La France fait face à une augmentation spectaculaire du surendettement, révélée par des chiffres récents. Derrière la hausse rapide du nombre de dossiers, la situation financière des ménages se dégrade, tandis que la Banque de France alerte sur une pression durable sur le pouvoir d’achat et sur une crise qui s’installe.
Crise du pouvoir d’achat : le surendettement explose en France

Le 14 janvier 2026, la Banque de France a confirmé une forte progression du surendettement en France. Cette dynamique traduit un choc profond pour les ménages, pris entre inflation persistante, dépenses contraintes et revenus sous tension, et elle révèle une crise plus large du rapport à l’argent.
Le surendettement en forte augmentation selon la Banque de France
La Banque de France observe, d’abord, une augmentation de près de 10 % des dossiers de surendettement en 2025, un rythme bien supérieur aux anticipations initiales. Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de l’institution, « nous sommes à +9,8 % de dossiers déposés par rapport à l’année précédente », a-t-il déclaré à Public Sénat le 14 janvier 2026. Cette hausse du surendettement, qui intervient après une année 2024 déjà marquée par 134 803 dossiers déposés, confirme un retournement durable de tendance. Le phénomène ne relève plus d’un simple rattrapage post-crise, mais d’un mouvement structurel qui s’enracine dans le quotidien des ménages.
Le gouverneur souligne que « nous voyons repartir depuis deux ans le nombre de dossiers de surendettement », selon Public Sénat. Autrement dit, le surendettement s’installe dans la durée, alimenté par la crise du pouvoir d’achat. En effet, malgré une inflation plus contenue, les dépenses contraintes restent élevées. L’énergie, le logement et l’alimentation continuent de peser lourdement. Dès lors, de nombreux ménages basculent progressivement dans l’impossibilité de faire face à leurs engagements financiers, ce qui accentue la spirale de la dette.
Surendettement et pouvoir d’achat sous pression : l’argent manque dans les foyers
Dans ce contexte, le surendettement apparaît comme un révélateur brutal de la fragilisation du pouvoir d’achat. Selon les données de la Banque de France, la hausse avait atteint +10,8 % en 2024 par rapport à 2023, et elle se prolonge en 2025. Cette dynamique traduit une réalité concrète : l’argent manque dans de nombreux foyers. D’une part, les revenus progressent lentement. D’autre part, les charges fixes absorbent une part croissante du budget. Ainsi, le surendettement devient, pour certains ménages, l’ultime recours face à l’accumulation des factures.
Traditionnellement associé aux situations de rupture, le surendettement concerne aujourd’hui des actifs, des retraités modestes et même des ménages auparavant stables. Selon TF1 Info, la Banque de France a été contrainte de renforcer ses effectifs pour absorber l’afflux des dossiers. Ce choix illustre l’ampleur du phénomène et la crainte d’un engorgement durable. La gestion administrative du surendettement devient elle-même un enjeu de politique publique, à mesure que la crise sociale s’étend.
Une crise durable du surendettement qui inquiète la Banque de France
Face à cette augmentation continue du surendettement, la Banque de France tire la sonnette d’alarme. L’institution reconnaît avoir sous-estimé l’ampleur du choc, puisqu’elle anticipait initialement une hausse limitée à environ 3 %. Or, la réalité s’est révélée bien plus sévère. Selon TF1 Info, cette dérive a conduit la Banque de France à mobiliser des moyens supplémentaires et à recourir à des outils de simplification, afin d’accélérer le traitement des dossiers de surendettement.
Cependant, au-delà de l’aspect administratif, l’enjeu est économique et social. Le surendettement traduit une perte de marges de manœuvre pour les ménages, mais aussi une vulnérabilité accrue face aux aléas. Comme l’explique François Villeroy de Galhau, la tendance actuelle reflète une pression prolongée sur les finances personnelles, dans un contexte où la crise du pouvoir d’achat n’est pas résolue.
