L’usage massif des réseaux sociaux chez les adolescents soulève aujourd’hui des préoccupations sanitaires majeures, allant des troubles psychologiques au cyberharcèlement et en passant par les conduites à risque, dont la consommation de substances. Selon un avis scientifique récent de l’Anses, ces plateformes numériques doivent être repensées et régulées pour protéger la santé des jeunes.
Réseaux sociaux, santé mentale, addictions des ados : L’Anses alerte

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment publié un avis d’expertise collective qui met en lumière les effets potentiellement délétères de l’usage des réseaux sociaux numériques sur la santé des adolescents. Cette période de vulnérabilité, marquée par une construction identitaire intense, expose les jeunes à des risques nouveaux et parfois méconnus liés à la surexposition aux plateformes sociales numériques : troubles mentaux, cyberviolence, perturbation du sommeil, voire influence sur des pratiques à risque, notamment l’accès aux drogues ou à des contenus inappropriés.
Réseaux sociaux et adolescents : entre 2 et 5 heures d’exposition quotidienne
Selon les données compilées par l’Anses, l’utilisation des réseaux sociaux s’est accélérée fortement ces dernières années, avec une part importante d’adolescents actifs quotidiennement sur ces plateformes. En France, au moins un jeune sur deux passe entre deux et cinq heures par jour connecté à des médias sociaux, ce qui place ces outils numériques au cœur de leurs interactions sociales et de leur construction personnelle.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large : plus de 5,3 milliards de personnes dans le monde sont inscrites sur des réseaux sociaux, qui sont devenus des espaces incontournables de socialisation, d’information et d’expression.
Des signaux d’alerte clairs sur la santé mentale des jeunes
L’un des constats les plus saillants de l’avis de l’Anses concerne l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Plusieurs mécanismes sont identifiés :
📌 Troubles psychologiques : l’exposition prolongée à des contenus idéalisés et aux normes sociales peut favoriser des sentiments d’anxiété, de dépression, une baisse de l’estime de soi, ou encore une insatisfaction corporelle.
📌 Déficit de sommeil et stress : un usage intensif, notamment nocturne, empiète sur le temps de repos essentiel au bon développement des adolescents, aggravant ainsi les signes de fatigue, d’irritabilité et de stress.
📌 Cyberharcèlement et violence en ligne : ces formes de violence numérique, caractérisées par des insultes, humiliations ou exclusions via les plateformes, sont de plus en plus fréquentes et constituent une menace sérieuse pour le bien-être psychique des jeunes.
L’Anses souligne que la nature algorithmique des réseaux sociaux, conçue pour capter l’attention et maximiser l’engagement des utilisateurs, peut exacerber ces effets, en favorisant la diffusion de contenus polarisants, choquants ou incompatibles avec la santé mentale des adolescents.
Cyberviolence, conduites à risque et accès aux drogues
Outre les effets sur la santé psychologique, l’avis de l’Anses et les analyses médiatiques alertent sur des comportements à risque facilités ou amplifiés par les réseaux sociaux numériques.
🔹 Cyberviolence et harcèlement
La cyberviolence via les réseaux sociaux se manifeste par des attaques verbales répétées ou des humiliations en ligne. Ce phénomène touche une part non négligeable des adolescents et est associé à des conséquences lourdes sur leur estime de soi et leur sécurité émotionnelle.
🔹 Exposition à des contenus inappropriés
Les plateformes peuvent exposer des jeunes à des contenus liés à la consommation de drogues, à des pratiques sexuelles non sécurisées, ou à la promotion de comportements risqués, sans contrôle d’âge efficace. Cette exposition intervient dans une période où les adolescents sont en quête d’identité et peuvent être plus facilement influencés par des modèles normatifs discutables.
🔹 Conduites à risque et santé globale
L’Anses met en exergue que l’usage intensif des réseaux sociaux peut s’inscrire dans un ensemble de conduites à risque chez les jeunes, telles que la recherche d’acceptation sociale par des pratiques extrêmes ou dangereuses, pouvant aller de l’auto-mutilation à des parcours d’initiation à des substances psychoactives.
Les recommandations de l’Anses : vers une régulation sanitaire
L’avis de l’Anses ne se contente pas de constater : il propose un ensemble de pistes destinées à sécuriser les usages numériques des adolescents. Parmi les recommandations :
📌 Adapter les plateformes pour limiter l’exposition à des contenus potentiellement nocifs et repenser les algorithmes centrés sur l’attention ;
📌 Mettre en place des dispositifs de vérification d’âge efficaces pour réduire l’accès des mineurs aux espaces non adaptés ;
📌 Encourager une éducation numérique renforcée dès le plus jeune âge pour développer l’esprit critique face aux contenus partagés en ligne.
