Une cour d’assises a condamné Google à payer 425 millions de dollars pour avoir collecté des données personnelles malgré la désactivation d’un paramètre de suivi. Une décision historique qui relance le débat sur la responsabilité des géants du numérique face aux droits des utilisateurs.
Données personnelles volées : Google devra verser 425 millions aux clients lésés

Google face à la justice pour collecte abusive de données personnelles
Le 3 septembre 2025, un panel de jurés à San Francisco a rendu un verdict retentissant : Google devra s’acquitter de 425 millions de dollars dans le cadre d’un recours collectif lié à la protection des données personnelles. Ce procès, qui concerne environ 98 millions d’utilisateurs et 174 millions d’appareils, met en lumière la manière dont le moteur de recherche aurait continué à exploiter les informations malgré la désactivation d’options censées limiter le suivi en ligne.
Le procès a porté sur une période couvrant 2016 à 2024. Les plaignants accusaient Google de poursuivre la collecte de données personnelles même lorsque l’option de désactivation de l’historique de localisation était activée. Les dommages initiaux réclamés s’élevaient à plus de 31 milliards de dollars, mais les jurés ont finalement fixé la compensation à 425 millions. Cette somme équivaut à environ 4 dollars par appareil concerné.
Le verdict a été rendu après plus de deux semaines d’audience et un examen minutieux par un jury de huit personnes. Bien que reconnu responsable de violations de la vie privée, Google n’a pas été jugé coupable de « malveillance », ce qui a écarté l’éventualité de dommages punitifs. Cette nuance illustre la difficulté pour la justice américaine de qualifier juridiquement les pratiques de collecte de données des géants de la Silicon Valley.
Google conteste, les plaignants saluent une victoire
Google a rapidement annoncé son intention de faire appel. Dans une déclaration transmise à Reuters, son porte-parole Jose Castaneda a affirmé : « Cette décision comprend mal le fonctionnement de nos produits. Nos outils de confidentialité donnent aux utilisateurs le contrôle de leurs données, et lorsque la personnalisation est désactivée, nous respectons ce choix ». L’entreprise continue donc de défendre la légalité et la transparence de ses pratiques.
À l’inverse, les avocats des plaignants se sont félicités du jugement. John Yanchunis, représentant du cabinet Morgan & Morgan, a déclaré à CBS News : « Nous espérons que ce résultat envoie un message à l’industrie technologique : les Américains ne resteront pas passifs lorsque leurs informations sont collectées et monétisées contre leur volonté ».
Une affaire inscrite dans une série de litiges sur les données personnelles
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de procès visant Google aux États-Unis. Depuis 2020, l’entreprise a déjà accepté de payer près de 1,4 milliard de dollars à l’État du Texas dans un autre dossier lié aux données personnelles. En 2024, elle avait également conclu un règlement prévoyant la destruction de milliards d’enregistrements liés à la navigation privée.
Ces affaires traduisent une pression croissante exercée sur les plateformes numériques au sujet de la protection des données personnelles. Axios rappelle que les recours collectifs deviennent l’un des rares leviers à disposition des citoyens pour contraindre les géants technologiques à plus de transparence. Ainsi, le jugement rendu à San Francisco pourrait renforcer la tendance à multiplier les actions collectives contre les pratiques de collecte jugées abusives.
