2050 : vers une hausse des émissions de carbone malgré les efforts

Partout, on promet des efforts massifs pour le climat. Mais une analyse lucide montre que la dynamique réelle pourrait bien s’éloigner de l’objectif.

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By Grégoire Hernandez Published on 28 avril 2025 11h25
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2050 : vers une hausse des émissions de carbone malgré les efforts - © Economie Matin
- 60 %Pour respecter les trajectoires du GIEC, il faudrait au contraire réduire les émissions d’au moins 60% d’ici à 2050.

À force de parler de décarbonation en Europe, aux États-Unis et en Chine, on en oublie presque le reste du monde. Pourtant, c’est là que se joue aujourd'hui le cœur du problème climatique.

Émissions : une baisse historique en Europe, mais pas suffisante

Depuis la fin des années 1970, l’Union européenne a entamé une réduction progressive de ses émissions. Selon les analyses de Rexecode, « les émissions y ont baissé d’environ 40% depuis leur pic en 1979 ». Un effort notable qui positionne l’Europe parmi les premiers moteurs de la transition écologique. Les États-Unis, eux, ont suivi avec retard : « les émissions sont en baisse de 18% depuis leur pic de 2007 ». Mais l'élan américain reste fragile, soumis à de fortes incertitudes, notamment depuis les annonces de Donald Trump concernant le secteur énergétique.
Quant à la Chine, elle présente un tableau plus contrasté. Si « le pic de ses émissions se profile », la trajectoire reste ascendante pour l’instant. Depuis le début de l'ère industrielle, ses émissions cumulées ont dépassé celles de l’Europe.

L'analyse brute des chiffres révèle un basculement radical du paysage climatique mondial. « En 1990, Europe et États-Unis représentaient près de 35% du flux mondial d’émissions annuelles ; aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 19% ». Pendant ce temps, la Chine est passée de 12% à 30%.
Le reste du monde, quant à lui, échappe à toute inflexion sérieuse. Dans les régions émergentes, les émissions poursuivent leur croissance à un rythme soutenu, annihilant les efforts entrepris ailleurs. Si rien ne change, l’objectif fixé par le GIEC de limiter le réchauffement à 1,5°C deviendra inatteignable.

Un écart qui ne cesse de se creuser

L'avenir s'annonce sombre sans un tournant radical. Selon Rexecode, « les émissions mondiales de GES pourraient encore augmenter d’environ 11% d’ici 2050 ». Or, pour respecter les trajectoires du GIEC, il faudrait au contraire réduire les émissions d’au moins 60% d’ici cette même échéance.
Il ne suffit plus de décarboner à la marge. Il faudrait inverser brutalement les tendances actuelles à l’échelle globale, avec une accélération historique de la coopération internationale et des efforts de décarbonation.

Face à cet horizon préoccupant, l’Europe et la France pourraient jouer une carte décisive. Développer et exporter une offre technologique et industrielle dédiée à l’adaptation climatique devient un impératif. Selon Rexecode, cela représente « une voie stratégique pour renforcer sa compétitivité, créer de la valeur et des emplois ».
Ce choix complémentaire aux politiques de réduction carbone permettrait à l’Europe de garder un rôle moteur dans la transformation mondiale. Mais il suppose des investissements massifs, de l'innovation et une volonté politique constante pour peser dans une course où le temps manque cruellement.

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Étudiant en école de journalisme. Journaliste chez Économie Matin de 2023 à 2025.

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