Cyberattaque ANTS : 12 millions de données annoncées volées, l’agence dément

L’ANTS a été accusée d’avoir subi une cyberattaque exposant jusqu’à 12 millions de données d’état civil. Face à l’emballement, l’agence a opposé un démenti ferme, tout en reconnaissant la diffusion d’un échantillon incohérent.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Last modified on 22 septembre 2025 10h05
Banque de France piratage
Cyberattaque ANTS : 12 millions de données annoncées volées, l’agence dément - © Economie Matin
82%82 % des employés craignent que les pirates utilisent l'IA générative pour créer des e-mails frauduleux.

Le 21 septembre 2025, l’Agence nationale des titres sécurisés (désormais France Titres) a été confrontée à une rumeur inquiétante. Des pirates affirmaient avoir mis en vente sur le dark web entre 10 et 12 millions de données personnelles. Face à l’ampleur des soupçons de piratage, l’ANTS a publié un démenti, affirmant qu’aucune intrusion n’avait été détectée dans ses systèmes.

ANTS : y a-t-il eu piratage ?

La polémique est née d’annonces diffusées sur des forums du dark web. Des vendeurs affirmaient détenir entre 10 et 12 millions de lignes de données issues directement de l’ANTS. Ces données concerneraient des actes d’état civil, allant des naissances aux mariages en passant par les décès. Selon ces mêmes annonces, elles auraient été obtenues à partir des bases utilisées pour délivrer titres d’identité et documents officiels. D’après Yahoo Actualités, certains acteurs ont même parlé de 13 millions de victimes potentielles.

En réalité, l’ANTS admet que des échantillons circulent en ligne. Toutefois, ceux-ci n’ont pas convaincu les experts. Zataz a relevé qu’ils comportaient des structures étranges et des doublons grossiers. Le site spécialisé précise qu’un lot présenté comme une “preuve de piratage” comptait environ 100 000 lignes, loin des volumes colossaux annoncés.

Le démenti officiel de l’ANTS face aux rumeurs de fuite de données

Dès le 21 septembre 2025, l’agence a répliqué. Dans son communiqué, l’ANTS a assuré qu’« aucune intrusion n’a été identifiée au sein des systèmes d’information de l’ANTS, que ce soit par les services de l’agence ou par ceux du ministère de l’Intérieur », selon BFMTV.

L’organisme ajoute que l’« échantillon de données actuellement disponible sur le dark web […] présente de nombreuses incohérences – parmi lesquelles des formats de données qui ne correspondent pas à ceux des bases de données de l’ANTS ». Autrement dit, si des fichiers existent bel et bien, ils ne proviendraient pas directement de ses systèmes. En parallèle, l’agence a annoncé vouloir déposer plainte contre toute personne attribuant faussement ces informations à ses serveurs.

Des incohérences pointées et une enquête officielle en cours

L’existence d’échantillons frauduleux soulève une autre hypothèse : certains lots pourraient être constitués à partir de données anciennes, voire compilées depuis des sources diverses. L’ANTS insiste sur les incohérences relevées, ce qui jette un doute sérieux sur la véracité du piratage. Selon Zataz, l’affaire ressemble davantage à une opération de communication criminelle qu’à une fuite avérée.

Pour lever définitivement les doutes, le ministère de l’Intérieur a saisi l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). L’objectif est clair : vérifier l’origine exacte des fichiers mis en ligne et identifier les auteurs de leur diffusion.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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