Grève du 10 septembre : voici tout ce qui sera bloqué

Le 10 septembre s’annonce comme une journée de grève et de blocage d’ampleur nationale. Transports, raffineries, éducation, mais aussi entreprises locales : la mobilisation est relayée par de multiples syndicats et collectifs, dans un contexte de grogne sociale grandissante.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 1 septembre 2025 14h54
Greve 10 Septembre Tout Ce Qui Sera Bloque
Grève du 10 septembre : voici tout ce qui sera bloqué - © Economie Matin

Le 10 septembre 2025, la France connaîtra une nouvelle journée de grève et de blocage, annoncée par plusieurs organisations syndicales et collectifs citoyens. Derrière cette date, un front social varié tente de fédérer des luttes dispersées, allant du secteur des transports à l’énergie, en passant par la santé et l’éducation.

Des grèves multiples et coordonnées autour du 10 septembre

Dans les transports, la grève du 10 septembre devrait être particulièrement visible. La SNCF et la RATP ont confirmé d’importantes perturbations, notamment en Île-de-France où plusieurs lignes de métro et de RER seront affectées, notamment les lignes A et B, les lignes Transilien et les trains de banlieue franciliens. Les syndicats CGT, La Base et SUD Rail ont également annoncé leur participation, tout en appelant déjà à une nouvelle mobilisation le 18 septembre.

Dans le secteur aérien, Sud Aérien et CGT Air France appellent à des grèves et blocages dans les aéroports. Au-delà des transports, d’autres secteurs se préparent. Les raffineries et dépôts pétroliers sont ciblés par des opérations de blocage. Dans le secteur hospitalier, les syndicats de l’AP‑HP (CGT, FO, CFTC, UNSA) et SUD Santé préviennent d’actions allant de grèves jusqu’à blocage des services.

Les pharmaciens sont également concernés : l’USPO appelle à une grève « illimitée » des gardes dès début septembre Dans l’éducation, des assemblées locales ont été organisées, associant enseignants et étudiants, avec les syndicats SUD Éducation, SNES‑FSU, le FSU‑Snuipp. Ils prévoient des blocages d'établissements, notamment au primaire et au secondaire. 

Le secteur industriel, notamment SUD Industrie et la fédération CGT Mines & Énergie, appellent à manifester leur opposition à la hausse des coûts énergétiques. Enfin, les taxis, eux, se mobiliseront dès le 5 septembre, en bloquant aéroports, gares, dépôts de carburants et lieux emblématiques comme les Champs‑Élysées, mais ne se joindront pas directement au blocage du 10 septembre.

Les revendications portées par les syndicats et collectifs

Le collectif « Bloquons tout » est à l’origine de la mobilisation virale. Il appelle à un blocage généralisé pour faire pression sur le gouvernement. À Grenoble, les militants multiplient tracts et réunions. L’un d’entre eux affirme que « le 10 septembre n’est qu’un début ».

Les organisations syndicales, elles, mettent en avant la lutte contre l’austérité et la défense des services publics. L’Union syndicale Solidaires déclare : « Nous devons bloquer partout pour montrer que nous refusons cette austérité ». Ces mots d’ordre traduisent une volonté de mettre au centre la question des dépenses publiques, qu’il s’agisse de l’hôpital, de l’éducation ou du secteur énergétique. Autour de Nîmes, des foyers de mobilisation se sont structurés dans des entreprises emblématiques comme Perrier ou la Chambre de commerce et d’industrie.

Une distance avec la colère des « Nicolas »

Si la grève du 10 septembre s’impose déjà comme un rendez-vous national, elle apparaît cependant éloignée des préoccupations exprimées à l'origine par les « Nicolas », ceux qui ont inspiré le 10 septembre. Ce terme, apparu sur les réseaux sociaux au cours des derniers mois, désigne les travailleurs français — salariés comme indépendants — lassés d’être assommés par les taxes. Leur priorité n’est pas tant de réclamer plus de dépenses publiques que de conserver davantage du fruit de leur travail.

C’est pour donner un débouché à cette colère que la date du 10 septembre avait initialement été avancée. Mais à mesure que le mouvement syndical s’est structuré, ses revendications se sont concentrées sur la défense des acquis sociaux et des services collectifs. De fait, les mots d’ordre syndicaux et l’exaspération fiscale des « Nicolas » sont rigoureusement incompatibles, car pour que Nicolas soit moins taxé, il faut moins de dépenses publiques. Cette dissonance pourrait limiter la capacité de la grève du 10 septembre à rassembler au-delà de ses cercles militants.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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