À quelques jours du mouvement « Bloquons tout » prévu le 10 septembre, une note de Bruno Retailleau adressée aux préfets et révélée par Le Figaro fixe des consignes strictes : aucune paralysie du pays ne sera tolérée, et des mesures de sécurité exceptionnelles seront déployées.
Bruno Retailleau sur le pied de guerre à l’approche du 10 septembre

Le 3 septembre 2025, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a transmis une circulaire aux préfets pour anticiper la journée de mobilisation baptisée « Bloquons tout », prévue le 10 septembre. Cette note, dévoilée d’abord par Le Figaro, précise les actions à mettre en œuvre pour contrer tout blocage d’infrastructures stratégiques. En insistant sur la fermeté, Retailleau place les préfets au cœur du dispositif, les enjoignant de prévenir toute tentative de perturbation nationale.
Un message de fermeté pour contrer le « bloquage » annoncé
Bruno Retailleau a rappelé que les services de l’État doivent se préparer à une mobilisation d’ampleur, annoncée sous le mot d’ordre « Bloquons tout ». Le ministre a ainsi demandé une vigilance renforcée et des instructions strictes. Dans la circulaire, il souligne que « les préfets devront veiller à entraver toute tentative de blocage des infrastructures essentielles ». Cette orientation traduit une volonté claire de neutraliser le mouvement avant qu’il n’ait un impact majeur.
Retailleau insiste également sur le caractère exceptionnel de la date du 10 septembre. Selon Le Figaro, il a signé sa note le 3 septembre, soit une semaine avant l’échéance, pour donner aux préfets le temps de préparer les forces locales. L’objectif affiché est explicite : éviter une « paralysie du pays ».
Des consignes strictes aux préfets pour garantir la circulation
La circulaire précise que les préfets devront concentrer leurs efforts sur la protection des axes routiers majeurs. Il est demandé d’éviter toute obstruction sur les autoroutes, périphériques et grands axes de transit, afin d’assurer la libre circulation. Bruno Retailleau a prévenu que « aucune dégradation ne saurait être tolérée », signal clair d’une ligne de fermeté.
Les services de l’ordre devront aussi intervenir de manière rapide et coordonnée pour empêcher l’installation de barrages filtrants. Bruno Retailleau insiste sur la nécessité de « privilégier des actions rapides » pour disperser tout attroupement cherchant à bloquer la circulation. Ce choix tactique vise à limiter les affrontements longs et visibles, en privilégiant des interventions rapides et ciblées.
Sécuriser les sites stratégiques face au mot d’ordre « bloquons tout »
Parmi les sites jugés sensibles, la note cite explicitement les raffineries, les dépôts de carburant, les ports et les aéroports. L’instruction donnée est de renforcer les périmètres de sécurité par des effectifs supplémentaires, mais aussi par une surveillance accrue. La consigne centrale est de protéger les « infrastructures essentielles ». On y compte notamment les transports, mais aussi certains lieux plus précis comme le marché de Rungis, où se fournissent chaque jour de nombreux commerçants et industriels. Si ce marché devait être bloqué, c'est la sécurité alimentaire du pays qui pourrait être compromise.
La circulaire élargit le champ des sites à sécuriser : les établissements d’enseignement, lycées et universités, sont également concernés par ces mesures. Des dispositifs de « sécurisation statique » devront y être installés. Cette extension des cibles à surveiller témoigne de la crainte d’un élargissement du mouvement, qui pourrait dépasser les seules infrastructures économiques. En effet, les lycéens et étudiants ont annoncé leur participation au mouvement, ce qui laisse craindre des blocages dans les universités et les lycées.
Interpellations systématiques et contrôle renforcé
La note ordonne aux forces de l’ordre d’adopter une posture proactive. En cas de blocage constaté, les préfets devront donner l’ordre d’interpeller immédiatement les responsables. La circulaire exige des « interpellations systématiques » dès lors qu’un acte illégal sera constaté. Le ministre envoie ainsi un signal clair aux organisateurs et aux participants potentiels du mouvement.
De plus, des contrôles d’identité et de véhicules devront être menés aux abords des dépôts stratégiques. Ces mesures visent à détecter en amont les tentatives de regroupement et à dissuader les initiatives de blocage. Le dispositif se veut dissuasif mais aussi réactif, pour éviter l’effet de surprise qui avait marqué certaines mobilisations antérieures.
Une « vigilance accrue » réaffirmée dans les médias
Au-delà de la circulaire écrite, Bruno Retailleau a multiplié les déclarations médiatiques pour renforcer le message. Il a exhorté les préfets à « redoubler de vigilance » face au mouvement. En choisissant de rendre publique sa fermeté, le ministre cherche à instaurer un rapport de force avant même le 10 septembre.
Cette stratégie médiatique a pour but de rassurer l’opinion et de montrer que l’État se prépare activement. La médiatisation de la note a amplifié l’écho de cette politique sécuritaire. Bruno Retailleau entend ainsi dissuader les participants potentiels au mouvement « Bloquons tout » en affichant une ligne dure et une organisation déjà rodée.
