Vaccination : la méfiance progresse chez les parents américains

Aux États-Unis, environ un Américain sur six hésite ou refuse désormais la vaccination, retardant ou omettant au moins un vaccin infantile recommandé, hors grippe et COVID-19, selon un sondage de septembre 2025. Cette réticence croissante menace l’équilibre sanitaire et inquiète les autorités face à la résurgence possible de maladies contagieuses.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 16 septembre 2025 12h30
Vaccination : la méfiance progresse chez les parents américains
Vaccination : la méfiance progresse chez les parents américains - © Economie Matin

À l’été 2025, un sondage national révèle une défiance croissante parmi les parents américains envers la vaccination infantile. Cette évolution intervient alors que les taux de couverture vaccinale reculent dans les écoles, alimentant les craintes des épidémiologistes et des économistes. La vaccination s’impose ainsi comme un enjeu central, à la croisée de la santé publique et du poids financier pour le système médical.

Un sondage qui révèle une méfiance grandissante des parents américains

Réalisée par KFF et The Washington Post entre juillet et août 2025, l’enquête a interrogé plus de 2 700 parents. Les résultats montrent que 16 % d’entre eux ont déjà retardé ou refusé au moins une vaccination infantile recommandée, en dehors de la grippe et de la COVID-19. Selon le rapport publié le 15 septembre, cette proportion traduit une progression importante par rapport aux années précédentes. Les disparités sociales et politiques apparaissent clairement.

Le sondage souligne que 22 % des parents républicains déclarent avoir repoussé ou refusé un vaccin. Chez les parents de moins de 35 ans, ce chiffre grimpe à près de 19 %. De même, près d’un quart des familles proches du mouvement MAGA (Make America Great Again) expriment une défiance accrue. Cette fracture illustre la polarisation politique autour de la vaccination, renforcée depuis la pandémie.

Une couverture vaccinale en baisse

Au-delà des intentions déclarées, les données officielles confirment la tendance. Le CDC a publié le 31 juillet ses chiffres pour l’année scolaire 2024-2025 : la couverture vaccinale contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (MMR) ainsi que contre la polio s’élève à 92,5 % chez les enfants de maternelle. Ce taux, en baisse par rapport à 2019 où il atteignait 95 %, reste insuffisant pour garantir l’immunité collective. Les experts rappellent que le seuil nécessaire contre la rougeole avoisine 95 %.

Parallèlement, le taux d’exemptions vaccinales a atteint un niveau record de 3,6 %. La plupart sont motivées par des raisons non médicales, comme des objections religieuses ou philosophiques. L’Associated Press note que cette hausse fragilise particulièrement certains États où les exemptions dépassent 5 %, créant de véritables zones à risque. Ces poches de vulnérabilité constituent un terreau favorable à la propagation rapide de maladies évitables.

Des risques pour la santé et l’économie

Les conséquences se manifestent déjà sur le terrain sanitaire. En 2025, plus de 1 300 cas de rougeole ont été recensés à travers les États-Unis, soit le pire bilan depuis plusieurs décennies, selon les données épidémiologiques compilées par les centres de santé publique. La maladie, extrêmement contagieuse, profite de chaque faille dans la couverture vaccinale pour se propager. Cette dynamique ne représente pas seulement une menace médicale. Les coûts économiques associés à une flambée épidémique sont élevés : hospitalisations prolongées, campagnes de vaccination d’urgence, pertes scolaires et arrêts de travail.

D’après les chercheurs en santé publique, un foyer épidémique localisé peut rapidement se transformer en crise budgétaire pour les hôpitaux, contraints d’absorber des dépenses imprévues. Les collectivités locales, elles, doivent financer des mesures de contrôle supplémentaires. Face à ces signaux, les experts redoutent une spirale négative : plus la couverture vaccinale recule, plus la probabilité d’épidémies augmente, ce qui accroît à son tour les dépenses publiques. La vaccination infantile, longtemps considérée comme un acquis, devient désormais un enjeu économique majeur pour les États-Unis.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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