Catastrophes naturelles : 150 milliards de dégâts assurés en 2025 ?

Les sinistres liés aux catastrophes naturelles ont coûté 80 milliards de dollars aux assureurs au premier semestre 2025, selon le rapport publié le 6 août par le Swiss Re Institute. Ce chiffre, deux fois supérieur à la moyenne décennale, place ce semestre parmi les plus onéreux jamais enregistrés, avec une projection annuelle dépassant potentiellement les 150 milliards de dollars.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 7 août 2025 7h30
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Quels sont les réflexes à adopter en cas de catastrophes naturelles ? - © Economie Matin
7%Les pertes assurées liées aux catastrophes naturelles progressent à un rythme moyen de 5 à 7 % par an en termes réels

D’après Swiss Re, les pertes assurées liées aux catastrophes naturelles progressent à un rythme moyen de 5 à 7 % par an en termes réels. Cette dynamique semble se confirmer en 2025, puisque les 80 milliards de dollars enregistrés au premier semestre représentent déjà plus de la moitié des 150 milliards anticipés pour l’année. Le rapport précise par ailleurs que 60 % des pertes annuelles surviennent traditionnellement au second semestre, principalement en raison de l’activité cyclonique dans l’Atlantique.

C’est le cinquième semestre consécutif où les pertes dépassent le seuil des 50 milliards de dollars, signalant un ancrage durable de cette nouvelle normalité pour le secteur assurantiel.

Les incendies de Californie : une catastrophe inédite qui pèse lourd sur les assurances

L’événement le plus dévastateur du semestre reste l’incendie survenu en janvier 2025 dans le comté de Los Angeles, qualifié par Swiss Re de plus coûteux jamais recensé en matière de feux de forêt assurés, souligne Reuters. Avec 40 milliards de dollars de pertes, soit 50 % du total semestriel mondial, cette catastrophe entre dans le classement des dix événements naturels les plus coûteux de l’histoire assurantielle. « Cette sévérité exceptionnelle est due à une saison des vents Santa Ana prolongée et à un déficit pluviométrique », explique Swiss Re.

Plus de 16 000 structures ont été détruites, dans une zone fortement urbanisée et à forte concentration de propriétés résidentielles de haute valeur.

Les spécialistes soulignent que les feux ont eu lieu en hiver, alors que les grands incendies californiens surviennent historiquement à la fin de l’été. Selon les relevés de Sigma, 99 % des pertes liées aux incendies en Californie ont traditionnellement lieu au second semestre. Cette anomalie saisonnière aggrave l’inquiétude sur l’année à venir.

Swiss Re souligne que la part des pertes assurées imputables aux incendies de forêt est passée de 1 % en moyenne avant 2015 à 7 % aujourd’hui, avec huit des dix feux les plus destructeurs assurés ayant eu lieu depuis 2013.

Les orages violents : deuxième facteur majeur de sinistralité dans le monde

Les orages convectifs sévères (SCS), survenus principalement aux États-Unis, ont causé 31 milliards de dollars de pertes au premier semestre, selon Swiss Re. Ce chiffre, bien que inférieur à la tendance estimée de 35 milliards, reste élevé et s’inscrit dans une croissance à long terme.

Le développement des sinistres liés aux SCS s’explique par l’urbanisation des zones exposées, l’augmentation de la valeur des biens et la forte hausse des coûts de construction, qui ont progressé de 35,64 % aux États-Unis entre janvier 2020 et juin 2025.

Swiss Re ajoute : « Il n’y a aucune raison de penser que les orages violents cesseront d’être un moteur majeur des pertes assurées mondiales. »

Autres événements notables du premier semestre 2025

Parmi les autres catastrophes recensées :

  • Un séisme de magnitude 7,7 a frappé le Myanmar en mars, provoquant 1,5 milliard de dollars de pertes assurées en Thaïlande.
  • Les pertes économiques totales liées aux catastrophes naturelles s’élèvent à 135 milliards de dollars, dont 59 % couverts par l’assurance.
  • Les événements anthropiques ont généré 8 milliards de pertes économiques, dont 7 milliards assurés, un niveau stable par rapport à 2024.

Un second semestre sous haute tension sur le front des catastrophes climatiques

Les mois à venir pourraient aggraver le bilan :

  • La saison des ouragans dans l’Atlantique Nord, historiquement concentrée entre août et octobre, pourrait enregistrer jusqu’à cinq ouragans majeurs, contre une moyenne historique de trois.
  • Les températures de la mer Méditerranée sont supérieures de 3 °C à la normale, atteignant un record. Cette chaleur excessive pourrait provoquer des pluies diluviennes et des inondations dans plusieurs pays européens à l’automne.

Selon le Swiss Re Institute : « Les conditions actuelles suggèrent une intensification des événements extrêmes, tant en fréquence qu’en sévérité. » Le premier semestre 2025 confirme une transformation structurelle du risque climatique assuré. Les incendies, orages et événements géophysiques génèrent des sinistres d’une ampleur inédite, amplifiée par la vulnérabilité croissante des territoires bâtis. Les projections de plus de 150 milliards de dollars de pertes assurées pour l’année en cours pourraient établir un nouveau record mondial.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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