Longtemps perçue comme un avantage périphérique, la flexibilité conditionne désormais l’attractivité des employeurs, l’engagement des salariés et l’efficacité du travail hybride.
La flexibilité, désormais une demande majeure des salariés

La flexibilité comme norme mondiale de l’organisation du travail
La flexibilité s’impose aujourd’hui comme une attente universelle des salariés, quels que soient les pays observés. Selon une étude internationale menée par Owl Labs auprès de 8.000 salariés interrogés en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Allemagne, la flexibilité des horaires et du lieu de travail figure systématiquement parmi les critères décisifs d’acceptation d’un poste. Ainsi, aux États-Unis, 37% des salariés déclarent qu’ils refuseraient un emploi sans horaires flexibles, tandis que 34% rejetteraient une obligation de présence à temps plein au bureau. De plus, cette exigence traduit une transformation durable de l’organisation du travail, portée par l’expérience massive du travail hybride depuis la crise sanitaire.
Toutefois, les niveaux d’exigence varient sensiblement selon les cultures nationales. Au Royaume-Uni, la flexibilité atteint un seuil particulièrement élevé, puisque 44% des salariés refuseraient un poste sans horaires flexibles et 39% sans flexibilité du lieu de travail. En Allemagne, où la culture du bureau est plus ancrée, 39% des salariés se montrent néanmoins prêts à décliner une offre dépourvue d’horaires flexibles, tandis que 29% s’opposeraient à un travail exclusivement en présentiel. Ainsi, malgré des nuances, la flexibilité devient un standard attendu dans l’organisation du travail à l’échelle internationale.
Les salariés français sont demandeurs de flexibilité dans leur travail
En France, la flexibilité progresse clairement, mais selon des modalités plus encadrées. Toujours d’après cette étude, 37% des salariés français refuseraient un poste sans horaires flexibles et 31% sans flexibilité du lieu de travail, tandis que 30% rejetteraient une présence au bureau imposée à temps plein. Ces chiffres placent la France dans une position intermédiaire, derrière le Royaume-Uni mais proche des États-Unis et de l’Allemagne, confirmant une convergence progressive des attentes.
Le travail hybride s’impose néanmoins comme la norme de référence pour les salariés français. Près de 80% d’entre eux déclarent le préférer, avec une organisation du bureau articulée autour de trois à quatre jours de présence hebdomadaire. Cette préférence traduit un compromis entre autonomie individuelle et maintien du collectif, dans une culture managériale encore marquée par le présentiel. Ainsi, la flexibilité française reste étroitement liée à des règles claires, négociées et souvent collectives, là où d’autres pays privilégient des arrangements plus individualisés.
Pour une large majorité de salariés français, une présence accrue sur site doit s'accompagner de contreparties
La question du retour au bureau révèle une autre dimension de la flexibilité comparée. Dans l’ensemble des pays étudiés, les salariés se disent majoritairement prêts à revenir davantage au bureau, mais uniquement sous conditions. En France, 92% des salariés estiment qu’ils pourraient être incités à accroître leur présence sur site, à condition d’y trouver un bénéfice concret. La rémunération constitue le principal levier, citée par 48% des salariés français, devant la réduction du temps de trajet, évoquée par 30%, ou la prise en charge des frais de transport et de stationnement, mentionnée par 28%.
Cette logique se retrouve à l’international, mais avec des priorités légèrement différentes. Aux États-Unis, 41% des salariés attendent une augmentation salariale en contrepartie d’un retour accru au bureau, tandis qu’au Royaume-Uni et en Allemagne, la rémunération arrive également en tête des attentes. En revanche, la France se distingue par une sensibilité accrue au temps de trajet, révélant une approche plus pragmatique de la flexibilité et de l’organisation du travail. Par ailleurs, la suppression du travail hybride apparaît comme un facteur de risque élevé, une part significative des salariés indiquant qu’ils chercheraient alors un emploi plus flexible.
