Un sondage réalisé par Leocare et relayé par Caradisiac révèle que 74 % des Français considèrent aujourd’hui l’automobile comme un bien de luxe. Si les constructeurs profitent d’une hausse continue du prix moyen des voitures neuves, qui dépasse désormais 36 000 euros, les particuliers, eux, subissent une pression financière croissante.
L’automobile, un luxe que les Français ne peuvent plus ignorer

L’automobile indispensable, mais hors de portée des Français
L’étude souligne une contradiction forte, 63 % des Français jugent la voiture indispensable et 54 % déclarent ne pas pouvoir s’en passer au quotidien, selon Caradisiac. Pourtant, un acheteur sur deux a déjà renoncé à l’acquisition ou au remplacement d’un véhicule faute de moyens, rapporte BFMTV. Les prix se sont envolés, le coût moyen d’un véhicule neuf a franchi les 36 000 euros en 2024, tandis que celui de l’occasion, en léger recul, reste inférieur à 20 000 euros la même année.
Face à cette hausse, le parc automobile continue de vieillir. En 2024, l’âge moyen des voitures en circulation a dépassé 11 ans, contre un peu plus de 10 ans en 2017. Cette tendance traduit l’allongement forcé de la durée de détention, conséquence directe du renchérissement de l’automobile. Le rêve de changement régulier de véhicule se transforme ainsi en contrainte budgétaire durable pour des millions de Français.
Un poids budgétaire croissant qui transforme l’automobile en luxe
L’analyse des dépenses confirme la perception de luxe. Dans le budget auto des Français, l’entretien et les réparations absorbent 36 %, le carburant 25 % et l’achat ou le financement 24 %. Globalement, la voiture représente entre 5 % et 20 % des dépenses mensuelles des ménages, soit l’équivalent d’un à trois mois de salaire par an selon Leocare, repris par BFMTV.
Pour faire face à ce fardeau, 20 % des conducteurs ont dû contracter un crédit afin de régler une réparation, et un tiers a réduit ses garanties d’assurance, selon Free. Plus inquiétant encore, 9 % ont renoncé à toute couverture, tandis que 16 % envisagent de le faire. Ces ajustements financiers révèlent une fragilité grandissante face à une automobile devenue symbole de contrainte économique, plutôt que de liberté.
Les Français entre restrictions et alternatives limitées
Les arbitrages se traduisent directement dans les comportements. Selon le sondage, 42 % des Français réduisent désormais leurs trajets quotidiens, 32 % repoussent les entretiens jugés non urgents, et 15 % réalisent eux-mêmes certaines réparations. L’automobile, longtemps associée à la mobilité sans entrave, devient donc un terrain de sacrifices répétés.
Quant aux alternatives, elles peinent à s’imposer. Si 44 % privilégient les transports en commun et 27 % se tournent vers les mobilités douces comme le vélo ou la trottinette, un tiers des Français n’identifie aucune solution crédible pour remplacer l’automobile. Cette absence de substitution renforce l’idée paradoxale d’un bien devenu luxe, mais jugé incontournable par la majorité.
