt. Soit.

Mais même s’il a enfin la place qu’il se rêvait d’avoir, que n’a t il pas laissé dire au sujet de jeunes « cons » aux déclarations nauséabondes qui se sont flambés via les réseaux sociaux ?

Petite aparté : je ne suis pas un partisan, loin de là, des personnes que je vais évoquer dans les lignes qui suivent....et ne fais pas pour autant parti de la « fachosphère » !

Ceci étant clairement posé, je me suis penché sur les déclarations de Christine Angot durant ONPC au sujet de Mennel (candidate exclue de The Voice) avec comme voisin et complice d’émission... Yann Moix : pas un mot.

Puis sur l’interview de Catherine Barma, productrice de ce même programme ONPC au Point m’a passionné : « Faire très attention aux personnes que nous allons mettre à l'antenne. Je ne parle pas de personnes connues, mais les gens issus de la société civile qui peuvent avoir un passé douteux ou des déclarations controversées – comme ce fut le cas pour Mehdi Meklat, qu'on a un temps envisagé d'inviter avant de s'apercevoir de ce qu'il avait dit sur Twitter. Nous avons une responsabilité incontestable. » Question: Yann Moix sera-t-il invité... lui qui phagocyte la rentrée littéraire... dans ces conditions ?

Un nouveau paria ou un nouvel excusé ?

Monsieur Moix, vous qui êtes si prompt à dégainer contre tout ou rien: des femmes de plus de 50 ans, aux policiers, en passant par votre vraie-fausse sortie contre Patrick Sebastien ou en défendant Mickael Jackson, vous rendez-vous compte qu’aucune de vos œuvres n’eut connu un tel succès si vos agissements de jeunesse avaient été découverts?

Que votre œuvre ne soit pas remise en cause, certes, mais tout de même, penser que de simples phrases d’excuses: « J’assume, j’endosse tout. On était des types complètement paumés. » ou « J’écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. » vont suffire? 

Même la pire communication de crise n’envisagerait pas un tel plan !

Quelle qu’est été la suite de votre vie, votre mensonge sur ce passé ne vous fera pas passer pour quelqu’un de bien aujourd’hui. Que votre dernier roman « Orléans » en soit à sa troisième réimpression, que vous soyez le pape de la rentrée littéraire, rien n’y fera!

Votre usurpation durant 30 ans enfin démasquée ne saurait trouver fin au travers de quelques paroles distillées entre accusations fraternelles et sans plus de fond.

La défense de votre ami Eric Naulleau aux valeurs sincères ne mettra pas un point final à cette fraude, de même que votre philosémitisme apparu depuis.

A vous de trouver la bonne voie artistique pour mettre fin à cet épisode scandaleux de votre vie. Sans quoi vous resterez le Christophe Rocancort des idées aux yeux de tous! Le statut de meilleur vendeur de livres de fin 2019 ne pouvant suffire ni à votre personne ni aux citoyens honnêtes qui attendent autre chose d’un prescripteur de pensées hebdomadaire télévisuel et et de leur auteur annuel !


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Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.