Repas de Noël : huit arnaques repérées par Foodwatch

À l’approche du repas de Noël, Foodwatch alerte sur une série d’arnaques repérées dans les rayons des supermarchés. Derrière des emballages festifs, certaines étiquettes cachent des pratiques trompeuses : ingrédients substitués, provenances floues ou additifs en excès. Une enquête qui trouble la confiance des consommateurs en pleine période de fêtes.

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By Rédaction Published on 20 décembre 2025 18h01
Noël : la consommation des Français en hausse, un signal positif pour l’économie
Repas de Noël : huit arnaques repérées par Foodwatch - © Economie Matin
15 000En 2024, 15 000 signalements ont été enregistrés durant Noël.

Le repas de Noël symbolise la convivialité, mais il devient aussi un terrain fertile pour certaines arnaques marketing. Selon l’ONG Foodwatch, plusieurs produits phares affichent des étiquettes susceptibles d’induire les acheteurs en erreur. Publié le 9 décembre 2025, leur rapport met en lumière huit produits vedettes des fêtes, vendus dans les principales enseignes françaises, dont la présentation cacherait une réalité bien moins reluisante.

Provenance floue et produits trompeurs : les arnaques de saison

La provenance trompeuse de plusieurs aliments stars du repas de Noël est le premier constat de Foodwatch. Dans son communiqué du 9 décembre 2025, l’association dénonce : « Des saumons ou des foies gras présentés comme français alors qu’ils proviennent en partie d’autres pays européens ». Selon l’ONG, certaines marques jouent sur les mentions « préparé en France » pour entretenir la confusion. Un exemple précis illustre cette dérive : le saumon fumé Mowi Signature, vendu en grande surface, met en avant son « élégance norvégienne », mais « sa transformation a lieu en Pologne », souligne Foodwatch. Le site ajoute que « cette ambiguïté détourne les consommateurs de leur choix éclairé ».

Libération confirme ces révélations dans son article du 9 décembre 2025 : « Foodwatch a identifié huit produits dont les étiquettes manquent de clarté sur la provenance, les additifs ou la composition ». Le journal cite également la porte-parole de Foodwatch, Camille Dorioz, qui déplore : « Les marques jouent sur les mots et les visuels pour vendre du rêve aux consommateurs, surtout pendant les fêtes ». Cette stratégie, selon l’association, repose sur l’attrait de l’imagerie festive : dorures, mentions de terroir et appellations approximatives sont utilisées pour donner une illusion de qualité artisanale. En réalité, plusieurs de ces produits sont fabriqués industriellement, souvent loin du lieu suggéré par le packaging.

Additifs, sucres et gras cachés : l’autre visage des fêtes

Le rapport de Foodwatch pointe aussi un excès d’additifs dans de nombreux produits typiques du repas de Noël. D’après l’ONG, « plus de la moitié des produits analysés contiennent des additifs controversés ». Ces substances, souvent associées à la couleur ou à la conservation, apparaissent dans des préparations censées être artisanales.
Sur RTL, la journaliste Aude Vernuccio détaille le 10 décembre 2025 que « le saumon fumé, les bûches glacées et même certaines terrines affichent jusqu’à six additifs, parfois classés à risque par les autorités sanitaires européennes ». L’article cite notamment le E250, un nitrite de sodium suspecté d’effets cancérigènes lorsqu’il est consommé en excès.

Un autre produit mis en cause est la bûche glacée Carte d’Or, dont Foodwatch reproche « une présentation gourmande qui masque un produit à base de sirop de glucose et d’huiles végétales ». Selon l’ONG, la mention « à la crème » induit en erreur, car la proportion réelle de crème serait inférieure à 5 %, contre les 20 % suggérés par l’imagerie publicitaire. Le rapport dénonce également des « arnaques au sucre caché » dans des produits salés : « Certaines sauces ou marinades contiennent l’équivalent de trois morceaux de sucre par portion », affirme Foodwatch. Cette pratique, destinée à arrondir le goût, augmente la teneur calorique sans information claire pour l’acheteur.

Supermarchés et marques sous pression : vers plus de transparence ?

Face à ces révélations, les supermarchés sont sommés de réagir. Libération indique que « plusieurs enseignes, dont Carrefour et Intermarché, ont été sollicitées pour répondre aux critiques ». À ce jour, aucune n’a publiquement contesté les faits. Certaines se sont toutefois engagées à « clarifier l’étiquetage sur les provenances et à limiter les additifs d’ici 2026 ». Sur RTL, Camille Dorioz insiste : « Ce que nous demandons, c’est une transparence totale. Les consommateurs ne doivent pas avoir besoin d’une loupe pour savoir ce qu’ils mangent ».

L’association rappelle que le droit européen impose déjà la mention du pays d’origine pour les produits à base de viande, de poisson ou de lait, mais de nombreuses exceptions persistent pour les denrées transformées. Ce flou juridique permet aux fabricants d’« habiller » leurs produits d’une identité nationale flatteuse, tout en important la majorité des ingrédients. Enfin, Foodwatch invite les consommateurs à « vérifier attentivement les étiquettes » et à ne pas se fier aux slogans de Noël. L’ONG met à disposition sur son site un outil interactif permettant de signaler toute arnaque présumée. En 2024, plus de 15 000 signalements avaient été enregistrés durant la période des fêtes, chiffre qui devrait encore croître cette année selon les prévisions de l’association.

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