Le 24 août 2025, Starship devait réaliser son dixième vol test depuis Starbase au Texas. Quelques minutes avant le décollage, SpaceX a été contraint de reporter la mission à cause d’un problème lié aux systèmes au sol. Ce nouveau revers s’ajoute à une série d’échecs qui fragilisent la crédibilité d’Elon Musk dans sa conquête de l’espace.
Espace : SpaceX renonce à faire décoller sa méga-fusée Starship

À 19 h 35 ET (23 h 35 UTC), la plus grande fusée jamais construite par SpaceX devait s’élancer pour un essai décisif. Haute de 403 pieds (122 mètres), composée du booster Super Heavy (232 pieds) et de l’étage supérieur Starship (171 pieds), l’ensemble représentait une nouvelle tentative de démontrer la viabilité de la réutilisation orbitale.
Mais environ 30 minutes avant le lancement, alors que le ravitaillement en ergols était en cours, l’entreprise a annoncé un report. Dans un communiqué, SpaceX a expliqué qu’elle stoppe le lancement le temps de faire des vérifications.
Starship : les échecs se suivent et se ressemblent
Le vol avorté devait tester une série d’innovations techniques. Le bouclier thermique, dont plusieurs tuiles avaient été retirées pour simplifier la configuration, devait affronter une rentrée atmosphérique au-dessus de l’océan Indien. Des volets de guidage arrière améliorés devaient contribuer à mieux stabiliser l’étage supérieur durant la descente, relaye le Wall Street Journal.
L’étage principal Super Heavy devait effectuer un amerrissage contrôlé dans le Golfe du Mexique, étape indispensable pour démontrer la possibilité de réutiliser le système. En parallèle, l’étage supérieur devait simuler le déploiement de satellites Starlink, avant de tester sa capacité de retour dans des conditions extrêmes. Ces objectifs, constituaient un jalon majeur pour SpaceX, car la NASA attend de Starship une fiabilité opérationnelle en vue de la mission Artemis III, qui doit déposer des astronautes sur la Lune en 2027.
La pression était telle que plusieurs experts ont souligné l’importance stratégique du succès. Hans Koenigsmann, ancien ingénieur de SpaceX, a averti : « Il est l’heure d’obtenir un succès. L’entreprise en a besoin. Le programme en a besoin. La NASA en a besoin. » Un vœux pieu, semble-t-il, et un nouvel échec pour le milliardaires Elon Musk.
Une succession d’échecs qui accentue les doutes sur Starship
Ce report n’est que le dernier d’une série noire pour SpaceX. Depuis janvier 2025, trois vols test de Starship se sont soldés par des échecs. L’un s’est terminé par une désintégration en vol, un autre par une perte de contrôle en haute altitude, et le neuvième vol par un échec en orbite, rappelle le New York Post. En juin 2025, un essai moteur sur banc a provoqué une explosion dont les débris se sont éparpillés sur plusieurs kilomètres.
Les ingénieurs de SpaceX sont confrontés à des fuites cryogéniques, à des incendies lors des essais moteurs, à des erreurs de mélange de propergols et à des problèmes de vibration affectant la structure. Chaque échec de lancement retarde l’objectif de faire de Starship une fusée pleinement réutilisable et fiable.
Pour Elon Musk, l’approche reste inchangée : multiplier les essais rapides et corriger les défaillances au fil des tests. Cette philosophie « test-and-fail » permet certes des avancées rapides, mais elle entraîne aussi une accumulation d’images d’explosions et d’annulations, qui fragilisent la perception publique du programme. La planète Mars ne semble pas si accessible que ça…
