Le chocolat reste un luxe à Noël malgré des coûts de cacao réduits

Alors que le cacao a vu son prix chuter de près de 45 % depuis ses sommets de 2024, les tablettes de chocolat et assortiments festifs n’ont jamais coûté aussi cher en cette fin d’année. À l’approche de Noël, les consommateurs s’interrogent : pourquoi le chocolat reste-t-il aussi cher malgré l’effondrement des cours du cacao ?

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
By Rédaction Published on 14 décembre 2025 14h01
chocolats
Le chocolat reste un luxe à Noël malgré des coûts de cacao réduits - © Economie Matin
45Les prix du cacao ont reculé de 45 % entre avril et décembre 2025.

En plein cœur des préparatifs de Noël, un paradoxe agite le marché de l’agroalimentaire : alors que les prix du cacao ont significativement reculé sur les marchés internationaux, les produits chocolatés, eux, continuent d’afficher des tarifs élevés en rayons. Le chocolat, pilier des fêtes de fin d’année, reste un luxe pour de nombreux foyers. Pourtant, son ingrédient de base est désormais bien plus abordable. Décryptage d’un décalage aux causes multiples.

Une baisse du cacao bien réelle, mais qui tarde à se répercuter

Depuis les sommets historiques atteints en 2024, le cacao a connu une chute spectaculaire de ses cours. Selon Coface, « les prix du cacao ont reculé de 45 % entre avril et décembre 2025 », conséquence d’une meilleure récolte en Afrique de l’Ouest et d’une détente sur les marchés. Pourtant, cette baisse ne semble pas bénéficier au consommateur final.

D’après les données du International Cocoa Organization, les fèves issues du Ghana et de la Côte d’Ivoire — qui représentent plus de 60 % de la production mondiale — s’échangent désormais à des niveaux bien inférieurs à ceux de l’an passé. Toutefois, comme l’explique The Guardian, « les effets de cette baisse sont ralentis par les contrats à long terme signés en amont par les industriels ». Ces accords, parfois conclus plus d’un an à l’avance, verrouillent les prix d’achat du cacao, ce qui empêche une répercussion immédiate sur les étiquettes en magasin.

Des coûts de production toujours en hausse

Le prix du chocolat n’est pas uniquement lié à celui du cacao. Selon Yahoo News/AFP, « les industriels doivent faire face à des hausses continues sur d’autres postes de coût : énergie, emballages, transport et main-d'œuvre ». Ainsi, même si le cacao représente une part essentielle de la recette, il ne suffit pas à inverser la tendance globale.

Par ailleurs, la transformation du cacao en chocolat implique une chaîne logistique complexe, qui reste soumise à des tensions. Le transport maritime, en particulier, a vu ses tarifs augmenter de près de 30 % sur certaines routes transatlantiques en 2025, selon les données de l’OMC. Les industriels, pour maintenir leurs marges, ajustent donc leurs prix en conséquence.

À cela s’ajoutent les choix stratégiques des marques. Certaines, comme Nestlé, ont préféré modifier leurs recettes plutôt que baisser leurs prix. Le Guardian révélait le 10 décembre 2025 que « les barres Toffee Crisp et Blue Riband ne sont désormais plus officiellement considérées comme du chocolat, en raison de la réduction de leur teneur en cacao ». Un ajustement qui montre la volonté de certaines entreprises de limiter les hausses visibles tout en maintenant leur rentabilité.

Noël sous tension : un chocolat toujours perçu comme un produit de luxe

Malgré un recul partiel des matières premières, les prix du chocolat continuent de grimper dans les supermarchés européens. En Grande-Bretagne, selon les chiffres publiés le 9 décembre 2025 par l’institut Kantar/Worldpanel, « les prix du chocolat ont augmenté de 18,4 % en un an », bien plus que le coût moyen d’un dîner de Noël, en légère baisse sur la même période.

Cette inflation spécifique est d’autant plus marquée qu’elle concerne des produits emblématiques des fêtes : ballotins, pralinés, calendriers de l’avent. Pour les ménages, il devient plus difficile d’intégrer ces douceurs dans leur budget. Comme l’indique un porte-parole de la fédération des détaillants alimentaires britanniques dans The Guardian, « le chocolat est en train de devenir un produit de niche pour certains consommateurs ».

Ce phénomène touche également la France, où plusieurs distributeurs ont constaté une baisse des volumes vendus, compensée par une montée en gamme des produits proposés. Les tablettes artisanales, les recettes bio ou équitables prennent le pas sur les gammes classiques, accentuant la perception de raffinement — et donc de prix élevé — du chocolat de Noël.

No comment on «Le chocolat reste un luxe à Noël malgré des coûts de cacao réduits»

Leave a comment

* Required fields