La pollution générée par les poêles à bois refait surface comme un sujet sanitaire brûlant. Présentée le 30 septembre 2025 par l’University College London, une étude met en lumière des effets respiratoires comparables à ceux du tabac, soulignant un risque tangible pour la santé dans la maison et interrogeant l’image « naturelle » de ce mode de chauffage.
Poêles à bois : la pollution domestique qui abîme les poumons

Le 30 septembre 2025, lors du congrès de l’European Respiratory Society à Amsterdam, une équipe de l’UCL a détaillé une corrélation entre l’usage du poêle à bois et un déclin accéléré de la fonction pulmonaire alors que la pollution aux particules fines reste un enjeu majeur de santé publique. Avec l’augmentation de l’usage domestique du bois comme chauffage, les experts alertent désormais sur un risque sanitaire préoccupant pour la maison et ses habitants.
Une hausse de la pollution domestique liée au poêle à bois
Les chercheurs de l’UCL ont suivi plus de 11 000 participants de la cohorte ELSA, dont 1 700 ont réalisé trois mesures de fonction respiratoire sur huit ans. Les résultats sont clairs : le volume expiratoire (FEV1) a chuté en moyenne de 0,12 litre chez les usagers de combustibles solides, contre 0,07 litre chez les non-usagers, relaye The Independent. Cette différence place la pollution issue du poêle à bois dans la même catégorie de risque respiratoire que certains facteurs environnementaux déjà reconnus.
« Nous savons que brûler du bois à la maison émet une pollution nocive, à l’intérieur comme à l’extérieur, y compris des carcinogènes connus », a déclaré la Dr Laura Horsfall dans le communiqué publié sur UCL News. Elle ajoute : « En utilisant des mesures répétées sur huit ans, nous avons constaté que la fonction pulmonaire déclinait plus rapidement chez les utilisateurs de combustibles solides. »
Une pollution intérieure et extérieure en forte croissance
Le poids du bois domestique dans la pollution globale augmente rapidement, ce qui ne peut qu’inquiéter. Selon l’UCL, la part des PM2,5 liées aux combustibles solides atteint 20 % au Royaume-Uni, contre seulement 4 % pour les gaz d’échappement et les émissions issues du bois domestique sont passées de 3 200 tonnes en 2009 à 6 000 tonnes en 2023 selon l’ERS. Ce renversement souligne à quel point le poêle à bois est devenu un acteur majeur de la pollution qui se trouve directement au cœur de la maison.
L’engouement des foyers pour les poêles à bois est net. La proportion de ménages brûlant du bois est passée de 10 % en 2004/05 à 18 % en 2021/22, selon The Independent. Cet usage croissant est souvent motivé par la recherche d’un chauffage plus abordable ou présenté comme plus écologique. Pourtant, l’augmentation des émissions se traduit par une multiplication du risque sanitaire, exposant les habitants à une pollution invisible mais persistante dans leur maison.
